Terra Economica
L’off-shore français attend son plan
Certes, les côtes françaises ont la fâcheuse tendance de tomber "à pic". Il ne faut donc pas trop s’éloigner du rivage avant que la profondeur rende très difficile l’implantation d’éoliennes. Mais c’est surtout le retard à l’allumage de l’apparition d’un vrai schéma national qui freine la machine. Pour chaque façade maritime, le gouvernement avait demandé en mars 2009 la mise en place d’une "instance de concertation et de planification rassemblant l’ensemble des parties prenantes", dont les conclusions devaient être rendues avant le 15 septembre.
Sur la façade atlantique, de nombreux candidats attendent l’aboutissement au printemps du processus, qui n’a finalement été lancé que début décembre 2009. Le plus important est le projet des Deux Îles, qui prévoit d’installer entre Yeu et Noirmoutier 120 éoliennes de 5 MW, de quoi fournir "plus de 70% de la consommation électrique de la Vendée", selon WPD Offshore. La société a commencé ses démarches d’information dès 2007, mais la mise en service ne se fera selon elle pas avant début 2015. A la même date, Nass et Wind envisage un parc de 300 à 400 MW au large du Croisic (Loire-Atlantique). Plus modeste et plus près des côtes, EDF Energies Nouvelles veut implanter 12 éoliennes, soit 72 MW, sur un plateau rocheux situé en face de La Baule.
La Bretagne n’est pas en reste avec notamment trois autres projets de Nass and Wind près de Saint-Brieuc (240 MW), Saint-Malo (200 MW) et Lorient (100MW). La baie de Saint-Brieuc, peu profonde, est aussi le terrain choisi par Poweo pour implanter 200 MW.
Le plus gros : 705 MW en Seine-Maritime
De tous les projets qui luttent pour obtenir le feu vert des autorités, le plus imposant est le parc éolien des Deux-Côtes, au large du Tréport (Seine-Maritime). Depuis quatre ans, la Compagnie du Vent (filiale de GDF-SUEZ) avance en terrain miné, au propre comme au figuré. En janvier 2007, la préfecture avait refusé d’instruire la demande d’occupation du domaine maritime déposée six mois plus tôt. Raison avancée : "l’essentiel de ce projet est situé dans une zone minée lors de la Seconde Guerre mondiale et l’étude de risque a démontré que pour les intervenants de ce projet et les usagers de la mer le danger était réel."
Bien qu’elle indiquait avoir pris en compte le problème en prévoyant un déminage, la compagnie a préféré revoir sa copie en présentant quelques mois plus tard un projet comprenant 141 éoliennes de 150 m de haut et situé à 14 km des côtes. Puissance totale : 705 MW, de quoi approvisionner presque 1 million de personnes affirme la compagnie. La commission chargée du débat public a été nommée début décembre.
Trente-six projets de parcs éoliens "offshore" en France


