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LA DECROISSANCE

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LA DECROISSANCE

Messagede DELAIR » Mar Sep 21, 2010 12:29 pm

Paul Ariès : « Les décroissants ne sont pas des talibans verts »
Par Pierre Haski | Rue89 | 19/09/2010 | 11H52

Paul Ariès au Forum social départemental de Haute-Savoie, 2008 (Wikimedia Commons).

Paul Ariès est considéré par beaucoup comme un « gourou ». L'idéologue de la décroissance a longtemps prêché dans le désert, mais la crise a donné à son discours un nouvel écho, qui lui vaut d'être invité à débattre par Europe écologie, ou de faire une (modeste) apparition sur les plateaux de télévision. Rue89 l'a interrogé sur sa vision, et sa stratégie, notamment en vue d'une possible candidature « décroissante » en 2012.

Longtemps spécialiste des sectes contre lesquelles il s'est fortement engagé, puis parti en guerre contre la malbouffe comme symbole de la mondialisation, le politologue et écrivain Paul Ariès est aujourd'hui la figure la plus en vue du courant, très divers, de la décroissance.

Ultra-minoritaire dans un pays où la quasi totalité des partis politiques fondent leurs hypothèses sur un retour de la croissance, ce courant a longtemps été associé à l'idée d'une régression, d'un retour à la bougie et au puits, avant de commencer à entrer dans le champs du débat politique, notamment au sein des écologistes divisés sur la question comme l'ont montré les Journées d'été Verts-Europe écologie de Nantes.

Paul Ariès reconnaît que la décroissance a longtemps été négative avant de commencer à devenir une force de proposition. Dans cet entretien, réalisé en complément du dossier du numéro 3 de Rue89 Le Mensuel, titré « et si la croissance ne revenait plus ? », « l'objecteur de croissance », comme il se définit, évoque l'hypothèse, non encore tranchée, d'une candidature à la présidentielle de 2012 pour avancer ses idées. Entretien.

Rue89 : Votre cible est autant la gauche que le système capitaliste ?

Paul Ariès : Il y a deux systèmes qui, par-delà leurs différences qui sont énormes, ont totalement pillé la planète pour nourrir leur machine productiviste. Sauf que ces deux systèmes ne se trouvent pas aujourd'hui dans la même situation.

Les droites, les milieux d'affaires, ont un vrai projet, qui est celui du capitalisme vert. Alors que les gauches, à l'échelle internationale, restent largement aphones. Parce qu'elles ne savent pas comment concilier ces nouvelles contraintes environnementales, avec le souci de justice sociale, et le besoin de reconnaissance face à une société du mépris.

Mais il y a toujours eu deux gauches. L'une antiproductiviste, d'un antiproductivisme populaire spontané, celui des paysans qui pendant un siècle et demi ont combattu contre le passage de la faucille à la faux pour préserver le droit de glanage, un certain mode de vie ; celui de ces ouvriers cassant les usines qui prenaient leur place ; celui du « Droit à la paresse » de Paul Lafargue, c'est ce mouvement historique pour la réduction du temps de travail. Cette gauche a toujours été minoritaire, et surtout, elle a été ridiculisée, moquée.

Et on a toujours eu une gauche productiviste, qui avait foi dans le progrès. Sauf que cette gauche productiviste, qui a été dominante au XXe siècle, a aujourd'hui du plomb dans l'aile. Elle ne peut plus promettre que demain on vivra tous comme des petits bourgeois, que demain sera le pays de Cocagne.

Donc ça crée des possibilités, je l'espère, c'est un pari, de créer aujourd'hui une gauche antiproductiviste qui devienne optimiste.
« Etre des empêcheurs de développer en rond »

Pourquoi avoir fait de Daniel Cohn-Bendit le symbole de ce que vous combattez, en le qualifiant d'« idiot utile du capitalisme vert » ?

