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Voyage dans le Futur

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Messagede alain b » Ven Mar 30, 2007 10:55 pm

Tu as raison "Compte supprimé", vu de notre point de vue, c'est la vérité incontestable, nous ne resterions probablement pas très longtemps en vie si nous étions soudainement soumis aux conditions de vie de l'époque.
Seulement, dans leur mode de vie, cela s'inscrivait dans des conditions normales de vie.
Notre vie actuelle ou le Social et la technologie sont rois, nous ont rendus beaucoup plus faibles, physiquement et moralement que nos Ancêtres.
Cette évolution Sociale et technologique ont eu du bon au départ, mais là, nous sombrons dans l'excès.
Le Respect de la Nature est la seule solution pour l'Avenir.
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Re: Voyage dans le Futur

Messagede DELAIR » Mar Sep 07, 2010 12:34 pm

Allons moins loin et changeons un peu de sujet...

La Grande Parenthèse Historique

On admet généralement que l’humanité est sortie de la Préhistoire et entrée dans l’histoire au moment où l’homme commença à utiliser l’écriture, et qu’il put dès lors laisser des traces facilement consultables de ses faits et gestes. Si l’idée est simple, son application est plus complexe. En effet toutes les civilisations n’ont pas maîtrisé l’écriture au même moment. D’où la nécessité de nommer une période intermédiaire au cours de laquelle des populations ne possédant pas elles-mêmes l’écriture, sont mentionnées par des textes émanant d’autres peuples contemporains. Cette étape désignée « Protohistoire » prit par la suite un sens chronologique pour désigner une période postérieure à la Préhistoire et antérieure à l’Histoire, correspondant aux âges des métaux : Age du bronze et Age du fer, eux même faisant suite à l’Age de la pierre, qui pour sa part recouvre l’intégralité de la Préhistoire plus le début de la Protohistoire.
En termes datés ont peut situer le début de la Préhistoire, c’est à dire l’apparition de l’homme sur la terre à -7 millions d’années (sous forme de primate, et non créé par une force divine comme le croient encore certains !), le début de la Protohistoire à –6.500 ans et le début de l’histoire à –2.500 ans. L’homme existe donc sur la terre depuis 7 millions d’années, ce qui n’est pas si mal, mais il lui reste encore du chemin à faire pour battre la longévité des dinosaures qui gambadèrent allègrement pendant 140 millions d’années. Quant à notre « chère » planète, elle existe depuis 4,5 milliards d’années, ce qui revient à dire qu’elle est à ce jour 656 fois plus vieille que nous. Que ces chiffres ennuient le lecteur, ou qu’ils lui donnent le vertige, ceux-ci ont été ainsi exposés dans le but tenter de l’aider à relativiser tout discours ambiant relatif à son devenir.

D’après la classification couramment admise, notre « Histoire » (occidentale) débute vers –2.500 et totalise donc environ 4.500 ans à ce jour, découpés en 4 étapes : l’Antiquité (-2.500/+500 soit 3.000 ans), le Moyen âge (500/1500 soit 1.000 ans), l’Epoque moderne (1500/1850 soit 350 ans), l’Epoque contemporaine (1850/2010 soit 160 ans). Afin de justifier ce découpage, les historiens évoquent un vague critère de changement substantiel de mode de vie ou de modification civilisationnelle, sans toutefois s’accorder sur un consensus total, certains retenant le critère de mémoire vivante pour définir l’époque contemporaine, donc lui afférant un point de départ variable calculé en retranchant 75 ans (espérance de vie moyenne de l’homme) à la date du jour, d’autres insistant pour placer l’étape « Renaissance » entre la fin du Moyen age et le début du Monde moderne (c’est à dire de 1500 à 1789) au prétexte que le développement remarquable des Arts (et de certaines techniques) à cette époque mérite sans équivoque le titre de modification civilisationnelle. D’autres enfin considèrent que Monde moderne et Monde contemporain ne font qu’un, et méritent, de ce fait, le pluriel « Temps modernes », débutant avec la Révolution française de 1789.

En résumé, les historiens retiennent un premier niveau de segmentation de la vie humaine qui serait antérieur et postérieur à l’écriture, et un deuxième niveau relatif aux changements civilisationnels. Ce découpage, qui ne contient en lui même aucun élément de dangerosité et qui permet de faciliter l’établissement de la table des matières des manuels scolaires, n’apporte que peu d’éclairage sur le rapport de l’homme avec son milieu naturel, et aucun, en tous cas, sur son devenir historique.

