Bonjour à tous ...
Une info supplémentaire concernant l'impact de l'Homme sur notre climat concernant l'augmentation du gaz carbonique dû à l'effet de serre :
Six cent cinquante mille ans d'archives glaciaires antarctiques décryptées. Cet exploit vient d'être accompli par les équipes du projet Epica (European Project for Ice Coring in Antarctica), qui regroupe dix pays (Belgique, Danemark, France, Allemagne, Italie, Pays-Bas, Norvège, Suède, Suisse et Royaume-Uni).
Les scientifiques ont analysé le contenu des minuscules bulles de gaz emprisonnées dans une carotte de glace prélevée en Antarctique, au dôme C, et longue de 3 kilomètres. Comme la carotte de Vostok, provenant elle aussi de l'Antarctique, avait déjà délivré de précieux renseignements sur les climats du passé et le taux des gaz à effet de serre (gaz carbonique et méthane) présent dans l'atmosphère jusqu'à 430 000 ans, les chercheurs d'Epica dont des équipes du CNRS et du Commissariat à l'énergie atomique se sont centrés sur la période comprise entre 430 000 et 650 000 ans.
Fait remarquable, ils confirment, dans deux articles publiés dans la revue Science du 25 novembre, les données de Vostok. Ils indiquent que "l'amplitude naturelle des gaz à effet de serre pendant les périodes chaudes et froides du passé est restée remarquablement stable", explique Valérie Masson-Delmotte, du Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement (LSCE) à Gif-sur-Yvette (Essonne), un des signataires français de l'article de Science avec Jean Jouzel, vice-président d'Epica.
En effet, en remontant jusqu'à 650 000 ans dans le passé, le taux de gaz carbonique est resté contenu dans des valeurs comprises entre 180 et 280 ppmv (parties par millions en volume). Tandis que le taux de méthane a oscillé en moyenne entre 320 et 720 ppbv (parties par milliards en volume), n'excédant pas 773 ppbv. Rappelons qu'aujourd'hui, à cause des émissions d'origine anthropique effectuées depuis le début de l'ère industrielle, nous sommes largement sortis de ces fourchettes, puisque le taux de gaz carbonique caracole à 380 ppmv, et celui du méthane à 1 700 ppbv. " Cela montre que l'échelle du temps sur laquelle l'homme a changé la composition de l'atmosphère est très courte comparée aux cycles naturels des systèmes climatiques", insiste Thomas Stocker, de l'Institut de physique de l'université de Berne, autre coauteur de l'article.
PIC DE CHALEUR
Les articles de Science apportent aussi d'autres informations. Ils précisent par exemple que, avant 400 000 ans, les périodes chaudes l'étaient un peu moins qu'aujourd'hui, avec un taux de CO2 compris entre 240 et 260 ppmv. Néanmoins, la Terre a connu un pic de chaleur autour de 410 000 ans, avec une température plus élevée qu'aujourd'hui de 3 o C. Autour de ce pic, les chercheurs d'Epica ont identifié une période climatique "soeur" de la nôtre, située entre 420 000 et 400 000 ans. Cette dernière, appelée Marine Isotope Stage 11, a été marquée par des températures assez semblables à la période que l'on connaît actuellement, et qui a commencé il y a dix mille ans. La ressemblance entre cette période ancienne et la nôtre est due avant tout à la configuration similaire des orbites de la Terre et du Soleil, dont les positions relatives seraient la cause première des cycles glaciaires.
D'autres études vont être menées sur la carotte d'Epica, qui réserve sans doute des surprises, car il reste encore plusieurs milliers d'années à étudier. La carotte entière représente en effet une plongée dans le temps de 740 000 ans.
Christiane Galus
Article paru dans l'édition du 26.11.05
Les conclusions de l'IPCC montrent que l'Homme a un effet non négligeable sur le climat et les problèmes climatiques actuels ... et c'est encore confirmé par cette découverte ... alors QUE FAIT ON ?
Si vous voulez en savoir plus sur l'IPCC, en fait le GIEC en France, vous pouvez consulter le troisième rapport de celui-ci sorti en 2001 en format pdf ici :
Résumé destiné aux décideurs - 2001
groinsm