Une info concernant les piles ...
Après avoir bataillé pendant trois ans pour interdire le cadmium utilisé dans la fabrication des piles, le rapporteur du Parlement européen, Johannes Blokland, souverainiste chrétien néerlandais, a dû admettre qu'il a largement perdu gain de cause, en seconde lecture au sein de cette institution, mardi 13 décembre. Ses amendements n'ont été soutenus que par les socialistes, les Verts et les communistes. La droite et les libéraux se sont montrés plus sensibles au lobby des piles qu'à celui des associations de défense de l'environnement.
Producteurs et utilisateurs de piles s'étaient déjà fait entendre de la Commission lorsque celle-ci avait annoncé une révision de la législation européenne sur les piles et accumulateurs, au cours des années 1990. Sa direction de l'environnement souhaitait obtenir l'interdiction du cadmium en 2008. Le cadmium est en effet une substance toxique, qui peut provoquer des cancers du poumon et des lésions des reins chez les personnes exposées. L'interdire aurait permis d'éviter qu'il pollue l'environnement, lorsqu'il est rejeté sans précautions. Mais, en 2003, devant le tollé suscité par sa proposition, la commissaire chargée de l'environnement de l'époque, la Suédoise Margot Wallström, avait dû battre en retraite, se contentant de soumettre une révision des objectifs de collecte et de recyclage des piles.
"Nous nous sommes opposés à ce que le cadmium soit interdit dans les piles à usage industriel", indique Jill Ledger, directrice de la communication de l'entreprise française Saft, première productrice mondiale en la matière. "Les piles industrielles servent à éclairer les trains, les tunnels ou les satellites", explique-t-elle avant d'ajouter : "Elles ne posent pas de problèmes de collecte et elles sont totalement recyclées."
En avril 2004, M. Blokland avait néanmoins obtenu l'interdiction générale du cadmium, au terme de la première lecture au Parlement européen. Il prévoyait une exception pour les piles industrielles, à condition que le cadmium soit remplacé par un produit moins dangereux, le jour où celui-ci existera. Le Conseil, colégislateur, a refusé cette condition. Le groupe socialiste a essayé de la réintroduire, mardi, sous la plume de Guido Sacconi, rapporteur pour la directive Reach sur la chimie (lire ci-dessous), mais il s'est fait battre. "Il est beaucoup plus difficile d'obtenir une majorité en seconde lecture, car il faut réunir la majorité des voix des inscrits et non plus celle des présents", rappelle M. Blokland.
Le rapporteur s'est aussi attaqué aux piles "portables" (moins de 1 kg) qui alimentent des appareils électroniques ou d'électroménager comme les téléphones mobiles, les appareils photos ou les aspirateurs sans fil. Le Conseil a refusé de le suivre sur les outils de bricolage (perceuses ou visseuses sans fil), sous la pression notamment de l'Allemagne, qui a défendu ses entreprises, comme Bosch. "Ces outils utilisent pourtant 60 % des piles au cadmium", protestent les Verts du Parlement européen. Les eurodéputés n'ont pu réintroduire leur amendement.
Le seul résultat positif dont se félicite M. Blokland concerne le maintien de l'interdiction du cadmium pour les produits de consommation courante (brosses à dents électriques, rasoirs, jouets). Le Conseil, en effet, a accepté cette interdiction votée en première lecture par le Parlement. "Mais elle ne concerne que 10 % des piles au cadmium", regrettent les Verts. Les objectifs de collecte ont, eux aussi, été revus à la baisse. La Commission proposait 50 % dans un délai de six ans à compter de l'entrée en vigueur de la directive, le Parlement 60 %, et le Conseil, moins ambitieux, 25 %. C'est cette version qui a été maintenue. "Je n'en suis pas satisfait", admet M. Blokland.
Rafaële Rivais
Article paru dans l'édition du 15.12.05
Encore un dossier sur lequel on avance pas alors qu'il est prouvé que le Cadmium est nocif pour la santé ...
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