Et voilà, on y est ! La loi sur les déchets nucléaires est votée à l'assemblée nationale. Sans débat contradictoire citoyen, sans demander l'avis des populations. On décide que l'enfouissement est la meilleur solution. Point final.
Mais se pose t on la question de savoir si d'autres alternatives existent ? Déjà, pourquoi ne pas avoir retenu le stockage provisoire en surface pour chercher des solutions de traitements des déchets plus faciles d'ici les 100 prochaines années ? Certes, cela reste une probabilité présente dans la loi, mais aux vues du coût du stockage, je vois mal la France financer des recherches en plus !
Et puis on peut aussi se poser la question du nucléaire. Un grand parc existe. Mais pour l'avenir ne pourrait on pas s'orienter vers une diversification des offres énergétiques ? Vers de l'énergie propre, type éoliennes, photo-voltaïque...
Chaque année en France, par la mauvaise isolation de nos habitations, par un éclairage public mal pensé, par des gaspillages de tous les jours avec des appareils en veille ou des appareils allumés pour rien, nous utilisons une capacité de courant trop importante.
Il est temps de lancer de grandes aides et une grande campagne de responsabilisation pour permettre que chaque habitation soit correctement isolée (une maison isolée n'a presque pas besoin de chauffage !). Et les aides seront en plus récupérables sur les déchets en moins à stocker !
Il est temps de lancer un grand débat citoyen sur les envies et attentes en terme d'énergies et d'avenir.
Pourquoi en France nous impose t on la vision purement marchande pour EDF et D'AREVA du nucléaire ? Pourquoi n'ose t on pas demander l'avis des citoyens sur un problème aussi grave et de fond que celui là.
Issu du journal « Le monde », voici un quelques tenants de la loi :
Les déchets les plus radioactifs, dont la durée de vie est estimée à des milliers voire des centaines de milliers d'années, ne représentaient fin 2004 que 0,2 % des plus d'un million de tonnes de déchets produits depuis 40 ans, selon l'agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra). Mais ces déchets concentrent 91,68 % de la radioactivité.
Actuellement, ils "sont entreposés de façon sûre dans des installations de surface", souligne le projet de loi, mais ces installations "n'ont pas été conçues pour (les) stocker définitivement". Le texte organise donc les conditions d'installation d'un site de stockage réversible en couche géologique profonde, qui doit être choisi en 2015 pour commencer à fonctionner en 2025.
Le coût du stockage, sur 100 ans, est estimé à environ 15 milliards d'euros, a-t-on indiqué au ministère de l'industrie, ce qui nécessite de mettre aujourd'hui de côté quatre milliards d'euros, une somme déjà provisionnée par les producteurs de déchets en 2005 et dont le projet de loi impose qu'elle ne puisse être utilisée à d'autres fins.
Les députés ont amendé le projet en imposant l'organisation d'un débat parlementaire "fixant les conditions de la réversibilité du centre de stockage" préalable à l'autorisation du centre. Ils ont également conditionné de façon claire l'autorisation de création du centre à sa réversibilité.
Parallèlement au stockage, le projet poursuit les recherches sur la gestion des déchets radioactifs selon les deux autres axes définis en 1991 par la loi Bataille, dont le texte prend le relais. Ces deux axes sont la "séparation-transmutation" (transformation des éléments radioactifs pour diminuer leur durée d'activité) et l'entreposage de long terme (100 à 300 ans au lieu des 50 à 100 ans actuels).
Ces trois axes "sont complémentaires et il n'y a pas lieu de les opposer", a insisté François Loos, le ministre de l'industrie.
Mais le plus important c'est de sortir du nucléaire pour diversifier nos sources d'énergies, comme souligné ici :
Le texte organise aussi le financement de la gestion des déchets et du démantèlement des installations, l'accompagnement économique local et confirme l'interdiction de stocker en France des déchets nucléaires étrangers.
Les discussions se sont déroulées dans une ambiance constructive, avec des députés massivement favorables au nucléaire. Seul Yves Cochet (Verts) a fait valoir que "pour arrêter de produire des déchets", le plus simple était de "sortir du nucléaire".
Des critiques se sont néanmoins élevées, notamment sur l'enfouissement des déchets. Sans être "le cheval de Troie des antinucléaires", François Dosé (PS) s'est voulu "le porte-parole de tous ceux qui, tout en acceptant le nucléaire, s'opposent à ce que le stockage devienne la solution de référence".
Malgré des "avancées", les "éléments manquent à ce jour pour décider d'un site d'enfouissement", a jugé Daniel Paul (PCF), qui s'est aussi inquiété du "contexte" de "privatisation de GDF".
Greenpeace a également jugé, mardi, que le texte n'était "pas acceptable car il revient à se servir de la terre comme d'une poubelle".
Le texte doit ensuite aller au Sénat à une date encore non fixée.
J'espère que nos sénateurs seront un peu plus attentifs aux attentes des citoyens que nos députés....
http://www.assemblee-nationale.fr/12/ta-pdf/ta0574.pdf
http://www.assemblee-nationale.fr/
http://www.sortirdunucleaire.org/
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0 ... 276,0.html
(Article issu de mon blog)