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Protéger notre eau ou notre steak !
Des mesures restreignant la fertilisation des sols imposées par le gouvernement pour limiter la pollution des rivières et échapper à des sanctions de Bruxelles provoquent la colère de paysans bretons qui multiplient les manifestations depuis une semaine.
Un millier d'agriculteurs s'étaient déjà réunis à Saint-Brieuc la semaine dernière et d'autres manifestations sont prévues mercredi soir à Guingamp et jeudi à Lannion.
"On ne transigera pas. On ne peut pas céder sur une affaire comme ça", s'emporte Alain Tiengou, responsable environnement de la FDSEA des Côtes d'Armor. 300 agriculteurs se sont rassemblés mardi soir devant la sous-préfecture de Dinan derrière une banderole accusant l'Etat français de sacrifier leur profession "pour plaire à Bruxelles".
Les manifestants reprochent au gouvernement d'avoir imposé sans concertation une limite de fertilisation des sols à 140 kg d'apports d'azote par hectare (170 kg pour les légumiers) dès 2008, contre 210 kg jusqu'à présent, pour limiter la pollution aux nitrates dans certaines zones particulièrement touchées. La mesure va toucher quelque 2.000 agriculteurs qui vivent essentiellement de l'élevage, notamment de production laitière, mais aussi de cultures de céréales comme revenu d'appoint, estime M. Tiengou. "Ils vont être obligés de réduire leur fertilisation. Avec la baisse des rendements il faudra augmenter la surface consacrée aux bovins et réduire la surface céréalière", d'où des pertes de revenu substantielles, explique-t-il. Même une aide proposée de 140 euros à l'hectare ne compenserait pas les pertes, selon lui. "C'est une première d'adopter des mesures aussi drastiques que celles-là sans négociation", critique Jacques Jaouen, président de la FDSEA du Finistère.
Selon le syndicat, les efforts consentis ces dernières années dans la mise aux normes environnementales de bâtiments agricoles ou la création de fosses à lisier a permis de faire baisser de 37 à 9 le nombre de bassins versants dépassant les seuils de pollution. La colère des agriculteurs vise également l'association écologiste Eau et Rivières, accusée d'avoir fait remonter à Bruxelles le dossier de la pollution aux nitrates. Des locaux de l'association ont été vandalisés ces derniers jours à Brest et à Guingamp.
Dans une lettre adressée en 1992 à la commission européenne, Eau et Rivières avait dénoncé le fait que de nombreux captages d'eau superficielle pour faire de l'eau du robinet contenaient plus de 50 mg/l de nitrates avant traitement, en violation d'une directive de 1975. Après une première mise en demeure en 1993, Bruxelles avait condamné la France en 2001. "La France se trouve dans cette situation parce qu'elle fait preuve de laxisme. Les mesures sont demandées depuis 20 ans par les associations. Au lieu de les avoir mises en place avec le temps, l'Etat annonce des mesures brutales", estime Jean-François Piquot, porte-parole de l'association.
La Bretagne représente 7% de la surface agricole française mais rassemble 50% des cochons, 50% des volailles et 30% des bovins alors que c'est aussi une grande région de production légumière, explique M. Piquot. Henri Daucé, de la Confédération paysanne de Bretagne, dénonce l'incohérence des pouvoirs publics qui mettent en place des politiques environnementales mais continuent de privilégier les pratiques agricoles intensives.
Source BATIWEB






