Voici une interview de Gilbert Rosselin, responsable de la cellule environnement à la Chambre d’agriculture cette interview écrite sur le site Clicanoo (le journal de l'Ile de la Réunion)
Gilbert Rosselin, vous êtes notamment chargé du développement de l’agriculture biologique à la Réunion, qu’est-ce que c’est ?
L’agriculture biologique est le seul mode de production agricole qui interdit l’utilisation de produits phytosanitaires de synthèse (pesticides, fongicides, herbicides, ...). Elle répond à un cahier des charges très précis au niveau européen. Les agriculteurs bio se rapprochent dans leurs pratiques culturelles des techniques naturelles, d’antan. Il faut savoir que l’utilisation de produits chimiques n’est pas du tout interdite à condition qu’ils soient complètement naturels.
Quelle différence entre agriculture biologique et raisonnée ?
L’agriculture raisonnée est une démarche globale. Elle concerne toute une exploitation. On parle de qualification de l’exploitation. L’agriculture biologique, en revanche, ne peut concerner qu’un type de produit sur une exploitation. De plus, l’agriculture raisonnée autorise l’utilisation des produits chimiques de synthèse. Mais de manière raisonnée...
Peut-on tout élever et cultiver bio ?
Dans l’absolu oui, mais pas à la Réunion. D’abord parce que les aliments bio pour animaux doivent être importés, ce qui est très coûteux. De plus, la pression phytosanitaire est forte, en raison de la qualité des sols, des climats, insectes, etc. Certaines productions sont tout simplement impossibles à réaliser en bio. Un exemple : les nouvelles variétés de tomates, les plus belles, les plus rouges et les plus savoureuses, très (trop ?) sensibles aux conditions phytosanitaires.
Combien d’agriculteurs bio à la Réunion ?
On compte aujourd’hui une trentaine d’agriculteurs bio certifiés ou en cours de conversion. Les exploitations font l’objet d’une certification (3 contrôles sur 2 ans, avec 1 contrôle annuel et 1 contrôle inopiné tous les 2 ans). La période de conversion est de 2 ans pour les cultures annuelles et 3 ans pour les cultures pérennes. Pendant cette phase, l’agriculteur ne doit pas utiliser de produits chimiques de synthèse. Début des années 2000, il y a eu comme un réel déclic. Puis, la progression a été relativement lente, jusqu’à aujourd’hui.
Peut-on un jour aller vers une agriculture totalement bio ?
Non. Parce que l’agriculture bio n’a pas vocation à remplir l’objectif de nourrir l’ensemble de la population. Les contraintes à ce mode de production sont trop grandes - rendements moindres, pressions phytosanitaires - pour permettre son remplacement sur l’agriculture moderne conventionnelle. En revanche, on peut encore espérer son développement.
Quels sont les freins ?
D’abord, la mauvaise connaissance du monde agricole. Beaucoup d’agriculteurs pensent, à tort, que c’est impossible. Il y a aussi la confusion avec l’agriculture raisonnée. De plus, les critères de revenus sont en décalage avec la réalité de l’investissement et plus faibles par rapport à l’agriculture conventionnelle. Il faudrait à mon sens commencer par réviser à la hausse les revenus à l’installation d’une production bio. Ensuite, c’est la démarche la plus contraignante des points de vue réglementaire et technique. L’agriculteur doit toujours faire face à une obligation de moyens pour respecter les cahiers des charges. Il y a enfin le problème du terrain qui ne doit en aucun cas être "pollué". Et cela est difficile, surtout lorsqu’on se trouve à proximité d’un champ de canne.
Les aliments bio sont-ils meilleurs pour la santé ?
C’est LA grande question. Consommer bio c’est manger sain. Ne pas consommer de résidus de pesticides ne peut être que bénéfique pour l’organisme. Néanmoins, la pollution par des produits naturels est alors un risque, même si cela reste ponctuel. Un légume bio peut avoir une teneur importante en nitrates selon la qualité même du sol. Une pomme bio peut avoir été contaminée par un champignon toxique, ce qui aura des répercussions néfastes sur la santé du consommateur.
Bio et OGM ne font-ils jamais bon ménage ?
Jamais. Il n’existe pour l’instant, dans le cadre réglementaire, aucune possibilité d’utiliser des OGM en agriculture biologique. Et pour information, à ma connaissance, il n’y a pas de cultures OGM à la Réunion.



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Ca ne doit pas être une culture locale, donc dificulté d'acclimatation, donc pas possible en laissant faire la nature... c'est pas très compliqué à comprendre 



C'est d'ailleurs ridicule de penser qu'une agriculture n'a