Ce qui m'intéressait dans Cohn-Bendit [« Cohn-Bendit, l'imposture », par Paul Ariès et Florence Leray, éd. Milo, ndlr], ce n'est pas la personne mais de quoi il est le symptôme. Le succès électoral d'Europe écologie repose sur des bases idéologiques pas claires. Si les gens ont voté Cohn-Bendit en pensant sauver la gauche et pour sauver une écologie politique antiproductiviste, ils ont été abusés. On voit bien qu'aujourd'hui Europe écologie est à la croisée des chemins. Tout comme la gauche.

Il va falloir choisir entre Corinne Lepage et l'objection de croissance. Il y a des positionnements politiques qui doivent se faire. Ces divisions, qui sont bien réelles à l'intérieur du mouvement, sont effectivement masquées par les succès électoraux.

Ce qui est urgent, c'est une recomposition véritable d'une gauche antiproductiviste. Je travaille avec d'autres au rapprochement des écologistes antilibéraux -ce qui exclue fondamentalement CohnBendit ou Lepage- et des gauches antiproductivistes.

Je ne dis surtout pas que c'est autour de la décroissance que les choses vont se faire. Nous ne sommes pas la petite grenouille qui a vocation à devenir aussi grosse que le bœuf. Notre fonction, c'est d'être des empêcheurs de développer en rond. C'est de poser des questions à l'ensemble des forces politiques, avec l'espoir qu'effectivement on arrive à faire que les minorités qui portent ces idées arrivent à converger.
« Nous marquons le retour des “partageux” »

Votre discours est-il audible auprès des gens qui manifestent pour maintenir la retraite à 60 ans ?

D'abord il me semble que les premiers qui ont à gagner à la décroissance, ce sont les plus pauvres. Pas seulement parce que ce que nous voulons avant tout c'est la décroissance des inégalités sociales, mais aussi parce que le style de vie, qui est tout à fait à distinguer de la notion de pouvoir d'achat, correspond effectivement à des styles de vie populaires.

Avec la revue Le Sarkophage, nous avons organisé l'an dernier notre premier grand colloque sur le thème « Ralentir la ville pour la rendre aux plus pauvres ». Des projets comme Slow Food, ou le Réseau international des villes lentes, posent les bonnes questions. Et notre deuxième colloque, dans l'Essonne en novembre, sera sur le thème de la gratuité des services publics locaux, là encore avec cette visée sociale.

Comme on sait que le gâteau -le PIB- ne peut plus grossir, la grande question devient celle du partage. Nous marquons le retour des « partageux ».
« Passer du socialisme du nécessaire à un socialisme gourmand »

Par rapport à la question des retraites, la décroissance, si elle devait être appliquée, ne créerait pas effectivement des ressources, d'où la nécessité de déplacer le débat.

La question des retraites pose aujourd'hui la question des revenus garantis. On justifie les écarts de revenus, au moment de l'activité des salariés, par la nécessité de rémunérer les compétences et de ne pas faire fuir les plus performants. Ce discours ne tient plus quand on parle à des gens qui deviennent inactifs.

De la même manière qu'il faut rendre aux anciens toute leur place dans la société, parce qu'ils sont les meilleurs représentants de la lenteur, nous pensons que les anciens peuvent être le vecteur de ce combat pour le revenu garanti.

Je me reconnais pleinement dans le mouvement lancé par d'anciens résistants autour de la republication du programme du Conseil national de la résistance, »Les Jours heureux ». Au moment où la France était ruinée, à genoux sur le plan économique et industriel, on a su trouver effectivement les moyens financiers pour permettre cette solidarité avec la Sécurité sociale. Aujourd'hui, avec une France beaucoup plus riche, on voudrait casser cette Sécurité sociale. Il nous semble possible de rénover, d'approfondir les services publics.

Ce qui est urgent, c'est de passer du socialisme du nécessaire à un socialisme gourmand. Il faut en finir avec cette idée de génération sacrifiée, de lendemains qui chantent, c'est dès maintenant qu'il faut construire une société totalement différente.

