Quelques infos trouvées dans Le Monde concernant la protection des espaces naturels en France et dans les DOM TOM ...
Le Monde a écrit:Dans quelques décennies, la nature intacte vaudra de l'or. Sous la poussée démographique des hommes, les espaces naturels reculent inexorablement, grignotés par les villes, cisaillés par les infrastructures, agressés par les pollutions, les activités minières, l'exploitation des agriculteurs, des forestiers ou des pêcheurs. Les espèces animales et végétales disparaissent à un rythme jamais atteint depuis l'apparition de la vie sur terre, ce qui hypothèque l'avenir de l'humanité. "Le problème numéro un, c'est la concurrence entre l'homme et les autres espèces pour utiliser l'espace", rappelle Robert Barbault, directeur du département écologie et gestion de la biodiversité au Muséum national d'histoire naturelle.
CHIFFRES
12 % DES TERRES et 0,5 % des mers du globe sont protégés. 1,4 % du territoire français est situé dans un parc national, ou une réserve naturelle, 19 % font l'objet d'une protection contractuelle (parc naturel régional, site Natura 2000).
6 CATÉGORIES D'AIRES PROTÉGÉES
sont définies par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), selon les activités permises. Les parcs nationaux relèvent de la catégorie 2 et les parcs naturels régionaux de la catégorie 5.
Avec la réforme des parcs nationaux examinée à l'Assemblée nationale à partir du mercredi 30 novembre, le gouvernement veut relancer une politique de conservation de la nature bloquée depuis la création du dernier parc en Guadeloupe, en 1989. La France possède pourtant un patrimoine exceptionnel. Toute la diversité des paysages et les climats d'Europe sont rassemblés en France métropolitaine. Outre-mer, départements et territoires de l'Atlantique, du Pacifique et de l'océan Indien recèlent un nombre d'espèces endémiques exceptionnel.
Présente dans quatre des vingt-cinq "points chauds" de la biodiversité (qui abritent 65 % de toutes les espèces terrestres sur moins de 2 % des terres émergées), la France est au quatrième rang mondial en matière d'espèces animales menacées, selon la liste rouge établie par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). "Elle a une responsabilité forte au niveau international, qu'elle n'assume pas", résume François Letourneux, président de l'UICN France.
Les lacunes du réseau d'aires protégées sont criantes. Presque tous les parcs nationaux sont situés dans une zone géographique unique : la montagne. Mais aucun n'existe dans les zones tropicales, les estuaires, les plaines cultivées, les zones humides ou les forêts. Deuxième au monde, le milieu marin ne bénéficie quasiment d'aucune protection.
En France, "on est toujours chez quelqu'un", résume le ministère de l'écologie. Les populations locales vivent comme autant de privations les restrictions sur la cueillette, la chasse, l'urbanisme, l'agriculture, la pêche. Faute de compromis local, des parcs envisagés depuis plusieurs années, en Guyane, à La Réunion ou dans les calanques, aux portes de Marseille, sont bloqués.
PROTECTION AU RABAIS
La réforme vise à lever ces réticences en donnant davantage d'initiative aux élus et en permettant certaines dérogations. Dans le cas de la forêt humide guyanaise, la loi prévoit la garantie des "droits d'usages" des populations amérindiennes. Les parcs naturels marins, sortes d'instances de concertation des différents usagers de la mer, sont créés. C'est le dispositif qui est envisagé pour remplacer le parc national prévu en mer d'Iroise, jamais accepté localement.
Certains écologistes redoutent une protection au rabais. Ils seront attentifs aux amendements adoptés et craignent un rapprochement du statut des parcs nationaux avec celui des parcs naturels régionaux. La charte de ces derniers est négociée localement. Contrôlés par les élus, ils connaissent un grand succès. S'ils se défendent de tout recul, les pouvoirs publics refusent de créer de véritables sanctuaires, à l'image des parcs nationaux américains. Et ils évitent les objectifs chiffrés. "Je préfère 95 % du territoire sous contrat que 5 % sous décret", résume Jean-Marc Michel, directeur de la nature et des paysages au ministère de l'écologie.
Le sort de la nature doit être placé "entre toutes les mains", affirme-t-il. Une vision partagée par Robert Barbault : "Imposer des contraintes n'est pas la meilleure façon de parvenir à l'objectif, qui est la sauvegarde de la nature et la création de conditions de vie décentes pour les populations qui coexistent avec elle."
Gaëlle DuPont
Article paru dans l'édition du 01.12.05
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