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http://www.20minutes.fr/article/660048/planete-le-voile-leve-gaz-schisteSelon un rapport réalisé l'an dernier par l'EPA (Agence de protection de l'environnement américaine), l'activité du gisement de Barnett Shale, dans le nord du Texas, pollue plus que le tout le trafic automobile de cette ville de 725 000 habitants. Pire: les habitants retrouvent du gaz à la sortie de leurs robinets car l'eau achemine des traces de produits chimiques injectés dans les puits. Pour alarmer de ce désastre environnemental annoncé, l’Américain Josh Fox a réalisé le documentaire Gasland, primé lors du festival de cinéma Sundance. Une des scènes les plus saisissantes? Un homme place simplement un briquet devant le robinet de son évier et entraîne ainsi une grande flamme lorsque du gaz s’en échappe entre deux arrivées d’eau…
Bonne nouvelle: l’Etat de New-York a décidé d’arrêter tout type d’exploitation du gaz de schiste à cause de l’opacité régnant sur les produits chimiques engagés, et sur leurs éventuels dangers. La France vient elle d’accorder trois permis d’exploitation dans le sud du pays. Mais la mobilisation contre les gaz de schiste prend de plus en plus d'ampleur, notamment par la voix de José Bové et via des demandes de moratoire de conseils municipaux, et suit le ainsi chemin de celle qui est organisée au Québec.


"Il y a 2 choses qui sont infinies, l'univers et la bêtise humaine. Quoique pour l'univers je n'en suis pas sûr" Albert Einstein 


Philippe a écrit:Cet accident n’est pas spécifique au gaz de schiste. N’importe quel puits, de pétrole, de gaz, d'injection d'eau, d'injection de gaz, vertical, horizontal, fracturé ou non, peut présenter ce problème. C’est d’ailleurs un problème de mauvaise cimentation d’un tube en fond de puits qui pourrait être responsable de la catastrophe de Macondo (qui n’était pas du gaz de schiste, à ma connaissance).
Il faut savoir que beaucoup de vieux puits sont en mauvais état, et susceptibles de déclencher des fuites. L’une des plus fameuses de France est celle des puits Chailly-46 et Chailly-48 en forêt de Fontainebleau : le lecteur patient pourra lire le document suivant : http://www.google.fr/url?sa=t&source=we ... YWGsI2STkw, notamment pages 57 et suivantes. La profession tire régulièrement les enseignements de ces accidents, de façon à minimiser encore davantage le risque : vérification du profil du trou, centralisation des tubes dans le trou (un autre des problèmes identifiés à Macondo, le placement imparfaitement centré des tubes dans le trou), formulation des ciments avec choix des additifs appropriés et compatibilité avec l’eau utilisée pour la fabrication du laitier, temps de prise, vérification ultérieure de la qualité de la cimentation par mesures acoustiques (au câble électrique), restauration immédiate des cimentations douteuses, etc. Par ailleurs, le risque de corrosion des tubes métalliques est minimisé par le choix du grade d’acier le mieux adapté aux contraintes locales, et la mise en place de liquides non corrosifs dans l’entrefer entre deux tubes. Mais le risque zéro n’existe pas, en gaz de schiste comme en hydrocarbures conventionnels. Condamner le gaz de schiste pour une mauvaise cimentation d’un cuvelage est absurde…