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Une tête de mort orange tracée sur un bidon de «pesticides»... Non ce n'est pas le slogan d'une énième campagne «anti-phyto», fruit d'écologistes extrémistes, mais l'affiche réalisée par la MSA dans le cadre de sa dernière conférence de presse. Une MSA qui se positionne, résolument, comme un contre pouvoir face aux firmes phytosanitaires, aux côtés des utilisateurs de pesticides, des défenseurs de l'environnement et des professionnels de santé.
Son constat est sans appel : la prévention progresse mais la toxicité demeure. Certes, elle se félicite des avancées obtenues : l'apposition d'un numéro vert «Phyt'Attitude» sur les nouveaux emballages afin de recenser les cas d'intoxication ; le retrait de l'arsénite de soude du marché ou la modification de l'étiquetage de certains produits. Prévenir, c'est aussi mieux connaître l'impact des produits phytosanitaires sur la santé des utilisateurs. L'étude «Agrican», composée de plus de 120.000 personnes, est aujourd'hui la plus importante enquête agricole au monde sur le risque, à long terme, de cancer en milieu agricole. Résultats prévus en 2009.
Mais si les messages de prévention sont de plus en plus écoutés, si les facteurs de risques sont de mieux en mieux connus, si de nombreux toxiques ont disparus, le combat de la MSA n'est pas pour autant gagné. Il reste encore sur le marché des produits dangereux pour leurs utilisateurs. Tous les acteurs du monde agricole sont concernés et doivent prendre leurs responsabilités : pouvoirs publics, utilisateurs, fabricants...
Mesurer les effets des pesticides sur la santé des utilisateurs
(MSA - 30/03/07)
La MSA met en place des dispositifs visant à mesurer les effets des produits phytosanitaires sur la santé des utilisateurs. Son objectif : proposer des moyens de prévention adaptés et dénoncer la dangerosité de certains produits.
La MSA, régime de protection sociale, a placé la prévention des risques professionnels liés aux pesticides au coeur de ses préoccupations. Pour cela, elle s'appuie sur son dispositif « Phyt'Attitude » mis en place en 1991. Outil de veille et d'alerte, ce dispositif a pour objectif de recenser les cas d'intoxication liés à l'utilisation des produits phytosanitaires par le biais des déclarations d'accidents du travail, des données transmises par les professionnels de santé et les observations des conseillers MSA en prévention. Depuis février 2004, un numéro vert Phty'Attitude (0 800 887 887) permet aux utilisateurs de signaler leurs symptômes : maux de tête, vomissements, irritations, gênes respiratoires... Ce lancement a abouti à une hausse de 17% des signalements spontanés des victimes d'intoxication.
La majorité des signalements (319 dossiers de janvier 2004 à juin 2005) concernent trois catégories de produits : les insecticides et acaricides (35 %), les fongicides (27 %) et les herbicides (27 %). Malgré la suppression de nombreux toxiques, les T+ et T représentent encore 18 % des signalements alors que seulement 3 % des produits sont classés T et T+. Autre constat : les céréales sont les cultures où les signalements d'incidents ou d'accidents sont les plus nombreux (35 %, soit une hausse de 17% en comparaison avec l2002-2003).
Moins de cancers chez les agriculteurs
La MSA participe également à plusieurs études pour mesurer les effets des pesticides sur la santé des utilisateurs. L'étude Agrican, lancée fin 2005, vise notamment à identifier le lien entre certains cancers et certaines activités agricoles « Si les agriculteurs sont globalement moins touchés par les cancers, certains types sont surreprésentés notamment ceux concernant le sang, le cerveau, la peau, la prostate » explique Jean-Luc Dupupet, médecin responsable du risque chimique de la MSA.
Sur les 570.000 questionnaires envoyés, 120.000 personnes ont déjà répondus.Agrican sera donc la plus grande étude jamais réalisée dans ce type d'enquête. Les premiers résultats, qui concerneront les cancers les plus fréquents (sein, prostate), seront disponibles en 2008-2009. Il faudra attendre 2013-2015 pour les autres.
SC


Exposition des salariés agricoles aux pesticides
Concernant la question d'un député relative aux risques professionnels liés à l'exposition aux pesticides des travailleurs agricoles, le ministre de l'Agriculture et de la pêche annonce qu'une étude, appelée "Partage", a été mise en place pour tenter d'évaluer le risque de maladie de Parkinson chez les agriculteurs et de le comparer au risque de voir cette maladie chez des sujets qui ne travaillent pas dans le milieu agricole. Cette étude est effectuée en collaboration avec l'Institut de veille sanitaire (InVS) et l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Les pouvoirs publics entendent diffuser largement les résultats de cette étude et se fonder sur ses conclusions pour l'évaluation et la gestion des risques liés aux pesticides en France.
Réponse du ministre de l'Agriculture et de la pêche à la question n° 113350 du député L. Degauchy, JOAN du 24 avril 2007.




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