Des soupçons sans aucun élément relié à Charles Rivers
Charles Rivers élève des animaux de laboratoire. L’acte qualifié de « terroriste » est l’incendie de deux camions de la société, revendiqué par l’ALF. L’enquête est menée par le parquet de Paris par le procureur Fanny Bussac (anti-terrorisme).
Les trois militants ont été emmenés (deux avec les menottes) et mis en garde à vue, respectivement pendant 35 heures, 38 heures, et 58 heures. Les personnes arrêtées sont Sébastien Lorca, président de l’association « Dignité Animale »
http://www.dignite-animale.com/, Johan Couderc, adhérent de Dignité Animale, Titouan Couderc, président de l’association « Le glaive »
www.le-glaive.com. Sébastien Lorca a été interrogé par des hommes de la section spéciale anti-terroriste du parquet de Paris, qui étaient la veille sur l’affaire de la SNCF dans la capitale. Les deux autres militants ont été interrogés par des gendarmes locaux en liaison avec le parquet de Paris.
Ces militants n’ont rien à voir avec cet incendie, la brigade anti-terroriste n’a d’ailleurs aucune preuve. Le hic, c’est qu’à cause de la loi anti-terroriste, les gendarmes ont le droit de mettre en garde à vue qui ils veulent sans preuve. La garde à vue peut durer jusqu’à 96 heures, et ce sans présence d’un avocat pendant les 72 premières heures. Au terme des 96 heures, le procureur peut décider une détention préventive en attendant le procès, détention qui pourrait durer une année (ou quatre ans, selon différentes sources). Ces décisions peuvent être prises avec des « preuves » très minces.
Les gendarmes ont également interrogé plusieurs personnes (dont une pendant six heures sans interruption et sans repas), perquisitionné chez ces personnes, et réquisitionné des ordinateurs et documents personnels et du matériel militant. Pendant une perquisition, les gendarmes ont menacé de brûler du matériel militant. Les gendarmes ont refusé de dire si le matériel serait rendu et quand.
Ces faits ressemblent malheureusement à ce qui s’est produit en Autriche : la confiscation du matériel nuit au travail des associations, les garde à vue et les interrogatoires avaient entre autres pour but d’intimider les militants. Les gendarmes ont d’ailleurs clairement dit à l’une des personnes interrogée que leur objectif était d’empêcher que le mouvement pour la cause animale (légal comme non légal) se développe, comme en Angleterre par exemple.
Il paraît très important de réagir, de ne pas se laisser abattre, pour garder notre liberté d’expression, gravement menacée par cette loi anti-terroriste et l’usage qui en est fait.
Les personnes mises en garde à vue et des personnes dont l’ordinateur a été réquisitionné ont décidé de prendre des avocats. Les médias seront contactés d’ici peu.
Nous pouvons aussi agir, à nous de voir ce qu’il est possible de faire, peut être :
- constituer un ou des comités de soutien
- soutenir financièrement les personnes (les frais d’avocat sont coûteux)
- faire circuler l’information
- dresser une liste de contacts auprès de qui adresser des courriers de protestation.
- prêter du matériel informatique aux personnes dont l’ordinateur a été réquisitionné.
- Lutter pour modifier la loi anti-terroriste et ses dérives (pour en savoir plus, voir le lien ci-dessous)
Toutes les idées sont les bienvenues !
Dans l’immédiat, il paraît bon de se donner une semaine de réflexion et d’attendre l’entretien avec l’avocat avant de lancer un comité et récolter de l’argent si cela s’avère nécessaire.
Par contre, dès à présent, vous pouvez faire circuler l’information (ce texte par exemple, écrit par moi avec l’accord des personnes citées), et prêter du matériel si vous en avez.
Une autre chose qu’il est possible de faire : Dignité Animale a prévu une marche contre la fourrure à Lyon samedi 29 à 14 heures, la manifestation est maintenue, et même co-organisée finalement par Dignité Animale et Le Glaive, histoire de montrer que l’intimidation policière et que les tentatives de casser les mouvements militants ne fonctionnent pas ! Ce serait bien que des gens viennent aussi en signe de soutien, vous pouvez faire passer l’info.
Pour plus d’information sur les lois anti-terroristes en France, cela nous concerne tous !
http://www.hrw.org/fr/reports/2008/07/0 ... -circuit-eEdifiant ! Un petit extrait :
« IV. L'association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste
La particularité de la loi est qu'elle nous permet de poursuivre des personnes impliquées dans une activité terroriste sans avoir à établir un lien entre cette activité et un projet terroriste précis. C'est la grande différence avec la situation à l'étranger où vous devez avoir un lien avec un projet précis. » (Jean-Louis Bruguière, alors chef de file des juges d'instruction antiterroristes)
Ce texte de Martin Niemöller, ce pasteur protestant, arrêté en 1937 et envoyé au camp de concentration de Sachsenhausen puis transféré en 1941 au camp de concentration de Dachau, où il écrivit ces lignes que vous devez connaître…
«Quand ils sont venus chercher les communistes,
Je n’ai rien dit,
Je n’étais pas communiste.
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,
Je n’ai rien dit,
Je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste.
Quand ils sont venus chercher les juifs,
Je n’ai pas protesté,
Je n’étais pas juif.
Quand ils sont venus chercher les catholiques,
Je n’ai pas protesté,
Je n’étais pas catholique.
Puis ils sont venus me chercher
Et il ne restait personne pour protester.»
Cécile.