Je souhaitais apporter une précision sur une remarque lue dans une discussion sur l'EPR. Pour ne pas polluer cette discussion sur l'EPR par du hors-sujet, j'en crée une nouvelle.
Admin a écrit:On ne va pas revenir sur le sujet mais 17% est un chiffre exact, par contre il concerne le pourcentage dans la production d'énergie totale ... pas seulement l'éléctricité certes ! M. Sarkozy avait faux avec son chiffre quel que soit la proportion dont on parlait, de plus, il s'est planté dans le type de génération de l'EPR ... Donc il ya plus d'erreurs du côté du candidat de droite sur ce point !
Ce chiffre est exact numériquement, mais a-t-il vraiment un sens physique ?
Si on compte en énergie primaire, il me semble que la part de l'énergie nucléaire est plutôt de l'ordre de 35 à 40%.
Et si on compte en énergie finale consommée, ce qui est aussi une méthode aussi tout à fait acceptable, ce rapport de 17% est un peu bizarre parce qu'il ne tient pas compte du rendement des convertisseurs utilisant d'autres sources d'énergie.
Dit autrement, on peut compter de deux façons :
- En énergie primaire : chaleur produite par la fission dans un réacteur nucléaire, par la combustion dans une centrale au gaz, par la combustion des carburants utilisés dans les transports
- En énergie utile, effectivement consommée : électricité, énergie mécanique effectivement délivrée par les moteurs, etc.
Dans le premier cas, on se place en amont des convertisseurs énergie primaire->énergie utile, dans l'autre en aval. Le rapport entre les deux dépendant du rendement de chaque convertisseur.
Je pense que ce chiffre de 17% n'a pas de sens physique parce qu'il correspond au rapport de deux quantités de nature différente : électricité nucléaire/énergie primaire totale (donc une énergie utile divisée par une énergie primaire).
Ce qui aurait un sens physique est :
r1 = électricité nucléaire/énergie utile totale
ou
r2 = chaleur nucléaire primaire/énergie primaire totale
Pour calculer correctement r1, il faudrait tenir compte du rendement de chaque dispositif : de la même façon que ce qui nous intéresse dans un réacteur nucléaire est l'électricité qui en sort, ce qui nous intéresse dans un moteur automobile est l'énergie mécanique finale, pas le pouvoir calorifique du carburant. Il y a des cas où l'énergie primaire est pratiquement égale à l'énergie utile (chauffage par combustibles fossiles par exemple), mais une part très importante des combustibles fossiles est utilisée dans des dispositifs dont le rendement est plus faible que celui des turbines des réacteurs nucléaires.
Je n'ai pas fait le calcul exact, mais étant donné le faible rendement des moteurs à explosion, je ne serais pas surpris que r1 soit finalement assez proche de r2, compris entre 30 et 40%, et donc très différent de ce chiffre de 17% souvent cité.
Pour ceux qui ont la patience de se lancer dans ce calcul, les statistiques sont disponibles sur le site de l'Agence Internationale de l'Energie, pour chaque usage de l'énergie (production électrique, transport, chauffage, etc.).
Après, suivant ce qu'on veut démontrer, on choisit les chiffres qui conviennent, et ça m'étonnerait qu'il y ait beaucoup de politiciens qui comprennent ces subtilités...
A+