Nous avons besoin, dans le cadre de la société capitaliste, de pouvoir faire sécession, c'est-à-dire de reconstruire des façons d'être. On a su le faire au XIXe siècle, et même au début du XXe, avec ce qu'on a appelé le « socialisme municipal ». On a su avoir une gauche qui était une contre-société qui reposait sur des valeurs, sur des façons d'être, qui n'étaient pas celles du mode dominant.
« La décroissance, une politique des petits pas »

Peut-on pratiquer la décroissance dans un seul pays ? Ne risque-t-on pas de se retrouver avec la décroissance au Nord, et la croissance au Sud ?

C'est un vrai débat. Mais les questions que pose la décroissance ne sont pas réservées à la France ou aux pays riches. Elles sont abordées en Afrique, de façon massive en Amérique latine, et moins en Asie. Le mouvement de la décroissance n'est pas séparable de ce qu'a pu être le mouvement des paysans sans terre ou de Via Campesina. Les questions que nous posons, avec notre vocabulaire spécifique, appartiennent aux plus humbles.

La décroissance, ce n'est pas l'annonce du Grand Soir, c'est exactement l'inverse. La décroissance, c'est aussi une politique des petits pas, comme celui qu'ont fait des communes de l'Essonne qui ont décidé de donner gratuitement une quantité d'eau à tous leurs administrés.

Donc vous pouvez avoir une période de cohabitation entre croissance et décroissance ?

Bien sûr, l'enjeu c'est de créer des dynamiques de rupture. Bien sûr qu'il faut en finir avec le capitalisme, mais à nos yeux ça ne suffit pas. Parce que le pétrole socialiste n'est pas plus écolo que le pétrole capitaliste, ou le nucléaire socialiste ne serait pas plus autogérable. Nous sommes à la fois anticapitalistes et antiproductivistes.

Il faut penser la transition, ça ne se fera pas d'un coup. Cette politique des petits pas, qui n'oppose pas chaque petit pas avec l'objectif final, est la seule possible. C'est aussi la seule démarche possible pour rendre le projet désirable.

Par où commencez-vous ?

Nous avons décidé de nous battre d'ici 2012 sur quatre grands mots d'ordre d'égale importance :

1. la question du ralentissement, car on sait depuis les travaux de Paul Virilio que toute accélération de la société se fait au détriment des plus faibles ;
2. la relocalisation, ce qui peut poser la question d'une fiscalité adaptée, voire la création de monnaies régionales ;
3. la question de la simplicité volontaire contre le mythe de l'abondance ;
4. la question du partage, c'est-à-dire la question du revenu garanti couplé à nos yeux à un revenu maximal autorisé.

Ce revenu garanti est l'une des manières que nous avons de réduire la part de l'économie dans nos sociétés. Il doit être attribué en partie en monnaie nationale, l'euro, en partie en monnaie régionale à inventer, et en partie en droits de tirage sur les biens communs (tant de Kw/heure gratuits, tant de mètres cubes d'eau gratuits, de transports en commun urbains gratuits…). Le fait de raisonner en terme d'usage et plus en termes monétaires marque une rupture.

Ce revenu garanti est aussi un pari anthropologique, je veux dire que nous sommes conscients que ça peut foirer. Il s'agit de dire que nous ne sommes pas seulement des forçats du travail et de la consommation, mais beaucoup d'autres choses.

Un des coups de génie du capitalisme a été d'« insécuriser » les gens. « Insécurisés » sur le plan économique, mais aussi sur le plan social avec la casse des identités collectives, « insécurisés » aussi sur le plan individuel avec la difficulté que l'on a de se construire. Nous pouvons au moins agir sur la sécurité économique. Ce n'est pas la fin du travail, mais la fin du travail aliéné.

On vous rétorquera à droite comme à gauche que ça fera fuir l'investissement dans un monde ouvert.

C'est ce même discours qu'on entendait déjà au XIXe siècle quand on a voulu supprimer le travail des enfants, au XXe siècle quand on a créé les congés payés. D'où l'importance symbolique de la republication du programme du Conseil national de la résistance qui montre que quand on a la volonté politique, l'intendance suit.

