A Weda Bay, sur l'île indonésienne d'Halmahera, un projet de mine sur l'un des plus importants gisements mondiaux de nickel, suscite l'ire de plusieurs ONG. L'exploitation du minerai, qui sera en grande partie conduite par Eramet, provoquerait d'importants dommages sur l'environnement et les communautés locales.
Daniel Etchemendy de Novethic m'a interpellé au sujet de ce projet, je vous en parle donc afin que vous ayez l'information ...
Novethic a écrit:Si la déforestation causée par les plantations d’huile de palme en Indonésie est aujourd’hui très médiatisée, on connaît moins l’impact des mines sur ces îles riches en minerai (nickel, cuivre, or, charbon). Pourtant, leurs dégâts sur l’environnement sont tout aussi importants, estime la coalition « Une seule planète » qui lance sa campagne pour une meilleure gestion des ressources (voir encadré) par la médiatisation d’un projet de mine de nickel dont l’actionnaire majoritaire est la compagnie minière française Eramet, qui s’est liée avec le japonais Mitsubishi et la société d’Etat indonésienne PT Antam au sein de la PT Weda Bay Nickel.
Situé sur les montagnes d’Halmahera, une île de l’archipel des Moluques connue pour ses forêts tropicales et ses lagons poissonneux, le projet Weda Bay de 54 874 hectares « qui est localisé dans la forêt, aura un impact majeur sur la biodiversité », estime Pius Ginting, chargé de campagne mines et métaux de Walhi et des Amis de la terre Indonésie. La forêt abrite en effet de nombreuses espèces animales et végétales endémiques, dont 4 espèces d’oiseaux et 7 d’amphibiens qui sont classées sur la liste rouge de l’UICN…Une nature dont dépend pourtant la communauté des Togutil, un peuple indigène vivant essentiellement de la chasse et de la pêche, et dont le mode de vie serait menacé par l’exploitation de la mine. S’il y a bien eu consultation sur le projet, celle-ci n’a que peu de valeur pour Pius Ginting, dont l’ONG a refusé de participer au débat : « dans ce type de consultation, certains membres des communautés sentent une pression pour aller dans le sens du projet, car les compagnies travaillent main dans la main avec les autorités locales pour décider des questions foncières par exemple. »
Si aujourd’hui le projet est tant contesté par les ONG, c’est aussi qu’il existe des précédents. Au début de la décennie, la société australienne Newcrest Mining a été mise en cause pour les dégâts environnementaux (déforestation, pollution des rivières, etc.) engendrés par deux de ses mines d’or sur la même île d’Halmahera. En 2004, des mouvements de protestation des communautés locales avaient alors été vivement réprimés par les forces de l’ordre, qui assuraient la protection des exploitations, provoquant la mort d’un manifestant (voir article lié).
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