Le principe de la géothermie consiste à extraire l'énergie contenue dans le sol pour l'utiliser sous forme de chauffage ou d'électricité.
On distingue quatre types de géothermie ; la haute, la moyenne, la basse et la très basse énergie.
Les géothermies hautes, moyennes et basses énergies
Le principe (source ADEME)
Partout, la température croît depuis la surface vers l'intérieur de la Terre. Selon les régions l'augmentation de la température avec la profondeur est plus ou moins forte, et varie de 3 °C par 100 m en moyenne jusqu'à 15 °C ou même 30 °C.
Cette chaleur est produite pour l'essentiel par la radioactivité naturelle des roches constitutives de la croûte terrestre. Elle provient également, pour une faible part, des échanges thermiques avec les zones internes de la Terre dont les températures s'étagent de 1 000 °C à 4 300 °C.
Cependant, l'extraction de cette chaleur n'est possible que lorsque les formations géologiques constituant le sous-sol sont poreuses ou perméables et contiennent des aquifères (nappe souterraine renfermant de l'eau ou de la vapeur d'eau).
La géothermie de haute énergie et de moyenne énergie
La géothermie de haute énergie (> 180 °C) et de moyenne énergie (température comprise entre 100 °C et 180°C) valorisent les ressources géothermales sous forme d'électricité.
La géothermie basse énergie
La géothermie basse énergie (températures comprises entre 30 °C et 100 °C) permet de couvrir une large gamme d'usages : chauffage urbain, chauffage de serres, utilisation de chaleur dans les process industriels, thermalisme...
A titre d'exemple, l'aquifères du Dogger dans le sous-sol de la région parisienne, situé à 2 000 m de profondeur et renfermant une eau géothermale à 60 - 80 °C.
Avantages et inconvénients
Par rapport à d'autres énergies renouvelables, la géothermie présente l'avantage de ne pas dépendre des conditions atmosphériques (soleil, pluie, vent), ni même de la disponibilité d'un substrat, comme c'est le cas de la biomasse. C'est donc une énergie fiable et stable dans le temps.
Cependant, il ne s'agit pas d'une énergie entièrement inépuisable dans ce sens qu'un puits verra un jour son réservoir calorifique diminuer.
Si les installations géothermiques sont technologiquement au point et que l'énergie qu'elles prélèvent est gratuite, leur coût demeure, dans certains cas, très élevé.
Situation de la filière
Les principales opérations entreprises en France concernèrent le chauffage de logements collectifs par réseaux de chaleur dans le bassin parisien et en Aquitaine, entre 1982 et 1986. Après avoir surmonté les problèmes techniques et financiers apparus à partir de 1986 (faible rendement des équipements et phénomènes de corrosion sur les sites du bassin parisien), la filière est de nouveau remise sur les rails.
Sur les 70 opérations lancées, 60 fonctionnent encore dont 41 dans le bassin parisien et 15 en Aquitaine.
En assurant le chauffage de 20 000 logements, elles permettent une économie de 170 000 tep/an et évitent le rejet dans l'atmosphère de près de 70 000 t de CO2 par an.
Une remise en état de ces installations urbaines est envisagée par l'Ademe.
Depuis 1987 des recherches sur la géothermie roches chaudes sèches (HDR) sont menées à Soultz sous Forêts dans le Bas Rhin. Elles s'inscrivent dans le cadre d'un programme européen.
La technique consiste à injecter de l'eau froide en profondeur dans des puits et à la pomper vers la surface par d'autres puits après que son transfert à travers le réseau des fractures du sous-sol l'ait portée à haute température.
Ce projet est aujourd'hui encore au stade de l'expérimentation.
La géothermie très basse énergie : les pompes à chaleur
Nous assistons actuellement, dans l'habitat individuel, au retour des pompes à chaleur (PAC) qui utilisent la chaleur contenue dans le sol pour alimenter un plancher chauffant.
