pedro431 a écrit:Ce projet me fait penser plus à une prison qu'a un lieu de liberté, tu ne quittes plus le bureau, même quand tu fais tes courses tu passe devant l'étage ou tu bosses.
La maxime de TRAVAILLER POUR VIVRE::::devient :::::VIVRE POUR TRAVAILLER.
A quand la chambre dans l'atelier, comme les clandestins sur le lieu de travail.
A condition de travailler dans la tour où tu bosses, ce qui n'est pas forcément le cas... Mais ce serait con quand même, habiter à la Défense et ne pas bosser à la Défense. Après, c'est sûr que ça ne coupe pas autant que si on conduit pendant 50km pour rentrer chez soi, ou puisqu'on parle de la région parisienne, si on fait une heure de RER. Mais en même temps, c'est quand même grave le pied, on gagne 2 heures par jour par rapport à celui qui vit à l'autrre bout de Paris ou dans la banlieue profonde. C'est comme si on bossait 2 heures de moins par jour, c'est grave la classe quand même !
Je pense que c'est une bonne chose, je parle pas des hautes tours, mais de repenser la ville de façon à grouper lieux de vie et de travail, et non les cités-dortoir d'un côté et les centres d'affaires de l'autre. ça évite que tout le monde soit entassés dans les mêmes métros tous les matins et tous les soirs, quand ceux dans l'autre sens sont presque vide. ça aide à regagner du confort de vie. Je parle pour Paris, et en province c'est pareil, souvent les gens habitent à la campagne autour de la ville et passent des heures dans les embouteillages tous les matins et tous les soirs comme tous les autres adeptes des joies de la campagne qui aimeraient bien que les autres restent en ville...
alambic a écrit:Ah, une attitude plus fréquente chez les citadins: la méfiance
et quand yoda disait "c'est vraiment visible comme la vie citadine bouffe leur vie" et que je la contredisais en citant mon exemple, je n'étais pas dans le vrai sur toute la ligne.
Il semblerait que le bien être se trouve à la campagne et que l'homme ne soit pas fait pour la ville ou … que les villes n'ont pas été faites pour l'homme. Au secours ;)
Je te rejoins sur le fait que ce qui change entre campagne et ville, c'est pas franchement la solidarité ou les bonnes relations, car à la campagne comme à la ville, y'a des pourris, des égoïstes, des gens sympas etc. C'est juste qu'à la campagne, à 500m de distance, c'est toujours des voisins, alors qu'à la ville en général tes voisins se limitent à ton immeuble (ce qui fait que t'as à peu près autant de voisins dans les deux cas). Donc en ville, quand tu sors de ton immeuble, tu ne connais pas les gens que tu croises, et ils ne te connaissent pas. ça t'offre un anonymat, qui est à la fois très pesant et très rafraichissant. C'est pesant car se retrouver entouré de gens, et n'avoir aucun visage connu, personne à qui dire bonjour et parler de tout et rien, c'est bizarre. Mais rafraichissant aussi, car tu peux lire "Oser la sodomie" dans le tram sans que ton boulanger n'ait un sourire en coin en te voyant. Certains ne supportent pas la solitude des villes, d'autres ne supportent pas cette sensation d'être épié en permanence à la campagne.
Maintenant, sur la ville et l'homme il y a les deux. Je pense qu'il y a un problème inéluctable, c'est la concentration de gens. On a beau être tolérant, il y a toujours des manies chez les autres qu'on ne peut pas encadrer, et on a beau être respectueux des autres au maximum, il y a toujours un moment où on dérape. Pour donner un exemple, quelqu'un quine supporte pas le bruit qui l'empêche de dormir. A la campagne, ce n'est pas tellement un problème (sauf le rossignol et le rouge-queue noir !

). On a un voisin qui tond la pelouse de nuit trois fois l'an (ou l'agriculteur qui passe le tracteur), un autre à 200m qui organise une rave tous les trois mois, et le fils de l'autre voisin qui a la sale manie de laisser tourner le moteur de sa mobylette le soir quand il rentre de temps en temps. En général, on vit avec. En ville, on va avoir 12 voisins qui vont faire la fête une fois tous les 3 mois, soit en moyenne une fois par semaine, là ça devient plus pénible, pareil pour ceux qui font tourner leurs moteurs etc. Et même en lotissement, combien de samedi midi sans bruit de tondeuse à gazon en bruit de fond du barbecue dès qu'il fait beau ? Alors forcément, on en a vite marre...
Sinon un exemple typiquement parisien c'est la mendicité et autres sollicitations de toutes sortes. En général, quelqu'un qui prend les transports en commun pour aller bosser en région parisienne va être sollicité par des mendiants dans les 2 à 6 fois par jour, parfois plus. Et aussi par des mecs qui distribuent des journaux, te demandent de répondre à un sondage, filent des prospectus. Quand t'es une nana, en plus tu te fais draguer. Je m'efforçais de toujours répondre, mais la plupart des gens ne le font pas : ils ignorent complètement la personne. En fait, ils s'enferment complètement dans leur bulle et ignorent tout ce qui les entoure. Je pense que c'est une réaction de défense face à une agression sans cesse renouvelée.
Mais je pense aussi que la ville n'est pas non plus adaptée. Déjà, elle sépare les commerces, habitations, lieux de travail, ce qui force à faire beaucoup de trajets, et surtout à rencontrer plus encore d'inconnus. Une organisation en quartiers - lieux de vie permettrait de moins séparer les gens et faire plus petite ville. Bien des immeubles sont anciens et mal isolés du point de vue sonore, ce qui force à entendre sans cesse les activités d'autres humains. Elle laisse en général peu de place à la verdure : à Paris, dès qu'il fait beau, les grandes pelouses du parc de l'île Saint-Germain ressemblent à une plage méditerrannéenne l'été. Même en forêt assez loin, tu passes ton temps à rencontrer des gens - enfin les croiser, parce que la rencontre, c'est pas ça... Et la première fois que je suis allée au jardin du Luxembourg, je me suis demandée ce qui se passait : concert, manifestation ? Non, seulement que tous les parisiens allaient au même endroit parce qu'il y a du vert...
Je vois à côté de ça Nantes, la ville est plus vivable. Déjà elle est plus petite, la taille redevient humaine. J'y fais beaucoup de trajets à pieds, c'est pas comme à Paris où sortir avec des potes, c'était une heure de métro juste pour les retrouver... Pour quelqu'un qui a une bagnole, en sortir pour aller à la campagne est plus rapide aussi. Pour moi qui n'en ai pas, je fais sans, mais je vais quand même voir les vaches tout en restant en ville.

En effet, Nantes est une ville ultra-riche en espaces verts, voies d'eau. Y'a pas beaucoup de villes où je peux voir mon pote le héron tous les matins en allant au taf (d'ailleurs, à ce niveau, c'est plus sympa que la campagne, les animaux sont bien moins farouches).
De toutes façons, même si la ville c'est pas top, on n'a pas trop de choix. Nous sommes très nombreux, et il faut bien garder de l'espace pour cultiver de quoi se nourrir, sans compter le fait que vivre à la campagne et bosser en ville, c'est la même chose voire pire que prendre l'avion tous les ans pour aller en vacances. Et bien pire que d'avoir un 4x4 pour les loisirs...