Or, à une époque (la nôtre), où le changement civilisationnel n’est plus d’actualité grâce à la mondialisation triomphante du capitalisme économique et de la pensée unique politique, où il existe un consensus général sur le mode de vie à préserver (pour les pays avancés), à atteindre (pour les pays émergents), ou à rêver (pour les autres) et où les habitants de la terre entière semblent vouloir s’installer dans un développement « durable » pour des millions d’années, il nous semble que le devoir de l’historien est d’apporter un éclairage sur la question avec le recul qui est le sien.

En effet, malgré la toute-puissance de la religion de la croissance qui imprègne maintenant les humains depuis deux siècles, des préoccupations récentes sont apparues concernant le devenir de cette même « croissance », et, plus clairement, des inquiétudes concernant nos réserves en ressources minières et fossiles, qui en constituent, chacun le sait, les « carburants » indispensables.

Mais que s’est il donc passé, en réalité, depuis la préhistoire ? Comment sommes nous arrivés à un tel niveau d’agitation exponentielle ? Quel est le fil conducteur de notre trajet depuis l’Age de pierre ? Comment et pourquoi avons nous accru notre effectif de 250.000 à 6.000.000.000 âmes ? Sommes nous en face d’une évolution naturelle (?), ou existe t’il un fait générateur ? Et si oui, lequel, et depuis quand ?

A ce stade de l’auto questionnement, nous nous devons de constater que le découpage des historiens n’y apporte aucun début ni élément de réponse. Est ce l’acquisition de l’écriture (fin de la préhistoire) qui fut l’élément déterminant ? Ou bien la fin de l’empire romain (début du moyen age) ? Ou encore la révolution de 1789 (début du capitalisme) ? Aucune de ces explications (qui n’en sont pas d’ailleurs) ne peut nous satisfaire, ni même constituer une simple piste.

Les historiens classiques se révélant donc incapables d’apporter une réponse à cette question, une nouvelle race de savants, moitié économistes distingués – moitié religieux fanatiques, se sont chargés depuis quelques décennies de nous libérer du poids oppressant des cette interrogation. Ces chantres de la croissance infinie (requalifiés depuis peu en chantres de la croissance durable) sont venus nous expliquer que nous assistons tout simplement depuis l’époque néolithique, au spectacle merveilleux et terriblement enivrant de la manifestation du « génie humain » qui ne connaît pas (et ne connaîtra jamais) de limite , ni dans le domaine de la science, ni dans celui de la technique, pas moins dans celui du savoir, encore moins dans celui de l’innovation, etc…, etc…, etc ….

Tout semble donc indiquer qu’une nouvelle spiritualité trouve ainsi son territoire « dans un monde où les économistes remplacent les prêtres » (Ivan Illich). Or, l’histoire économique confirme un fait assez élémentaire, à savoir que les grands bonds du progrès technologique ont généralement été déclenchés par la découverte de la maîtrise d’une nouvelle forme d’énergie facilement accessible. Par ailleurs, un grand bond dans le progrès technologique ne peut se matérialiser sans que cette innovation soit suivie d’une grande expansion de l’extraction minière. Exemple : imaginons qu’une série de recherches aboutisse à un accroissement substantiel dans le rendement de l’utilisation de l’essence comme combustible (à supposer que l’on puisse encore l’améliorer), cette découverte serait bien peu de chose en comparaison d’une multiplication des riches champs pétrolifères connus.

En privilégiant le mobile « progrès scientifique » au détriment du facteur « prédation des ressources naturelles », ces nouveaux économistes agissent exactement comme les docteurs de l’Église catholique, qui confrontés en 1610 au fameux Message célestede Galilée, ne furent pas convaincus de l’urgence de regarder le ciel avec un télescope. Certains néo-biologistes du même acabit affirment également sans ciller que la sélection naturelle constitue une série de gigantesques bévues car elle ne tient pas compte des conditions à venir (notre « histoire humaine »). Cette remarque, qui implique que l’homme est plus sage que la nature et devrait prendre la relève de cette dernière, tend à prouver que la vanité de l’homme, associée la présomption des scientifiques, ne connaîtra, elle, jamais de limites.

Mais revenons à notre découpage historique. Après avoir constaté que ni les historiens officiels, ni les nouveaux prêtres de la croissance n’étaient en mesure de nous proposer une grille de lecture un tant soit peu signifiante de l’aventure humaine, nous allons nous risquer à en suggérer une.