Philippe a écrit:
Les puits verticaux ne sont pas cimentés sur toute leur hauteur, bien au contraire. La figure 4 du lien donné plus haut (le gros rapport du BRGM) montre la façon dont les différents tubes sont cimentés. Elle montre un puits récent (Itteville dans l’Essonne, foré dans les années 1990). Dans la pratique, on ne sait pas cimenter parfaitement un tube de 3 000 mètres sur une hauteur verticale de 3 000 mètres, notamment du fait de la densité du laitier de ciment (fréquemment 1,85 tonne par mètre cube), qui peut avoir des effets dommageables en fond du trou (création de fracturations intempestives). Je profite de ce message pour confirmer que les puits sont cimentés avec du ciment pur, et jamais avec du béton, contrairement à ce qui est écrit par les journalistes. Le puits de la figure 4 est un puits récent. Sur certains forages, notamment ceux réalisés après la Seconde Guerre Mondiale, lorsque l’acier était rare, les tubes étaient seulement cimentés à leur base, sur 10 ou 20 mètres, avec quelques centaines de kilos de ciment, pour pouvoir récupérer le reste des tubes et les réutiliser ailleurs. Dans ces cas là, la réparation d’une fuite éventuelle devient carrément impossible. C’est un gros problème potentiel en Alsace, dans la région de Pechelbronn.
Pour le gaz de schiste, les niveaux potentiellement exploitables sont le plus souvent à grande profondeur (entre 2 000 mètres et 3 000 mètres). Celui qui exploiterait du gaz de schiste à la profondeur de 100 mètres pourrait être qualifié de totalement irresponsable. Une description d’un puits d’huile de schiste (shale oil) - mais la configuration serait la même pour le shale gas - est donnée par la diapositive n° 28 de la présentation de TOREADOR : http://www.toreador.net/images/presenta ... l_2010.pdf. Un tube de diamètre 7 pouces (17 centimètres de diamètre) est descendu jusqu’à la profondeur d’environ 2 150 mètres (diapositive n° 19), après que le profil du trou a atteint l’horizontale dans le niveau que l’on veut exploiter. Ce tube est cimenté à sa base, sur une certaine hauteur, non mentionnée dans la diapositive, mais de l’ordre de 500 mètres (à mon avis). Ce ciment est montré en gris. C’est de l’étanchéité de ce ciment qu’il est principalement question. C’est probablement lui qui présente un défaut d’étanchéité dans le puits de Talisman cité par Gilles, et qui préoccupe les autorités québécoises. Ensuite, une fois ce tube de 7 pouces posé et cimenté, et la cimentation vérifiée, le forage de la partie horizontale peut commencer en diamètre de 6 pouces (15 centimètres). On peut faire des drains très longs, de plusieurs kilomètres. Une fois le forage terminé, on le « coffre » avec un dernier tube, de diamètre 4 pouces et demi (10 centimètres de diamètre). Ce tube peut être cimenté sur toute sa longueur, ou, comme dans le cas de TOREADOR, équipé de « casing packers », des dispositifs destinés à assurer une étanchéité entre deux zones voisines. Ce n’est qu’après que l’on attaque la phase de fracturation hydraulique de la roche. Les fractures sont figurées en rouge sur la diapositive n° 28. On peut en faire autant qu’on veut, c’est juste une affaire de coût. En pratique, il est réalisé une fracture tous les 100 ou 150 mètres du drain horizontal. Les modélisations mathématiques du développement des fractures dans les roches sont bien au point, notamment grâce à tous les travaux de mécanique des roches conduits en laboratoire. On arrive ainsi à conclure sur quelle distance verticale une fracture peut se développer. Cette distance dépend beaucoup des « épontes » (les couches géologiques au-dessus et au-dessous), mais d’une façon générale, le développement vertical d’une fracture dépasse rarement 75 mètres. Si le drain horizontal est à la profondeur de 2 150 mètres comme dans le cas de TOREADOR, on peut considérer que la fracture ne remontera pas plus haut que 2 075 mètres.
C’est la grande profondeur des couches de gaz de schistes ou d’huile de schistes, associée à la rapide chute de pression dans les couches qui contiennent les hydrocarbures (qui dirige les flux éventuels vers les couches en question plutôt que depuis les couches en question, en vertu d’une loi physique simple qui veut que les fluides s’écoulent vers les zones à moindre pression), qui assurent au mieux la protection des aquifères de surface. Maintenant, le problème principal reste la qualité de la cimentation de la colonne verticale (la colonne 7 pouces dans le cas de la diapositive n° 28), qui doit être parfaite. Mon message était simplement que ce défaut peut affecter n’importe quel puits, qu’il soit de gaz de schiste ou autre.
On peut, et on doit, contester le bien-fondé de l’exploitation des gaz de schistes, mais il faut le faire sur les problèmes spécifiques à cette activité - développement vertical des fractures, quantité et toxicité des liquides utilisés pour les fracturations, élimination des déchets toxiques, impact sur la ressource en eau, etc. - mais pas sur un problème qui concerne tous les types de puits forés, de façon indifférenciée.




Ils dénoncent les permis d’exploration accordés l’an dernier par l’Etat à plusieurs compagnies pétrolières dont celle de Julien Balkany, vice-président de Toréador. Les forages expérimentaux de cette société à la recherche d’huiles de schiste doivent effectivement débuter dès qu’il fera moins froid, dans l’Aisne et en Seine-et-Marne.

Précisons aussi que les sous-sols en France appartiennent à l'Etat et non aux communes ou à des particuliers, c'est donc l'Etat qui donne ou non les autorisations !

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