E.L | 17/09/2009 | 10:35 | Territoire
Les sénateurs ont voté, mercredi 16 septembre, l'article 4 du texte de loi dit Grenelle 2 modifiant le code de l'urbanisme et empêchant ainsi de s'opposer à l'installation de production locale d'énergie renouvelable, de matériaux écologiques en façade et de toitures végétalisées.
"Nonobstant toute disposition d'urbanisme contraire, le permis de construire ou d'aménager ou la décision prise sur une déclaration préalable ne peut s'opposer à l'installation de systèmes solaires thermiques ou photovoltaïques ou de tout autre dispositif domestique de production d'énergie renouvelable, à l'utilisation en façade du bois ou de tout autre matériau renouvelable permettant d'éviter des émissions de gaz à effet de serre ni à la pose de toitures végétalisées ou retenant les eaux pluviales."
Néanmoins, des "prescriptions destinées à assurer la bonne intégration architecturale du projet dans le bâti existant et dans le milieu environnant" pourront être intégrées aux documents.
Ainsi rédigé, le nouvel article L. 111-6-2 du code de l'urbanisme devrait permettre d'ouvrir la voix à la généralisation des bâtiments à basse consommation et à faible énergie grise.
D'importantes limitations
Mais que les architectes des bâtiments de France (ABF) se rassurent, l'article 4 du Grenelle 2 prévoit des secteurs non concernés par cette « libéralisation » des solutions techniques durables : zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager (ZPPAUP), périmètre de protection d'un immeuble classé ou inscrit au titre des monuments historiques, parc national.
De plus, autre limitation de taille, les ABF seront invités à délimiter des périmètres qui seront exclus de l'application de ce nouvel article après délibération du conseil municipal ou de l'organe compétent en matière de plan local d'urbanisme.
E.L | Source LE MONITEUR.FR
Un succès qui ne se dément pas. Encore douze millions de visiteurs pour les Journées du Patrimoine – et une mobilisation qui ne faiblit pas en Basse-Normandie : des associations se battent en effet contre l’implantation d’un parc d’éoliennes dans les environs du Mont-Saint-Michel. Ces éoliennes seraient non seulement visibles de l’abbaye, mais culminant à 225 mètres, elles seraient plus hautes que sa flèche. C’est un exemple parmi d’autres de la difficulté à combiner la protection du patrimoine - et certains paysages en font partie- et les nouvelles exigences du développement durable. Eoliennes, mais aussi panneaux solaires, sont au cœur de la polémique. C’est au prétexte de l’opposition, ou du moins de la nette réticence, des architectes des Bâtiments de France devant les projets photovoltaïques que les députés ont supprimé (dans la loi sur le Grenelle) l’obligation de recueillir leur avis conforme avant toute transformation. Mais attention, rien n’est fait : dans la nuit de jeudi à vendredi dernier, les sénateurs ont rétabli cette même obligation.
Ainsi vont les méandres de la vie parlementaire qui n’ont parfois rien à envier aux fleuves de France. Une commission ad hoc, mise en place par le Ministre de la Culture, devra dégager une position commune. En attendant, cette affaire révèle la tension entre deux concepts qui pourtant s’efforcent d’intégrer la dimension temporelle de nos sociétés : « patrimoine » et « développement durable ». Comment sortirons-nous de cette contradiction ?
Un livre :
Nathalie Heinich
La fabrique du patrimoine : de la cathédrale à la petite cuillère
Maison des sciences de l'homme - 2009
Par quelles opérations un édifice ou un objet se trouve-t-il intégré au corpus du patrimoine ? Quelles sont les étapes de la "chaîne patrimoniale", depuis le premier regard jusqu'à l'éventuelle obtention du statut juridique de "monument historique" ? Quels sont les critères mis en oeuvre par les chercheurs de l'Inventaire pour décider que tel château, telle ferme, tel tableau d'église possède ou non une valeur patrimoniale ? Quels émotions animent les mobilisations des profanes en faveur des biens à préserver ? Et finalement, sur quelles valeurs fondamentales repose la notion même de patrimoine ?
Telles sont les questions auxquelles répond de livre, à partir d'enquêtes au plus près du terrain. Car c'est dans le détail des procédures, des propos enregistrés, des scènes et des getes observés que l'on peut réellement comprendre comment - c'est-à-dire pourquoi - les limites du patrimoine n'ont cessé, en une génération, de s'étendre, englobant désormais non seulement la "cathédrale" mais aussi la "petite cuillère" - selon les mots d'André Chastel définissant le service de l'Inventaire -, voire, tout récemment, la borne Michelin.
Appliquant à la question patrimoniale les méthodes de la sociologie pragmatique, cette étude s'inscrit dans la perspective d'une sociologie des valeurs, tentant d'élucider ce qu'on entend aujourd'hui dans notre société par l'ancienneté, l'authenticité, la singularité ou la beauté - et ce qu'on en attend.
-Présentation de l'éditeur-
Un cas, un exemple bien décrit :
http://developpementdurable.revues.org/index4913.html
Pour aller plus loin :
http://www.an-patrimoine.org/
Mon avis
Pour être confronté au problème au quotidien, ce qui est génant, c'est qu'il n'y a aucun recours contre les décisions d'un Architecte des Batiment de France.
Les Maires suivent et appliquent dans 98 % des cas, "l'avis " des A.B.F. ...
Il y a une chose qu'il faut absolument introduire dans l'instruction de ces dossiers, c'est non seulement, l'Architecte des Monuments Historiques, et le Maître de l'Ouvrage ou demandeur, mais aussi, les Maires de Communes qui donnent l'Arété final pour la poursuite du projet.
Car si le Maire, représentant de la Commune et donc de TOUS les Citoyens, n'y voit pas d'inconvénients, c'est au moins mettre devant le fait l'A.B.F,que la destination du projet ne parraît pas farfelu à la Collectivité.
Mais les Maires ont trop peur de ne pas avoir de subventions pour la restauration du Patrimoine.
Quant à faire "tourner la boutique" des Architectes (camarade des A.B.F.), sinon il ne regarde pas le projet et le refuse, je trouve qu'il y a alors une sélection par l'argent (trois à six mille euros) pour les secteurs protégés.
Expérience malheureusement vécu cette année, grâce aux nouvelles prérogative des A.B.F. pour les Z.P.P.A.P.U.P. (j'ai même po baffouiller).
En résumé, on fait une loi pour satisfaire les gens qui braient, mais on ne déroge pas aux anciennes régles.







