Les Alsaciens sont partagés sur l'avenir de la centrale nucléaire de Fessenheim, révèle un sondage publié, mardi 6 mars, par le quotidien L'Alsace, à la veille du 30e anniversaire de la mise service de la doyenne du parc nucléaire français, située au bord du Rhin.
Cinquante pour cent des personnes interrogées se déclarent favorables à la poursuite de l'activité de la centrale, 34 % réclament sa fermeture en 2009, à l'échéance de l'autorisation d'exploitation en cours, et 16 % se prononcent pour son arrêt immédiat, pour des raisons de sécurité, selon l'enquête réalisée par l'Ifop, les 16 et 17 février, auprès d'un échantillon représentatif de 502 habitants des deux départements alsaciens.
"MICRO-FISSURES ÉVOLUTIVES"
La probabilité d'un accident grave apparaît comme "faible" pour 37 % des Alsaciens, "acceptable" pour 36 % et "élevée" pour 27 %. Près de trois Alsaciens sur quatre sont d'avis que la centrale ne résisterait pas à une attaque terroriste ni, pour 56 %, à un séisme de forte magnitude comme celui qui avait détruit Bâle, ville suisse distante de 40 kilomètres, en 1356.
"On ne peut pas continuer à exploiter cette centrale dans l'état où elle est, martèle Nicole Roelens, présidente de Stop Fessenheim. Cela nous ferait vivre constamment dans la pire insécurité, celle d'une catastrophe nucléaire." L'association, qui relaie en Alsace les idées du réseau Sortir du nucléaire, a lancé un "appel solennel" au président de la République, signé par 150 élus alsaciens et demandant l'arrêt de la centrale, dès 2007.
Pierre Schmitt, conseiller général écologiste de Ribeauvillé et président, depuis 1998, de la commission locale de surveillance de la centrale, prône une sortie progressive du nucléaire, en favorisant les énergies renouvelables. "La centrale peut répondre aux besoins sur quarante ans, mais au-delà rien n'est réglé", estime-t-il.
"Le niveau de sûreté de la centrale de Fessenheim est globalement satisfaisant", estime Guillaume Wack, le responsable régional de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), qui a effectué vingt inspections - dont sept inopinées - en 2006. Instance indépendante d'EDF et du gouvernement, l'ASN devra déterminer, au vu des résultats de la troisième visite décennale des deux réacteurs de 900 mégawatts, programmée pour 2009 et 2010, si l'installation est effectivement toujours conforme au référentiel d'exigence de sûreté.
Lors de sa dernière visite, des "micro-fissures évolutives" avaient été décelées sur la cuve d'un réacteur. Or la cuve constitue, avec l'enceinte en béton, le seul élément non remplaçable d'une centrale.
"EDF doit progresser en matière de rigueur de l'exploitation", indique par ailleurs Guillaume Wack, dans une interview à L'Alsace. Quarante-neuf "écarts d'exploitation" ont en effet été signalés à Fessenheim en 2006, contre 40 en 2005. Selon l'ASN, les nombreux incidents survenus ces dernières années avaient pour origine, en général, une mauvaise application des procédures et n'étaient pas liés à l'âge de l'installation.
En trente ans, la centrale de Fessenheim, qui emploie 650 agents d'EDF, a produit plus de 310 milliards de kWh d'électricité "en toute sûreté et sans émission de gaz à effet de serre", souligne Jean-Philippe Bainier, le directeur du site. "La durée d'exploitation prise en compte à la conception était de quarante ans, comme pour toutes les autres centrales françaises", rappelle-t-il. EDF souhaite prolonger son activité "de dix ans, au moins", à compter d'aujourd'hui.
Adrien Dentz
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0 ... 168,0.html
Narduccio, on attend ton avis forcément sur ce sujet qui divise les alsaciens