J'ai été furieux, lors des dernières régionales, d'entendre des listes de gauche dire qu'elles étaient contre la gratuité des transports en commun. Pourquoi refuser aux transports ce qu'on accorde à l'école publique ?

Il y a deux conceptions de la gratuité :

* l'une d'accompagnement du système, qui n'est étendu qu'aux plus démunis, et qui s'accompagne de condescendance et d'un certain flicage ;
* l'autre est une gratuité d'émancipation, qui dit que nous héritons solidairement d'une planète. Une gratuité créatrice de lien social.

Nous ne sommes pas des talibans verts, pour nous les questions sociales et écologiques ont la même importance. Nous cherchons à élargir la critique habituelle que la gauche fait du capitalisme.
« Nous sommes dans une utopie pratique »

D'ici à 2012, comment allez-vous vous faire entendre ? Une candidature à la présidence ?

Il y a un débat dans le milieu de la décroissance sur la manière de traduire politiquement ce demi succès culturel que nous avons pu emporter. Un appel m'a été lancé par plusieurs réseaux d'objecteurs de croissance. J'accepte de faire campagne, la candidature c'est autre chose…

Nous nous sommes posés la question en 2005 de savoir si nous allions renouer, en 2007, avec le geste de René Dumont en 1965, candidature écolo avant même la création de tout parti écolo. On avait réuni tout le monde, ce fut un échec politique total. Nous avions le versant négatif, on savait ce qui n'allait pas, mais on n'avait rien à proposer.

Depuis les choses ont fortement avancé. Et si j'ai signé un livre-manifeste, qui est une œuvre collective, c'est parce que nous pensons qu'il est possible de peser sur les débats. Nous nous sommes dotés de deux outils :

* une charte a minima -il ne faut pas le cacher, la décroissance c'est aussi une auberge espagnole…-,
* et un logo pour assurer la visibilité du mouvement, l'escargot.

Ces campagnes -présidentielle et législative- seront moins l'occasion d'avoir des candidats, même s'il y en aura, que de créer des collectifs locaux pour fonder une maison commune des objecteurs de croissance qui réunira des gens qui seront membres d'autres organisations.

Fondamentalement, notre objectif est de faire avancer nos thèmes afin qu'ils deviennent des enjeux de lutte sociale. Nous voulons montrer que nous sommes dans une utopie pratique, que nous avons des propositions qui commencent à être réalisées.

Le succès d'estime du terme de décroissance permet à chacun de mettre des mots sur ce que chacun ressent : on ne peut pas continuer à produire et consommer plus. Et pas seulement sur le plan écologique, mais humain, sans aller jusqu'à péter les plombs.
smrabb
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les hommes précédent la forêt, les désert les suivent" CHATEAUBRIANT
La maison botanique : http://www.maisonbotanique.com/centre-e ... rognes.php
et http://fr.youtube.com/watch?v=jQRKWSRfF0w
Un humain : http://www.petergarrett.com.au/
N'as rien a voir : http://www.trackmania.com
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Re: LA DECROISSANCE

Messagede Lord69 » Sam Jan 08, 2011 3:58 pm

J'adore Paul Ariès, un des meilleurs porte parole de ce mouvement en devenir, qui certes manque de relais, mais pas de convaincus ;)
L'exemple n'est pas le meilleur moyen de convaincre, c'est le seul (Gandhi)
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Re: LA DECROISSANCE

Messagede pedro431 » Sam Jan 08, 2011 7:03 pm

Impossible d'être convaicu quand je lis :
Nous avons décidé de nous battre d'ici 2012 sur quatre grands mots d'ordre d'égale importance :

1. la question du ralentissement, car on sait depuis les travaux de Paul Virilio que toute accélération de la société se fait au détriment des plus faibles ;
2. la relocalisation, ce qui peut poser la question d'une fiscalité adaptée, voire la création de monnaies régionales ;
3. la question de la simplicité volontaire contre le mythe de l'abondance ;
4. la question du partage, c'est-à-dire la question du revenu garanti couplé à nos yeux à un revenu maximal autorisé.

puis
Ce revenu garanti est l'une des manières que nous avons de réduire la part de l'économie dans nos sociétés. Il doit être attribué en partie en monnaie nationale, l'euro, en partie en monnaie régionale à inventer, et en partie en droits de tirage sur les biens communs (tant de Kw/heure gratuits, tant de mètres cubes d'eau gratuits, de transports en commun urbains gratuits…). Le fait de raisonner en terme d'usage et plus en termes monétaires marque une rupture.

