DELAIR a écrit:Euh et pourquoi parles t'on de kg/cheval ?? Sans faire de jeu de mots, cela me parrait léger le rapport poids/puissance non ?
Eh, DELAIR, d'où sortez-vous ? Tout le monde qui a un peu lu à-propos des voitures sait depuis longtemps que 1 kW c'est 1,36 cheval (cv).
On écrit cv pour "cheval-vapeur". C'est donc une ancienne unité de puissance que l'on utilise plus. On lui préfère le kW (kilowatt).
Ma vieille Audi 100 2.2e de 1989 fait 100 kW donc 136 cv.
Pour ce qui est du rapport kg/cv, on préfère parler du rapport inverse modernisé, le W/kg qui est la puissance massique. Lorsqu'on parle d'une batterie ou lorsqu'on parle d'un véhicule dans sa totalité, plus la puissance massique est élevée, plus on arrive à un résultat "fun" avec de bonnes accélérations. C'est évident : chaque kW disponible a moins de masse à tirer.
Regardez une Toyota Aygo dans sa totalité : 50 kW (50.000 W) pour 790 kg donc 63 W/kg.
Regardez une Lotus Elise : 100 kW (100.000 W) pour 860 kg donc 116 W/kg.
La Lotus Elise est une voiture légère mais 2 fois plus dynamique, 2 fois plus "fun" que la Toyota Aygo. En réalité elle est 4 fois plus "fun" car son centre de gravité est plus bas et ses suspensions sont plus rigoureuses.
Regardez maintenant du côté du réservoir à essence de ces deux voitures : environ 40 litres soit avec un 1/2 plein en moyenne, environ 25 kg si on prend en compte le poids de la cuve.
Imaginez-vous maintenant, dans le cadre de l'électrification d'une voiture existante, remplacer le réservoir par une batterie qui a une masse de 120 kg, assez moderne, qui a une puissance massique 500 W/kg (0,5 kW/kg). Cela veut dire qu'elle est théoriquement capable de délivrer jusqu'à 60 kW. Donc notre Aygo se retrouve légèrement dopée (60 kW au lieu de 50 kW), et notre Elise se retrouve fortement calmée (60 kW au lieu de 100 kW).
Les nouveaux poids sont respectivement de 910 kg (Aygo) et 980 kg (Elise) pour des puissances identiques de 60 kW. Donc les nouvelles puisances massiques, pour les voitures dans leur totalité, deviennent respectivement 66 W/kg (63 W/kg Aygo version essence) et 61 W/kg (116 w/kg Elise version essence).
On voit donc que l'Aygo garde son caractère inchangé, le supplément de puissance contrebalançant le supplément de poids, par contre le caractère de notre Elise est carrément dénaturé car elle est moins puissante et plus lourde.
Heureusement, les choses vont s'améliorer avec le temps, puisque déjà en enlevant le moteur à essence, se transmission, le réservoir à essence, le pot d'échappement etc ..., donc dans une optique 100% électrique, la bonne surprise est là : avant d'installer le moteur électrique et sa batterie, on a allégé la voiture de l'ordre de 140 kg ! Voir notre collègue, qui électrifie sa Dyane.
N'est-ce pas merveilleux ?
Le seul hic, en ce moment, c'est l'autonomie. Pas la puissance ni le poids si on considère des batteries de 120 kg capables de délivrer une puissance de 60 kW.
Le souci, donc, c'est l'autonomie.
Là il existe un autre paramètre dont on n'a pas encore parlé ici, qui est la densité énergétique exprimée en Wh/kg. Ce paramètre vaut 133 Wh/kg pour les meilleures batteries. C'est directement lié à leur capacité, et pas vraiment lié à leur puissance maxi.
On dit généralement qu'une voiture bien profilée demande 30 kW de puissance pour rouler à un petit 120 km/h sur route plate. A peaufiner mais c'est l'ordre de grandeur.
D'un autre côté si la batterie a une masse de 120 Kg et une densité énergétique de 133 Wh/kg, c'est simple : elle a une énergie de 15.960 Wh.
Donc si on lui demande de sortir 30.000 W (les 30 kW pour rouler à 120 Km/h), elle ne peut le faire que pendant 0,532 heures. Ce qui veut dire qu'à 120 Km/h, on aura roulé seulement 63 kilomètres. La batterie sera vide.
Donc, problème d'autonomie : seulement 63 kilomètres.
En première approximation sans même tenir compte du fait que lorsque la décharge dépasse 60%, la puissance maxi baisse et dès lors on ne peut plus garantir la vitesse de 120 km/h. Ce défaut n'existe pas dans le cas d'une voiture a essence.
