de zouzou » Dim Mar 26, 2006 11:46 am
Le grand écart
Les coûts annuels varient de façon conséquente. Entre les filtres Culligan et Dom'Source, comptez du simple au double: 64,60 euros par an pour le premier, 136,50 euros pour le second. Le prix au litre creuse encore les écarts entre les modèles. Il oscille en effet entre 0,01 et 0,08 euro. C'est le filtre Culligan qui fournit l'eau la moins chère. Avec la carafe Kenwood équipée de sa cartouche antinitrates, le litre d'eau coûte huit fois plus. Nos calculs sont établis hors prix d'achat des matériels, qui n'est pas négligeable. Le filtre Générale des eaux services bat des records à 106 euros. À titre de comparaison, 1 litre d'eau de source Cristaline vendue en bouteille revient à 0,12 euro, sans aucun coût supplémentaire d'investissement. Et l'eau du robinet coûte en moyenne 0,0026 euro le litre.
Chlore
Laissez l'eau reposer
Débarrasser l'eau du robinet de ses teneurs en chlore, c'est un mérite indéniable des carafes et des filtres sur robinet. Tous les modèles testés parviennent à ramener les solutions enrichies à 0,1 mg/l en dessous de 0,03 mg/l. Ils éliminent cette odeur et ce goût jugés si désagréables en France, même s'ils sont considérés dans d'autres pays, les États-Unis en particulier, comme un gage de qualité. L'eau du réseau est d'ailleurs enrichie jusqu'à 1mg/l de chlore outre-Atlantique quand elle n'excède pas 0,1mg/l en France. Inutile cependant d'investir dans une carafe ou un filtre pour le chlore, nous nous sommes livrés à un petit exercice avec l'eau du robinet. Nous l'avons testée à peine versée puis l'avons laissée reposer pendant une heure avant de procéder à une nouvelle analyse. La concentration en chlore était ramenée à un niveau très bas. Il s'était évaporé. Mettre l'eau en carafe avant de la boire constitue donc un remède antichlore aussi efficace que les dispositifs de traitement, sans leurs inconvénients et sans surcoût.
Résultats mitigés
Dès la fin de cette année, l'eau distribuée devra respecter une teneur maximale en plomb de 25 µg/l. Actuellement, la norme en vigueur est encore de 50 µg/l. En 2013, en revanche, la limite maximale sera ramenée à 10µg/l. Mais, attention, l'eau distribuée n'est pas toujours identique, en matière de plomb, à l'eau qui coule au robinet. Si les conduites intérieures, c'est-à-dire après compteur, sont en plomb ou en alliage de plomb, elles peuvent se charger de particules toxiques pour la santé. Nous avons donc évalué l'aptitude de tous ces dispositifs à retenir le plomb. Les résultats sont relativement corrects. La plupart se situent en dessous du seuil de 20 µg/l. Les appareils qui n'abaissent pas le plomb en deçà de cette limite sont pénalisés. Seul le filtre Générale des eaux services se caractérise par des résultats supérieurs à la moyenne, mais son colmatage le pénalise (voir "Colmatage des filtes"). Le filtre Dom'Source ne revendique pas la filtration du plomb et ne doit donc pas être acheté dans ce but.
Peu de candidats
Une seule carafe, la Kenwood, propose une cartouche antinitrates. Au cours de la première semaine, les analyses étaient très satisfaisantes. De 50 mg/l de nitrates avant filtration, l'eau tombait à 0,35 mg/l. Mais, au fil des prélèvements, la capacité de la cartouche à retenir cet élément polluant a diminué. Au bout d'une dizaine de jours, l'eau filtrée affichait une concentration en nitrates de 28,6 mg/l au lieu de 0,35.
Attention, elle augmente
Zéro défaut du côté des carafes testées en laboratoire sur le plan de la flore microbienne, la performance a de quoi réjouir. Mais notre enthousiasme est sérieusement refroidi par les analyses effectuées chez un certain nombre de particuliers utilisateurs. À l'usage, les carafes ne tiennent pas les promesses du neuf. Côté filtres, en revanche, c'est moins brillant. Alors que la recommandation fixe la limite à 100germes/ml, le filtre Brita a fait monter cette concentration jusqu'à 200 000 ! L'eau du filtre Culligan a titré jusqu'à 50000, celle du Dom'Source à 2100. Le filtre Générale des eaux services est le seul à n'avoir jamais excédé 20 germes par millilitre.