Si la France avait les moyens de dire non à la mondialisation ça se saurait, l'électricité, l'eau, les transports, qui va payer ??? les multis nationales sur le territoire se laisseront faire ???
L'utopie c'est bien et ça peut remplacer l'espoir (comme les religions) mais dans la réalité c'est tout autre, faire des monnaies régionale, pourquoi pas officialiser le troc.
Je dis pas qu'il ni a pas certaines idées à creuser, mais l'ensemble est incohérent.
La Terre est la mère de tous les peuples et tous les peuples devraient avoir des droits égaux sur elle.
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Re: LA DECROISSANCE

Messagede Lord69 » Sam Jan 08, 2011 7:07 pm

En quoi faire des monnaies local est incohérent ? Et pourquoi la France ne pourrait pas lutter contre la mondialisation ?

C'est facile de dire "on peut pas" mais encore faut il expliquer pourquoi on ne peut pas...
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Re: LA DECROISSANCE

Messagede pedro431 » Sam Jan 08, 2011 7:26 pm

Peu de choses, ou trouvera tu les devises si les multis nationales partent.
Tout le café se trouvant en France est sous contrôle américain, toutes les lessives ou produits d'entretien sont étrangères, tous les produit DE Chine, Corée, Japon, etc etc, avec quoi tu les payes ??? (fabrication disparue ou inconnue) l'industrie française est moribonde, l'agriculture n'est pas compétitive sans aides Européenne, que reste il ??? le textile, les confections, rien, une chose marche le nucléaire, l'aviation civil (airbus) c'est européen .
Adopter un tel programme c'est se retirer de la CE, à un moment Paul Ariès parle des salaires, augmenter les plus bas spcol baisser les plus haut, cela veux dire exile de grosse têtes.
Donne moi une vue de l'avenir selon Paul Ariès.
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Re: LA DECROISSANCE

Messagede phyvette » Sam Jan 08, 2011 10:41 pm

pedro431 a écrit:Si la France avait les moyens de dire non à la mondialisation ça se saurait.

Question de volonté politique et de circonstances. La mondialisation au sens moderne n'a guère que 40 ans. Elle est basée sur de l'énergie abondante et quasi gratuite. Or l'énergie abondante et quasi gratuite c'est terminé pour cause de peak-oil et de raréfaction des ressources naturelles agricoles ou minérales, la mondialisation tire en 2011 ses dernières cartouches. Le monde est fini, est la mondialisation en touche les limites, on ne poussera pas les murs de la planète.

Tout les partis politique Français (sauf le Parti de la Décroissance), sont à la ramasse, ils n'ont rien compris à la finitude des ressources. Ils sont tous productivistes, oui TOUS... Obsédés par l'augmentation du gâteau (PIB), qui pour les pauvres, qui pour les riches, qui pour les Français de souches. Cette augmentation devrais être éternelle et en croissance individuelle pour une population toujours plus nombreuse. C'est simplement impossible.


Donc non Paul Ariès n'est pas incohérent, bien au contraire avec son pote Vincent Cheynet et quelques autres, ce sont les seuls a avoir une vision juste des choses. Evidemment un article c'est un peu court pour exposer clairement ses idées.

Mais on peu aussi lire ses livres, et là la décroissance devient évidente et incontestable.