Voilà. C'est tout simple, maintenant.
Rien de subjectif là dedans.
Il faut vous mettre cela en tête avant d'aller plus loin dans la réflexion.
Ce sont les prérequis.
Et le prix pour le consommateur ?
C'est même pas la peine d'en parler, actuellement, puisque personne ne sert ce marché. Aucune usine ne vomit les 800 voitures/jour, 100% électriques, telle la voiture de proximité décrite plus haut, que tout le monde désirera acheter si toutes choses restant égales, son autonomie passe de 63 kilomètres à 180 kilomètres.
Car oui, je le reconnais, il faut être 3 fois meilleur sur le plan de l'autonomie pour atteindre un premier marché relativement large (production de 800 véhicules/jour), centré sur la voiture de proximité.
L'utilisateur exige un cycle de recharge hebdomadaire, et pas quotidien. Un peu comme les bons téléphones mobiles.
La stratégie du grand capital est claire : on inculque au public que c'est difficile, cher, qu'il faut repenser le concept automobile de A à Z. Foutaises ...
On se sert de quelques agités (comme Bolloré), on se garde de publier une quelconque spécification, et on pratique la politique du cloisonnement. On utilise des épouvantails notoires, depuis longtemps déconsidérés (comme MDI) pour nous effrayer, nous faire savoir ce à quoi on aurait droit, si le grand capital ne venait pas à notre rescousse.
C'est de bonne guerre. Il faut que la pression monte dans la marmite.
Qui ne dit mot consent. C'est le consensus général. On ne se tire pas encore dans les pattes. Cela, ce sera pour plus tard.
Et voilà que maintenant nous commencons à sortir de ce bois ampuanté.
Le groupe Michelin-PSA et bientôt le groupe Schaeffler-Siemens-VDO (Allemagne) sont prêts en ce qui concerne les moteurs. Ils escomptent une forte hausse de leur chiffre d'affaire et des profits géants via les moteurs-roue en fermant graduellement les usines de moteurs à essence.
Seul hic, ce ne sont pas encore des chimistes, ni des physiciens ni des généticiens. Mais au grand capital, rien ne fait peur. Les constructeurs de voiture et les équipementiers ont du, au fil du temps, intégrer de nouveaux métiers et de nouvelles spécialités, le moteur-roue étant déjà un bel example bien actuel (se substituer en quelque sorte aux motoristes).
Je vous l'accorde, cela ne se fait pas sur le mode eBay-Skype ou Ati-AMD, où en l'espace d'un week-end, on finalise une transaction de plusieurs milliards de dollars. Mais cela pourrait tout de même y ressembler le jour où BASF rejoint le train Schaeffler-Siemens-VDO, train qui d'ailleurs s'est constitué un peu sur le mode américain, à coup de milliards d'euros en l'espace de quelques jours. Il n'y a pas de fumée sans feu. Lorsque BASF (à comparer à Bolloré : ce ne sont pas des agités) montera dans le train, la messe pourra commencer : on enterre le moteur à essence appliqué aux véhicules de proximité.
Vivement que les Coréens bougent, de leur côté. Cela motivera les européens pour ne pas tomber dans une autre dépendance : les batteries coréennes plutôt que le pétrole arabe. Mais même si on tombe dans cette dépendance, ce n'est pas grave puique ce n'est plus de la consommation -gaspi.
Si ce sont les Coréens qui doivent se creuser les méninges pour arriver à nous fournir des batteries, donc prendre à leur charge le risque industriel et financier, grand bien nous fasse. En effet, une fois que ce parc de batteries arrive ici, en Europe, alors il ne reste plus qu'à le gérer, par exemple recycler les vieilles au moyen d'usines locales plus ou moins sous le contrôle de BASF ou de Bolloré, avec diverses licences coréennes.
VOILA EXACTEMENT ce qui est en train de se mettre en place, donc.
Il faut bien visualiser qu'en matière de batteries, c'est un phénomène macro-économique nouveau, en termes de création d'un gigantesque parc recyclable.
Et côté prix, ne vous faites pas de souci. Ils savent compter.
Ils s'arrangeront pour vous faire aller au portefeuille, gentiment, en vous faisant payer ce que vous pouvez y consacrer, pour des véhicules électriques de proximité, aux presatations impeccables.
Donc entre 12 eur et 15 eur du kilo, tout compris.
C'est là que je veux en venir, au final, lorsque vous me demandiez "Chouette, mais à quel prix ?"
Comprenez-vous, à-présent ?
Est-ce clair, limpide pour vous ?
Propagez maintenant la bonne nouvelle.
Salutions amicales