Ce principe connu depuis une vingtaine d'années, a subi de notables évolutions techniques qui lui permet de rivaliser avec les moyens de chauffage "traditionnels". Cependant des dérives commerciales conduisent ses promoteurs à le présenter comme une alternative environnementale crédible aux énergies fossiles et au nucléaire... Alors qu'une part non négligeable de l'énergie fournie par une PAC est d'origine électrique.
La technique
Des capteurs enterrés sont constitués d'un réseau de tubes dans lequel circule un fluide caloporteur : fluide frigorigène de type HCFC dérivé du fréon, ou de l'eau glycolée.
Pour restituer cette chaleur dans le plancher chauffant de la maison plusieurs solutions existent. La plus répandue consiste à utiliser un "module de transfert" comprenant le compresseur, un ou deux échangeurs...
Selon les fabricants la surface de captage préconisée varie entre 1,5 et 3,5 fois la surface chauffée de l'habitation.
Une PAC peut être réversible et permettre au plancher de devenir rafraîchissant en période estivale.
Pour 1 kWh électrique consommé, une pompe à chaleur produit en moyenne 2 à 4 kWh de chaleur. Une PAC est donc une forme adoucie de chauffage électrique.
Avantages et inconvénients
Les deux principales qualités de ce mode de chauffage sont liées au mode de diffusion de la chaleur par plancher chauffant basse température, et à la part d'énergie gratuite utilisée (qualités que l'on retrouve chez les Planchers Solaires Directs).
Par contre des problèmes de gel précoce peuvent apparaître sur certains types de terrain pour des capteurs enterrés à faible profondeur, ainsi que des assèchements estivaux si la fonction rafraîchissement est utilisée. (source Walter Billing : CERN)
De plus les fluides frigorigènes sont nuisibles pour la couche d'ozone (certains d'entre eux sont interdits).
Une pompe à chaleur comprend un compresseur intégré dans un module que l'on appelle un générateur. Il est impératif de bien désolidariser le générateur des murs et de le monter sur silent-block : le compresseur est un élément bruyant.
Il est aussi déconseillé d'installer ce type de matériel en bout de ligne électrique (ou sinon, il faut penser à son renforcement). L'appel de puissance étant important lors du démarrage du compresseur, on peut constater une baisse de tension dans le réseau électrique de la maison (fortement déconseillé pour les lampes basse consommation).
La technique des pompes à chaleur géothermales bénéficie du soutien d'EDF. En effet, il est souvent proposé des solutions de réversibilité (possibilité de rafraîchissement de la maison) qui permettent à EDF de vendre de l'électricité pendant l'été. Si l'argument premier des vendeurs est le côté " écologique " de la technique, il y a ici, à notre avis, une contradiction. Avant de penser rafraichissement (et donc consommation d'énergie), peut être vaut-il mieu réféchir à une conception évitant tout besoins de climatisation (approche bioclimatique).
Enfin quelques contre-références locales induisent un doute sur la longévité de ces matériels.
Lien Internet :
La plaquette de l'ADEME : http://www.ademe.fr/particuliers/Fiches/pacg/index.htm
La fiche pratique du Conseil local à l'énergie : http://perso.wanadoo.fr/cle-energie/pdf ... %20PAC.pdf
Site du CSTB pour les avis techniques : http://www.cstb.fr
Articles :
Géothermie, pompes à chaleur. Le pour et le contre d'un dossier brûlant. - La Maison écologique - n°17 - octobre novembre 2003
Peut être commandé sur : http://www.la-maison-ecologique.com/
Les pompes à chaleur géothermique : chauffage écologique ou gaspillage d'électricité - AJENA Contact n° 38 - janvier 99
http://perso.wanadoo.fr/eb.ajena/
Que penser des pompes à chaleur ? - Les quatre saisons du jardinage n°146 - mai juin 2004
http://www.terrevivante.org/index.asp?c ... iens4S.asp
Pour en savoir plus sur les énergies renouvelables, c'est ici :
http://www.ciele.org/filieres/index.html 


