http://www.ponema.org/article.php3?id_article=49
Et je vous met ici une partie d'article intéressante qui concerne plus spécifiquement les pucerons
COMMENT CONTROLER LES PUCERONS ?
Lorsque se pose un problème de pucerons, la première riposte qui vient à l’esprit ou qui est préconisée par le vendeur de la jardinerie locale, est un traitement insecticide. L’utilisation des molécules chimiques, même quand elles proviennent de plantes comme la roténone ou le pyrèthre, a montré ses limites et ses dangers. Seule la conséquence est traitée, pas la cause, et le problème n’est donc pas résolu à long terme. Par migration ou parce que quelques femelles ont survécu, les pucerons peuvent très vite réapparaître et pulluler. Les produits chimiques sont toxiques pour bien d’autres espèces que celle visée, y compris l’homme.
Au jardin, des études ont montré que les doses utilisées sont très souvent surévaluées (mauvaise information des utilisateurs, conditionnement ou matériel inadaptés, pas de considérations économiques car le coût des produits est faible). Il existe des insecticides « naturels », issus de plantes : roténone et pyrèthre. Ils ne peuvent s’accumuler dans les chaînes alimentaires, ni dans l’eau, ce qui est un grand avantage par rapport à de nombreuses molécules de synthèse. Mais ils sont toxiques pour les invertébrés en général, et parfois pour certains vertébrés. Leur utilisation peut se justifier pour une lutte d’urgence, pour contrecarrer une attaque parasitaire grave due à de mauvaises conditions météorologiques par exemple. Mais cela doit rester exceptionnel.En aucun cas les traitements insecticides doivent être préventifs, ils doivent être uniquement curatifs.
La méthode alternative consiste à utiliser prédateurs et parasites des pucerons. Elle a prouvé son efficacité pour protéger les vergers commerciaux ou les espaces verts urbains, à Caen par exemple.
Depuis plusieurs années, des collectivités locales, des associations, des entreprises organisent des distributions gratuites ou payantes d’œufs de coccinelle. Fixés sur les plantes infestées, les larves ne tardent pas à éclore et à dévorer voracement les pucerons. Le problème est réglé très rapidement. Tout l’art consiste à intervenir suffisamment tôt pour détruire les colonies avant leur explosion démographique. Mais souvent les coccinelles ne se maintiennent pas. Soit ce sont des espèces exotiques (comme les Harmonia de Chine élevées par l’INRA), soit ce sont des espèces locales qui migrent ailleurs quand il n’y a plus de pucerons. Donc cette technique rend le jardin dépendant de lâchers réguliers de coccinelles, au moins une fois par an.
Les techniques d’élevage sont très lourdes et les distributions restent marginales : les éleveurs seraient incapable de répondre à la demande si demain tous les jardiniers veulent des coccinelles. Mais c’est une très bonne opération éducative car elle ouvre une brèche dans l’opinion fort répandue que seule l’utilisation de produits chimiques peut régler le cas des pucerons.
La solution idéale est de conduire son jardin de manière à obtenir des populations de pucerons les plus faibles possible, et des populations de prédateurs et parasites les plus importantes et les plus variées possible. Un jardin équilibré n’est pas un jardin sans pucerons. Il n’y aurait pas non plus leurs ennemis, et la première invasion par des femelles ailées se traduirait par une pullulation incontrôlée. Un jardin équilibré est un endroit où les colonies de pucerons restent suffisamment faibles pour ne pas causer de tort aux plantes, tout en permettant au cortège habituel de leurs ennemis de se maintenir en permanence. L’équilibre entre prédateurs et parasites et leurs proies est cependant soumis à de nombreux aléas, il est normal que les populations fluctuent.



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