Admin a écrit:Bonjour,
Effectivement, ça fait rêver quand on lit l'article ... pourquoi j'ai l'impression que c'est toujours ailleurs qu'il y a de bonnes idées :idea: :?
La Ville de Münich a donc décidé en 1991 de mener un programme incitatif de conversion à l'agriculture biologique des exploitations agricoles situées dans les zones d'influence du captage.
La Ville a passé un accord avec des associations d'agriculture biologique reconnues, et propose aux agriculteurs qui y adhèrent une aide de environ 274 €/ha/an pendant 6 ans puis de 230 €/ha/an pendant 12 ans. Cette aide s'ajoute aux subventions de l'État dans le cadre des mesures agri-environnementales qui s'élèvent à environ 153 €/ha/an. Le suivi de la réglementation est contrôlé continuellement par des organismes indépendants. Si le cahier des charges n'est pas respecté, l'agriculteur reçoit un avertissement et peut être exclu.
En 1999, 92 exploitants avaient passé un contrat avec la Ville, soit 2 200 ha, dont 1 600 situés dans la « zone de conversion », correspondant à 70 % des surfaces agricoles de cette zone. Le coût pour la Ville est de 0,8 M d'€/an, soit environ 6 centimes par mètre cube d'eau produite
La qualité de l'eau est très satisfaisante ; en 1999, l'eau de Münich pouvait être comparée aux meilleures eaux minérales.
Bonne lecture :wink:
Réponse
Encore un exemple à suivre mais, attention, c'est pas nouveau. Si vous avez l'impession que cela se passe toujours ailleurs qu'en France, c'est peut être que vous n'avez pas été informé de ce qui se fait.
Par contre, si vous croyez que la solution adoptée en Bavière doit être généralisée, vous vous trompez certainement.
En effet, avec l'eau, comme avec le reste d'ailleurs, "la pollution c'est la concentration". On parle de milligrammes par litres de ...nitrates par exemple (concentration), et on un fixe un seuil: 50 mg/l par exemple. Au passage, Vive Ségolène! et oui la loi sur l'eau c'était elle, en 90. Rassurez-vous, elle n'est pas appliquée (la loi) et même si elle est présidente, je doute qu'elle risque sa popularité en fermant les robinets à 20% des consommateurs français (surtout des bretons). Je ferme la parenthèse.
Pour revenir au sujet, les réserves d'eau utilisées à l'alimentation humaine se présentent sous différentes formes et les comportements des consommateurs doivent être adaptés aux circonstances particulières du stockage naturel. Car en fait, n'en déplaise à ceux qui pensent que la ressource en eau est épuisable, je dirais simplement que tant qu'on aura de l'eau en mer, on aura de l'eau sur terre (cycle de l'eau, programme de 6ème). Il faut plus s'attacher à ne pas la polluer ou la polluer dans des proportions acceptables par le milieu naturel (qui va éliminer cette pollution naturellement) que de l'économiser. Moins d'eau avec autant de pollution, ça fait augmenter l'impact sur le milieu naturel, c'est évident.
Il y a donc des situations, comme à Munich, où il faut limiter la pollution par des actions préventives afin d'éviter l'augmentation de concentration de pollution dans une nappe phréatique (ce qui semble être le cas) et rester en dessous des seuils de potabilité. Le problème avec les nappes, c'est qu'on a jamais la certitude de connaître la façon dont elles se remplissent. Donc on ne peut pas connaître l'origine des pollutions. A Munich, comme ailleurs, nous assistons donc à des essais dont l'efficacité devra être mesurée. Si vraiment il était démontré que la pollution sur ce site est liée à l'activité agricole, je ne vois pas pour quelle raison les instances Munichoises n'ont pas gelé les terres et se contentent de compenser les restrictions d'engrais (et donc les baisses de rendements) par des dédommagements financiers. Dites vous bien qu'une plante, pour se développer (qu'elle soit sur un terrain bio ou un autre) a toujours besoin d'azote (ce sont les nitrates qui l'apporte). Pour élever les rendements, c'est la concentration qui change. Avec les 2 mg/l contenus dans l'eau de pluie, on n'aurait pas besoin de tondeuse à gazon!
Il y a plein d'exemples en France, où des exploitants de captages d'eau potable ont pris des mesures pour en limiter les pollutions. La difficulté pour les néophytes d'aborder ces problèmes c'est qu'il n'existe pas qu'une solution miracle (ça se saurait) mais généralement plusieurs solutions pour un même site. Il ne suffit pas de dire "Bio" pour penser pouvoir régler les particularités locales. Par contre, les élus qui veulent vos voix ne se privent pas d'utiliser ce terme. Apparemment ça marche. Pourquoi s'en priveraient-ils?