Reprenons tout au début, et essayons de faire simple ! Au commencement était l’Age de pierre (ou Préhistoire, ou Paléolithique), l’homme était alors chasseur-pêcheur-cueilleur, il fabriquait des outils avec des matériaux naturels facilement accessibles et présents en quantité quasi-illimitée : pierre, bois, végétaux. Ce système a duré environ 7 millions d’années, le calme et la paix régnait entre les humains, c’était l’Age d’or.

D’un point de vue écologique (puisque cette notion est devenue la mire principale de notre devenir) le premier fait marquant dans l’histoire humaine ne fut pas l’invention de l’écriture, ni les invasions barbares, ni la révolution de 1789, mais la découverte hasardeuse par un homo sapiens non identifié d’une roche rougeâtre. Cet individu qui cherchait simplement un morceau de pierre de meilleure qualité pour ficeler à l’extrémité de son bout de bois venait de découvrir le cuivre et, entamant ainsi la consommation de la dot terrestre, d’ouvrir, sans le savoir, la grande parenthèse de l’histoire humaine, qui se refermera bientôt avec l’épuisement des ressources non renouvelables.

Car il s’agit bien là d’un fait majeur. En pêchant, en chassant, en cueillant, l’homme effectue des prélèvements dans un stock naturel renouvelable par la nature elle même. Par contre en prélevant du cuivre, puis, peu de temps après, de l’étain, de l’argent et de l’or, etc… il déclenche inexorablement un processus d’épuisement. Doté de ces nouvelles richesses, le « génie humain » va pouvoir s’exprimer de façon sensible en associant les différents minerais pour donner naissance à la science métallurgique. Toutefois, comme nous l’avons dit plus haut, le « génie humain » a besoin, pour libérer toute sa puissance, du couple minerais + énergie. Or, après la découverte du cuivre en –2.500, les ressources énergétiques se limitèrent quasiment aux ressources connues depuis la préhistoire, c’est à dire le feu, issu principalement du bois, matière renouvelable. Ainsi, l’humanité ne fit-elle qu’un petit pas dans la « modernité » entre –2.500 et +1800, faute d’avoir à sa disposition une ressource énergétique capable de convertir ses outils, devenus métallurgiques mais restés actionnés par la force de l’homme, en machines ne nécessitant plus l’énergie humaine. Et pourtant, le « génie humain » continuait à rendre des copies de plus en plus sophistiquées, mais sans grande efficacité pratique. En effet, nos moteurs contemporains qui font marcher les automobiles, les avions, les usines, les outils et machines diverses ne sont que le produit d’améliorations techniques apportées au piston à vapeur que Denis Papin mit au point en 1690. Mais n’ayant pas à sa disposition de combustible efficace à cette époque, l’invention attendit encore deux siècles, et la découverte du pétrole, pour trouver son application dans le moteur à explosion.

Lorsque les ressources d’énergie fossiles (charbon, pétrole, gaz) seront épuisées, nous reviendront au point de départ (la découverte du cuivre), mais sans espoir de « retour vers le futur » puisque celui-ci aura déjà été consommé. Nous nous retrouverons, par conséquent, à un stade antérieur à ce même point de départ. Cette possibilité de retour énergétique au pré-néolithique va en faire sourire plus d’un, qui ne manqueront pas d’assurer fermement que le « génie humain » palliera l’extinction des minerais par le recyclage et l’épuisement des carburants fossiles (qui eux, ne se recyclent pas puisqu’ils ne servent qu’une fois) par la découverte (ou la mise au point) d’une énergie nouvelle et inépuisable.

Ces chantres du développement durable (ou de la croissance raisonnée) sont, certes, un peu plus réalistes que les grands prêtres de la croissance infinie (ces derniers ayant encore, malgré tout, un large public devant eux), mais ils oublient tout simplement que le recyclage des matières premières est souvent complexe, qu’il consomme beaucoup d’énergie (qui va manquer) et qu’au final, c’est une quantité moindre que la quantité initialement utilisée qui est récupérée. A terme, les stocks tendront donc vers zéro.

