L'eau plus chère et rationnée à Londres à cause de la sécheresseJeudi 13 avril 2006, 14h50
http://www.linternaute.com/actualite/de ... esse.shtmlLes ménages britanniques, déjà sous le coup de notes de gaz et d'électricité en hausse constante, font face à présent à des factures d'eau de plus en plus élevées, tout en devant, pour certains, restreindre leur consommation. Ce mois-ci, les factures d'eau ont augmenté de 5,5% en Angleterre et au Pays de Galles par rapport à avril 2005, bien au-dessus de l'inflation (2% en février sur un an). C'est moins que les récentes hausses du gaz et de l'électricité, liées à la hausse des prix de gros de l'énergie, qui ont fait bondir parfois de plus de 20% la note des différents opérateurs privés du pays. Mais les associations de consommateurs estiment que la hausse de l'eau aurait pu être plus modeste, d'autant que des millions de ménages se voient interdire en ce moment d'arroser leurs jardins autour de Londres, où sévit la pire sécheresse depuis un siècle. Avec la hausse de 5,5%, la facture d'eau moyenne annuelle d'un ménage britannique est actuellement de 294 livres (423 euros), a indiqué l'Ofwat, le régulateur du secteur en Angleterre et au Pays de Galles. "Nous aimerions que les factures soient plus basses, mais si elles sont élevées pour les raisons qui ont été énoncées, alors, il n'y a pas grand-chose à faire", observe Karen Blanchette, une porte-parole du Conseil des consommateurs pour l'eau. L'Ofwat a en effet indiqué que la hausse était nécessaire pour que les compagnies de distribution puissent faire face à la hausse constante du coût du service: fourniture d'eau potable de qualité, enlèvement des eaux usées, amélioration de l'environnement et du service à la clientèle. Le régulateur a remarqué aussi que ces factures sont à peu près en ligne avec celles de la plupart des autres pays développés. Le secteur britannique de l'eau avait été privatisé en 1989 et 1990, à la fin des années Thatcher.
"Disons qu'à 3%, nous aurions considéré la hausse comme équitable. Les factures domestiques augmentent déjà, y ajouter une hausse de l'eau ne va pas du tout aider le consommateur", constate Mme Blanchette. La consommation est en effet le maillon faible de l'économie britannique. De surcroît,
13 millions de Britanniques se voient actuellement interdire d'arroser leur jardin et de laver leur voiture, avec un tuyau d'arrosage, pour la première fois depuis quinze ans dans la région de Londres. Ces ménages, privés d'un de leurs passe-temps favoris,
encourent une amende équivalant à 1.500 euros en cas de désobéissance, et les entreprises encouragent le public à dénoncer leurs voisins qui passeraient outre. Mme Blanchette a reconnu que "l'interdiction d'arroser est nécessaire dans la mesure où il y a eu deux hivers très secs dans la région". Mais elle souligne que les entreprises feraient bien de balayer devant leurs portes, car leurs canalisations, datant parfois de 150 ans, sont célèbres pour leurs fuites. "Thames Water (filiale de l'allemand RWE et plus grosse compagnie britannique, qui alimente Londres, ndlr) a beaucoup de fuites et continue de manquer les objectifs d'amélioration qui lui sont fixés. Après, c'est difficile d'avoir les consommateurs de son côté", estime-t-elle. L'Ofwat avait calculé en juillet que les fuites enregistrées par Thames Water représentaient 915 millions de litres par jour, "de quoi remplir 366 piscines olympiques". Pour l'instant, les entreprises qui ont besoin pour leur activité d'avoir des pelouses arrosées, comme les golfs, ne sont pas affectées par l'interdiction. Mais Thames Water a prévenu que cela pourrait changer s'il ne pleuvait pas sérieusement avant l'été. Même le tournoi de tennis de Wimbledon, en juin et juillet, pourrait être touché, a-t-elle prévenu.