L'inquiétant déclin des pollinisateurs16 mars 2011
Le déclin des insectes pollinisateurs, et notamment des abeilles dans le monde s’accélère de manière inquiétante depuis les années 1998 selon l’étude « Désordre dans les colonies d’abeilles et autres menaces sur les pollinisateurs » menée par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement, publié le 10 mars dernier.
Ce phénomène s’observe en particulier au Royaume Uni, en France, en Belgique, aux Pays Bas, en Allemagne, en Italie, Espagne et en Suisse. Selon l’UNAF, en France 300 000 colonies d’abeilles disparaissent en moyenne tous les ans depuis 1995, contaminées par des produits phytosanitaires. Selon l’IUCN, la perte de 20 000 espèces de plantes à fleurs est à prévoir sous les prochaines décennies. Ce qui va indubitablement renforcer le déclin des pollinisateurs qui ont besoin de ces plantes pour survivre, et qui sont le plus dépendants de la diversité des habitats naturels pour leur survie. Or les pollinisateurs sont des insectes vitaux pour la pollinisation des végétaux et donc pour la production alimentaire ; les conséquences de ce déclin risquent donc d’être catastrophiques.
« La manière dont l'humanité gère, ou gère mal, le potentiel de la nature, notamment les pollinisateurs, définira en partie notre avenir collectif au cours du 21ème siècle. Sur les cent espèces végétales qui fournissent 90% de la nourriture dans le monde, plus de 70% dépendent des abeilles pour leur pollinisation », a souligné Achim Steiner, Directeur du PNUE, lors de la présentation de cette étude.
Le PNUE s’est efforcé à travers cette étude de recenser les facteurs de déclin des pollinisateurs. Ainsi, les activités humaines ont un impact sur ce déclin à travers la fragmentation, la dégradation, la destruction des habitas naturels, qui entraînent une réduction des sources de nourriture. De même, les changements dans l'utilisation des terres et de la structure du paysage affectent les pollinisateurs, les plantes, leurs interactions entre les plantes et les pollinisateurs. L’étude explique le déclin de ces pollinisateurs également par les dommages causés par les insecticides. Il a été démontré et rapporté dans cette étude que la combinaison de certains insecticides et fongicides, peuvent être 1000 fois plus toxiques pour les abeilles ce qui affecte leur sens de l'orientation, leur mémoire et le métabolisme de leurs cerveaux. Par ailleurs, la pollution est aussi un des facteurs de mortalité des abeilles puisqu’elle les empêche de trouver ou retrouver des plantes à fleurs et donc de la nourriture
La diminution des espèces de plantes à fleurs causées par l’utilisation croissante d’herbicides et autres produits chimiques, la propagation d’organismes nuisibles tels que l'acarien Varroa qui se nourrit de fluides d'abeille, et le petit coléoptère des ruches qui dévaste le miel et le pollen stocké expliquent également la surmortalité des abeilles.
Enfin, les changements climatiques est l’un des facteurs les plus graves selon le PNUE puisqu’il modifie la période de floraison des plantes et les précipitations, ce qui va détériorer la quantité et la qualité de nectar disponible pour les abeilles.
Dès lors le PNUE préconise la mise en place de mesures d'incitation à la restauration des habitats des pollinisateurs d’une part et d’une agriculture alternative qui prenne en compte l’impact des pesticides sur les pollinisateurs, notamment pendant la période de floraison d’autre part. Le directeur du PNUE insiste sur la nécessité de mettre en œuvre des mesures efficaces luttant contre ces facteurs de mortalité des pollinisateurs et invite les Etats à « intensifier leurs efforts pour accélérer la transition vers une économie verte et un modèle de développement durable ».Il conclue notamment que Rio 2012, le troisième sommet de la Terre organisé en 2012 consacré au développement durable « est une occasion d'aller au-delà des définitions étroites de la richesse et de inclure dans la richesse nationale et mondiale, le patrimoine et les services offerts par la nature, telle que la pollinisation par des insectes comme les abeilles, qui se chiffre en multi milliards de dollars ».
Pour en savoir plus :
* Rapport du PNUE en anglais
http://www.unep.org/dewa/Portals/67/pdf ... nators.pdfCécile Constantin
bon et maintenant qu'est ce qu'on fait ?