Nous avons analysé la flore totale (quantité de micro-organismes revivifiables à 22 °C) sur l'eau du réseau puis sur l'eau filtrée afin d'évaluer son état sanitaire après passage en carafe ou en filtre. Une teneur élevée traduit une perte d'efficacité.
Gare au relargage
De l'argent dans l'eau filtrée par les carafes, c'est la contrepartie de l'absence de microbes. Les sels d'argent possèdent en effet des propriétés antibactériennes. Jusqu'à récemment, la teneur de l'eau potable en argent devait rester inférieure à 10 µg/l. Mais le décret de 2001 sur les eaux destinées à la consommation humaine a supprimé cette limite, après réévaluation des seuils de nocivité de l'argent. Enrichir l'eau du robinet en argent ne présente néanmoins aucun intérêt d'ordre sanitaire. Sachant que l'eau du réseau affichait moins de 0,5 µg/l, nous avons pénalisé les modèles qui multipliaient cette valeur de façon conséquente, en particulier ceux qui font monter les concentrations de l'eau en argent au-dessus de 10µg/l. Les carafes Brita et Culligan atteignent respectivement 21 et 19µg/l. Pénalité également pour les modèles qui relarguent de l'argent sans prévenir l'usager. C'est le cas de toutes les carafes, hormis Brita, qui a l'honnêteté de le signaler sur sa notice.
La teneur en argent de l'eau filtrée est également mesurée pendant les deux premières semaines. Cet essai est réalisé sur les seules carafes, les filtres n'étant pas traités à l'argent.
Deux pénalisés
Les filtres Générale des eaux services et Dom'Source ont stoppé leur filtration avant la fin du test. Ce colmatage prématuré par rapport aux autres modèles a fait l'objet d'une pénalité.
A noter
Meilleur choix
Pas de meilleur choix cette fois. Les fidèles lecteurs de nos tests seront sans doute étonnés de cette absence. D'autant qu'avec une note globale de 14/20, la carafe Brita et sa concurrente Kenwood n'ont pas démérité. Pas question pourtant de recommander ces modèles. Les analyses réalisées chez un certain nombre de lecteurs démontrent en effet qu'à l'usage, la filtration en carafe entraîne une augmentation de la quantité de bactéries présentes dans l'eau. Or, le risque microbien demeure le problème sanitaire majeur de l'eau potable. Il est inadmissible de la dégrader sur ce point. Nous nous refusons donc à conseiller un modèle.
Pour ne pas rester en carafe
L'eau filtrée, nos essais le prouvent, a perdu son chlore. Le goût de l'eau y gagne, la protection contre les bactéries y perd. À température ambiante, la flore microbienne va se développer d'autant mieux qu'elle n'a plus d'obstacle. Une eau filtrée doit donc être placée au réfrigérateur en toutes circonstances et en toutes saisons. Buvez-la dans les 24 heures.
- La cartouche doit baigner dans l'eau en permanence, même hors période d'utilisation. Attention, ne consommez pas cette eau si elle a stagné plus d'une journée.
- Après un changement de cartouches, filtrez quelques litres sans les consommer pour éviter tout relargage de charbon actif.
- Notez la date d'installation de la cartouche et changez-la régulièrement. Une cartouche saturée peut présenter des risques de relargage. Les éléments retenus dans la cartouche pourraient se retrouver dans l'eau de boisson en quantité.
- Pensez à laver votre carafe régulièrement, comme vous le feriez pour n'importe quel pichet à eau.
Des indicateurs pas très fiables
Les témoins d'usage ne brillent pas par leur précision. Certains indicateurs mentionnent juste le mois d'installation. Pour une cartouche à changer chaque mois, mieux vaudrait connaître le jour ou au minimum la semaine. Les indicateurs électroniques décomptent à chaque remplissage ou de jour en jour. Pour les filtres sur robinet, c'est encore moins simple. La couleur change sur le Dom'Source, tandis que le filtre Brita décompte, sans que l'on sache si c'est en litre ou en nombre d'utilisations. Il semble que ce soit l'action sur le levier qui compte, que l'on tire un seul verre ou plusieurs litres à la fois.