Moi depuis que j'ai intégré les idées et que je pratique modestement un forme de décroissance, j'ai gagné une sérénité et une vrais joie de vivre, beaucoup plus de calme intérieur et une qualité de vie que je souhaite pour 2011 a mes amis, et à tout les lecteurs qui liront ce post jusqu'ici.
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Re: LA DECROISSANCE

Messagede Lord69 » Dim Jan 09, 2011 12:21 pm

pedro431 a écrit:Peu de choses, ou trouvera tu les devises si les multis nationales partent.
Tout le café se trouvant en France est sous contrôle américain, toutes les lessives ou produits d'entretien sont étrangères, tous les produit DE Chine, Corée, Japon, etc etc, avec quoi tu les payes ??? (fabrication disparue ou inconnue) l'industrie française est moribonde, l'agriculture n'est pas compétitive sans aides Européenne, que reste il ??? le textile, les confections, rien, une chose marche le nucléaire, l'aviation civil (airbus) c'est européen .
Adopter un tel programme c'est se retirer de la CE, à un moment Paul Ariès parle des salaires, augmenter les plus bas spcol baisser les plus haut, cela veux dire exile de grosse têtes.
Donne moi une vue de l'avenir selon Paul Ariès.

Ha ben oui quand on a une telle vision néolibérale de la vie, pas simple de l'imaginer autrement :)

Ben je ne peux que te renvoyer à son livre (je ne suis pas porte parole d'Ariès), le dernier, et tu auras une vision de la vie après ... http://www.amazon.fr/simplicit%C3%A9-vo ... 169&sr=8-1
"La simplicité volontaire contre le mythe de l'abondance".

Ou t'inviter à venir sur Lyon pour le 3ème contre grenelle de l'environnement (voir le site , tape "contre grenelle" dans google)

Et sinon, tous ces produits sont faisables autrement, voir peut être pas du tout indispensables, il faut revoir de A à Z les besoins. Personne n'a dit que c'était simple ou que cela se faisait en un claquement de doigts, mais c'est plus réaliste que de dire "on ne peut rien faire ma brave dame, va falloir accepter et croiser les doigts pour que tout se passe bien"...
Et pour le devises, nul besoin d'argent à foison dans un monde égalitaire.
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Re: LA DECROISSANCE

Messagede pdmdb » Dim Jan 09, 2011 2:10 pm

Quelques petits effets de la décroissance :
- baisse des salaires
- baisse du "pouvoir d'achat" (les produits de grande consommation viennent pour l'essentiel des importations)
- baisse des cotisations et donc baisse des prestations sociales (APL, allocations chômage, remboursements sécu, retraites, RSA, allocations handicapés, qualité de l'enseignement scolaire et universitaire...)
- baisse des exportations et ça continue en cercle vicieux

Il n'y a pas un seul modèle de pays, de ville ou de civilisation dont le modèle est/a été construit sur la décroissance.
Un petit peu de sciences économiques :
Voici un outil que j'aime bien utiliser pour étudier la situation économique d'un pays : le carré magique de khaldor (exemple France 2007)
Image
Pour avoir une situation économique stable, il faut se rapprocher au maximum du carré parfait (agrandir la surface du quadrilatère)
Après, il y a des mécanismes à ne pas oublier :
- en général, une bonne balance du commerce extérieur permet d'augmenter le PIB
- un taux de chômage faible augmente l'inflation
- en général, quand on exporte beaucoup, il y a peu de chômage

En France, la solution est juste d'augmenter les exportations (mais nos politiques échouent depuis 30 ans)

Il y a bien une autre solution radicale proposée par le FN (hélas, pour cette fois ce sont eux qui donnent la meilleur solution) :
- sortir de l'euro et revenir au franc
- tirer sur la planche à billets mais aussi taxer les produits d'importation pour provoquer la hausse des prix à l'importation et la baisse à l'exportation
- augmenter ainsi la balance du commerce extérieur et relancer les petites entreprises locales

L'Europe dit qu'elle va prendre des mesures pour harmoniser les politiques économiques des états de la zone Euro, mais franchement je ne pense pas qu'on se mette d'accord et qu'on voit beaucoup de changements.
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Re: LA DECROISSANCE

Messagede pedro431 » Dim Jan 09, 2011 7:52 pm

phyvette écrit:
la mondialisation tire en 2011 ses dernières cartouches. Le monde est fini, est la mondialisation en touche les limites, on ne poussera pas les murs de la planète.