Quant au nouveau combustible miracle, on ne peut s’empêcher de faire un parallèle avec le mythe de « l’arme secrète » qui devait permettre à Hitler de se refaire une santé in extremis du fond de son bunker, ou à la colonne de Grouchy que Napoléon attend toujours. En fait d’arme secrète, Hitler eut l’armée rouge, et en guise de Grouchy, Napoléon eut Blücher. Ces deux exemples, certes caricaturaux, ne visent en fait qu’à stigmatiser le côté « in extremis » de ces situations. Dans les deux cas, la défaite est inéluctable, parce que le belligérant n’a pas su (ou pu) assurer ses arrières à temps et qu’il n’est pas prêt pour faire face à la situation d’extrême urgence. Et c’est le cas aujourd’hui pour les humains qui ne sont décidément pas prêts pour l’après fossile.

Toutes les études sérieuses actuelles s’accordent pour considérer que les 12.000 millions de tonnes annuels d’équivalent pétrole consommées par les humains ne peuvent être produits par l’éolien, ni l’hydroélectrique, ni le photovoltaïque, loin s’en faut ! Quant au nucléaire classique, il va s’achever avec la fin de l’uranium 235, c’est à dire dans une trentaine d’années. Mais il y a la surrégénération, dirontles irréductibles de la croissance, qui utilise l’uranium 238 (présent en quantité beaucoup plus importante) et qui, en principe, produit plus de combustible qu’il n’en consomme. Oui, mais tous les projets de surrégénérateurs ont été abandonnés dans le monde et sont en cours de démantèlement (dont Superphénix en France). Il conviendrait donc de stopper les démantèlements (prévus pour durer 30 ans) et de repartir pour une re-mise en service (compter 20 ans bon poids). Cela dit, il est un fait que le processus de la surrégénération n’en est encore qu’au stade expérimental, qu’il n’a jamais été validé dans le cadre d’une exploitation commerciale et industrielle et qu’il doit supporter un coût très élevé (d’où un problème possible de rentabilité) ainsi que des risques d’accident et de sécurité encore non maîtrisés à ce jour. Bref, il y a encore loin de la coupe aux lèvres (si coupe il doit y avoir !).

Mis à part la surrégénération, qui comporte, il est vrai, un embryon de réalité mais que nous ne pouvons pas classer franchement dans la catégorie des énergies renouvelables (puisque dépendante du stock naturel d’uranium), toutes les autres pistes d’énergies dites « du futur » n’en sont encore qu’au stade pré-expérimental, quand elles ne relèvent pas carrément du phantasme métaphysique. C’est le cas de la fusion nucléaire, qui constitue en théorie une énergie « propre », inépuisable puisque utilisant par exemple le deutérium présent en quantité incalculable dans les océans, mais dont personne n’est aujourd’hui en mesure de dire si elle est réalisable par l’homme, ni dans quel délai.

Même chose pour la pile à combustible (à hydrogène), dont le principe date de 1839 mais qui se heurte à la difficulté d’isoler l’hydrogène (qui est pourtant l’élément le plus abondant dans l’univers : 75% en masse et 92% en nombres d’atomes) à échelle industrielle, alors que nous savons depuis la classe de troisième qu’une simple électrolyse de l’eau (H2O) aboutit à ce résultat de façon artisanale.

On pourrait parler également des espoirs placés dans la biomasse et dans les carburants végétaux, mais nous devons garder à l’esprit que toutes ces énergies putatives ne sont pas des énergies primaires, c’est à dire des carburants directement utilisables (tels que les fossiles, pétrole, gaz et charbon), mais des énergies secondaires, c’est à dire qu’elles sont produites à l’issue d’un processus industriel nécessitant un savoir faire très avancé et une autre source d’énergie pour actionner ce processus. Dans le film « Géant » de G. Stevens, nous voyon James Dean faire jaillir le pétrole sans avoir fait polytechnique auparavant et en plantant simplement un tube de fer dans le sol à la seule force de son poignet (ou presque). Pour produire 1Kwh d’électricité dans une centrale nucléaire, il faut une ribambelle d’ingénieurs de haut niveau, une infrastructure colossale et une quantité considérable d’énergie.

Et si le soleil, le vent et l’eau sont bien des énergies primaires, renouvelables et facilement accessibles, leur faible rendement ne permet malheureusement pas de compter sur elles pour remplacer le fossile, très loin s’en faut !

Au final, tout semble donc indiquer que d’ici la fin du siècle (et peut être même avant), nous en serons revenus, du point de vue énergétique, à la situation de l’an +1800 (bois, tourbe), et du point de vue minéralogique, à la situation de l’an –2.500 (plus une montagne de déchets, certes, mais que nous ne pourrons pas recycler faute d’énergie !).

Et ce sera la fin de la grande parenthèse historique…….
(A suivre)
Source Agoravox (Herodote31)
Beau travail !
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