Troisième régime ICPE: les députés laissent carte blanche au gouvernement
12/01/2009 12:40
Le gouvernement décidera du futur régime d’autorisation simplifiée des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE). Une mesure adoptée par les députés dans le cadre de l’examen du plan de relance, entamé mercredi 7 janvier. Par ailleurs, l’éco-prêt à taux zéro et le crédit d’impôt «développement durable» seront cumulables pour tous les ménages.
Gouvernerpar Victor Roux-Goeken
Eco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) et crédit d’impôt «développement durable» seront cumulables pour tous les ménages, après l’adoption par les députés d’un amendement défendu par le gouvernement. Le cumul sera limité pendant deux ans, jusqu’au 1er janvier 2011.
Il constitue une «entorse» à la fiscalité et «revient à concentrer des avantages (…) sur les catégories de ménages les plus à même de réaliser ces travaux», a averti le rapporteur général Gilles Carrez (UMP). En novembre dernier, lors de l’adoption du projet de loi de finances 2009 par les députés, le cumul avait été réservé aux ménages les plus modestes (5).Etudié depuis plusieurs années par le ministère de l’environnement (1), introduit puis retiré lors du projet de loi sur la modernisation de l’économie (LME) en juillet dernier (2), mentionné dans l’avant-projet de loi Grenelle II (3), le projet de régime d’autorisation simplifiée des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) est en passe de trouver une issue.
Jeudi 8 janvier, dans le cadre de l’examen du projet de loi «pour l’accélération des programmes de construction et d’investissement publics et privés»,
présentés avec le projet de loi de finances rectificatives pour 2009 comme les deux piliers législatifs du plan de relance, l’article habilitant «le gouvernement à prendre par ordonnance les mesures pour simplifier le régime d’autorisation applicable aux ICPE» a été adopté par les députés. Pas de débat prévu au Parlement sur le sujet, donc.
Le projet est censé faire aboutir en moins d’un an les demandes d’autorisation de nouveaux établissements, au lieu de 12 à 15 mois actuellement. Et vise aussi à améliorer la compétitivité de la France, selon Laure de la Raudière (UMP), rapporteure du premier projet de loi. Selon le rapport de la députée, seuls 15.000 établissements devraient faire objet d’une autorisation préalable au fonctionnement au regard de trois textes communautaires: Seveso, IPPC et études d’impact (4). Or ils sont 54.000. A très court terme, 20% des établissements existants soumis à autorisation pourraient bénéficier du nouveau régime.
Trois amendements présentés par la rapporteure et soutenus par le ministre en charge de la mise en œuvre du plan de relance, Patrick Devedjian, ont été adoptés: le nouveau régime est créé pour que l’administration concentre ses efforts sur les installations les plus dangereuses; l’autorisation simplifiée ne s’appliquera qu’aux installations pouvant relever de prescriptions standardisées; le préfet a la possibilité de passer du régime simplifié au régime normal d’autorisation en cas d’apparition de risques non prévus.
Malgré ces amendements garde-fous, la mesure met mal à l’aise certains députés. Deux amendements, non adoptés, visant à la suppression de l’article ont été défendus par les députés Jean-Pierre Brard (groupe Gauche démocrate et républicaine) et François Brottes (PS).
Pour le premier, ce nouveau régime entraînera «une moindre évaluation environnementale et sociale avec la suppression de l’étude d’impact et de l’étude de danger, une moindre concertation avec le public et les collectivités publiques avec la suppression de l’enquête publique, et la disparition des instances de concertation –Clis [comité local d’information et de suivi], Clic [comité local d’information et de concertation] … –, la suppression des arrêtés-types, un dossier de demande d’autorisation réduit à la portion congrue».
Le second a prévenu que «moins il y a de transparence, plus il y a de doute et de méfiance de la part des populations, et moins le niveau d’acceptation des projets industriels est élevé».
Ensuite, le «timing» et la forme de la mesure semblent peu appropriés, quelques jours après la présentation du projet de loi Grenelle II en conseil des ministres, et moins de trois semaines avant le passage du projet de loi Grenelle I au Sénat. Alors que promesse avait été faite d’associer les parties prenantes du Grenelle –collectivités, associations environnementales, syndicats, Etat et entreprises– à des décisions environnementales d’importance et que la réforme des ICPE n’avait pas été abordée lors du Grenelle.
(1) Dans le JDLE «ICPE: vers des autorisations simplifiées»
http://www.journaldelenvironnement.net/ ... JDE&ctx=66
(2) Dans le JDLE «ICPE: l'amendement sur le troisième régime retiré»
(3) Dans le JDLE «Le Grenelle II et la gouvernance»
http://www.journaldelenvironnement.net/ ... JDE&ctx=66
(4) Directive 96/82/CE concernant la maîtrise des dangers liés aux accidents majeurs impliquant des substances dangereuses, dite directive Seveso; directive 96/61/CE IPPC (prévention et réduction intégrées de la pollution) et directive 85/337/CEE relative aux études d’impact
(5) Dans le JDLE «Budget 2009: les députés ont adopté le projet de loi»
http://www.journaldelenvironnement.net/ ... 0109%2Edoc
Bref on va mettre la charrue avant les boeufs, on va pouvoir polluer et après faudra avoir des preuves.. Et quand on voit les Préfets (ah les tanches), y'en a des bien.. mais franchement.... non ça passseras pas !!!
Et quand on a sept dossiers, des spécificité comme carrières ou appareils à pression (fini), ou déchets, des plaintes à gérer et le Préfet qui abboit et en plus des ICPE que l'on passe de 7 dossiers par ans à 21.... Oui on peut dire qu'il y a un problème de réponse...
On a fait pareil avec les postes en réduisant les horaires d'ouverture et comme l'on a constaté qu'il y avait plus personne, parce que le gens allait dans la ville voisine plus grande...
Bin oui quand on veut plus de son chien on dit qu'il a la rage..
Normal !
Une honte !!