Mais bien sur, ou est ton argent en ce moment ??? on l'a vu avec la crise de l'immobilier américo-américain, toutes les banques y ont laissées des plumes, qu'ont dit les politique on va moraliser tout ça, ben non, c'est comme avant, notre argent est partout sur la planète mais pas en France, faut pas rêver, les usines qui délocalisent ont aussi des fonds français

Tout les partis politique Français (sauf le Parti de la Décroissance), sont à la ramasse

C'est vrai, mais le parti de la décroissance en fait parti, ce parti qui veut faire un nouveau parti ouvrier, communiste ou trotskiste, URRS a vécu.

Mais on peu aussi lire ses livres, et là la décroissance devient évidente et incontestable.

Utopie quand tu nous tiens !!!!

Lord69 écrit:
Ha ben oui quand on a une telle vision néolibérale de la vie, pas simple de l'imaginer autrement :

On a pas une vision néolibérale quand on est ouvrier, mais une vision de la vie de tous les jours.
quand je regarde ce qui est écrit sur ce que j'achète, ben y a pas beaucoup d'origine française, fais un inventaire de ce que tu as chez toi et honnêtement pense à ce qui resterait si on avait une économie de décroissance tel que le propose Paul Ariès.
Je ne dis pas que rien ne doit être fait, rien que la réparation de nos objets, imprimante, machine à laver, téléviseur, etc etc. il va falloir des années pour en arriver là, et peu importe le parti au pouvoir, l'économie des matières premières va devenir indispensable.

mais c'est plus réaliste que de dire "on ne peut rien faire ma brave dame, va falloir accepter et croiser les doigts pour que tout se passe bien"...
Et pour le devises, nul besoin d'argent à foison dans un monde égalitaire.

Je te remercie pour cette invitation du 3ème contre grenelle de l'environnement, mais je pense que c'est comme le 2me grenelle (UMP), beaucoup de parole mais peu d'acte voir pas du tout, faire la révolution avec des gants de velours n'a jamais rien apporté.
Faites un vrai parti écologique et j'en serais, mais quand je vois le cinéma que font les têtes pensantes, je pense à Tartuff.

Et sinon, tous ces produits sont faisables autrement, voir peut être pas du tout indispensables

Faut commencer par arrêter l'import des ordis, les vêtements, les télés, les Tel, etc etc, utopie voila le mot qui correspond le mieux à un tel programme.
Non je n'ai pas dis gourou et secte.

pdmdb
uelques petits effets de la décroissance :
- baisse des salaires
- baisse du "pouvoir d'achat" (les produits de grande consommation viennent pour l'essentiel des importations)
- baisse des cotisations et donc baisse des prestations sociales (APL, allocations chômage, remboursements sécu, retraites, RSA, allocations handicapés, qualité de l'enseignement scolaire et universitaire...)
- baisse des exportations et ça continue en cercle vicieux

Sur ce on veut mettre les transports gratuits, l'eau, l'électricité, ou est la source d'argent pour payer ces services.???
La Terre est la mère de tous les peuples et tous les peuples devraient avoir des droits égaux sur elle.
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Re: LA DECROISSANCE

Messagede phyvette » Dim Jan 09, 2011 10:53 pm

La décroissance se fera par la force des choses. Les causes se mettent en place, mais la majorité des gens de nos pays riches la refuse, on leur montre les limites, ils regardent le doigt. Je sais ce n'est pas drôle comme concept, voir même anxiogène, mais c'est ainsi il faut l'admettre. Pour sûr par facile après deux siècles de croissance ininterrompue, depuis si longtemps c'est devenu normal de regarder croître le PIB et de considérer que ce sera toujours ainsi, mais ça s'appelle une exponentielle, je ne vous ferais pas l'injure d'une explication. Cette exponentielle supposée est basé sur l'exploitation de ressources épuisable ou surexploitées, CQFD. L'ascension de la croissance exponentielle du PIB a donc des limites.

La FAO craint un famine très importante pour 2011. FranceAgeMer envisage une pénurie de blé EN FRANCE au printemps.
L'Algérie et la Tunisie sont la proies des émeutes contre la vie chère.

Le pire est a venir.

Australie : les cours du charbon et du blé s'affolent


Le travail a déjà été interrompu dans 75% des mines de l'État du Queensland. Or ce dernier fournit à lui seul la moitié des besoins mondiaux de coke de charbon, une matière nécessaire à l'industrie sidérurgique. L'an dernier, ce sont même les deux tiers de la production mondiale qui venaient de cette région...

Autre secteur durement frappé par ces pluies: l'agriculture. Le Queensland, le New South Wales et la région de Victoria, tout trois touchés, représentent 42 % de la production de blé et 75 % de la production de colza au niveau national, selon la société de conseil Agritel. L'Australie, acteur majeur sur la scène internationale, exporte environ 15 millions de tonnes de blé chaque année et 1,5 million de tonnes de colza...


Mais il reste plein de charbon ? et bien non, pas vraiment. Pour un piquiste le pic de pétrole c'est déjà du passé. L'avenir c'est le pic de charbon, bien gras bien sale, et là... Bonne ou mauvaise nouvelle selon, on y est aussi. Dans un article en anglais, pour des communications en Français faudra attendre un peu :

Alors, où sommes-nous? Il y a quelques semaines les nouvelles les plus inquiétantes de l'année sont venues de Pékin où il a été annoncé dans la voix en sourdine que à partir de maintenant la production de charbon de la Chine ne serait probablement plus jamais en croissance. Le charbon de Chine, bien sûr, est l'un des miracles de notre temps. À partir d'environ 100 millions de tonnes par an quand Mao Zedong a pris le pouvoir, à la fin du siècle la production annuelle de est passé à 1 milliard de tonnes. Ensuite, la production a pris son envol avec la sortie d'escalade à environ 3,2 milliards de tonnes dix ans plus tard. Avec la production de pétrole et de la délocalisation d'une grande partie de la production industrielle du monde passée à la Chine, il a eux cette augmentation régulière de la production de charbon qui a alimentée la Chine et donc beaucoup de la croissance économique dans le monde durant la dernière décennie.

Maintenant, avec cette montée finale dans la production mondiale de combustibles fossiles touche à sa fin les perspectives de l'économie mondiale change considérablement. Pékin qui est attaché à la réalisation d'une croissance annuelle du PIB de 8-10 %, a déjà intensifie ses importations de charbon et poursuit activement une politique auprès de producteurs étrangers en combustibles fossiles que les étrangers sont prêts à vendre. Si Pékin ne parvient pas à augmenter ses importations de charbon dans la mesure nécessaire dans les prochaines années, alors il est probable de se tourner vers l'augmentation des importations de pétrole et de gaz naturel liquéfié.

http://www.postcarbon.org/article/21898 ... risis-2011

Donc la Chine qui a passée son pic de pétrole au début des années 2000 est en train de passer son pic de charbon au début des années 2010. La Chine c'est 50% de la production de charbon du monde...

Chacun doit pouvoir tirer les conclusions de tout cela.

Pour ma par la décroissance sera, elle sera volontaire et organisée, ou contrainte et sanglante. Sur les effets de la décroissance proposés par Pdmdb, je suis d'accord, mais il faut oublier un peu quelque notions de sciences économiques valable pour la croissance, pour en considérer de nouvelles pour la nouvelle société a mettre en place.

Pedro tu mets le doigt sur les conséquences de la décroissance et tu fais une analyse correcte, reste a trouver les solutions les moins douloureuses, mais faut faire vite, les année sont comptées, et il en reste peu avant l'effondrement sociétal.
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