yoda a écrit:(...)
Pour répondre à la question d'origine, je pense que si la décroissance ne fait pas un tabac, c'est sans doute dû à la jeunesse du concept, au manque de communication qui est fait autour, et aussi parce que la décroissance n'est pas aussi évidente que le DD.
Pour s'opposer au DD, il faut croire que l'homme ne peut pas avoir d'action sur le climat, qu'on trouvera bien du pétrole, qu'on peut cultiver de plus en plus intensivement, que la biodiversité est facultative, que la pollution c'est juste rendre les paysages plus moches etc. Ou bien affirmer n'en avoir rien à carrer de l'avenir et des générations futures. Nous ne manquons malheureusement pas d'information pour nous démontrer que l'avenir sans DD est ingérable. Depuis Rio en 1992, ça commence à se savoir, et on a même trouvé le concept solution qui permet d'allier humanitaire, respect des peuples et respect de l'environnement.
En bref : le DD, on sait que c'est nécessaire, on sait que c'est positif, et on sait aussi que c'est sans contre-indication. Si les Africains peuvent avoir l'électricité à partir du solaire ou d'éoliennes sans passer par le charbon, qui va s'en plaindre.Etre pour la décroissance nécessite plus. Déjà, il faut savoir ce que c'est. La plupart des gens, quand ils en ont entendu parler, l'associent la décroissance à de l'anti-humanitaire, à toute opposition au développement des plus pauvres... conséquence du fait que la communication est assez faible. Et peut-être mauvaise, enfin quand on voit sur ce forum comment
"Compte supprimé" a démonté la décroissance en prétendant la défendre, il y a de quoi se poser des questions
C'est assez étrange ce discours "non au DD" qui fait passer les décroissants pour des racistes s'opposant au développement des pays pauvres.Mais même une fois que l'on sait de quoi on parle, sa nécessité n'est pas aussi évidente que celle du DD. Déjà, on entend constamment le discours économiste sur la nécessité de la croissance pour enrayer le chômage, la dette et faire baisser les impôts. Ensuite, le lien entre croissance et consommation des ressources/pollution n'est pas si évident que ça. La plupart des gens seront capables de citer des exemples de croissance qui sont sans effet, voire bénéfique sur notre empreinte planétaire. S'il est sûr et certain que l'on ne peut s'en sortir sans DD, concernant la décroissance, ce n'est pas si évident. C'est ma conviction personnelle, mais c'est improuvable, et certains discours économistes tendent à faire croire qu'une économie de services peut concilier croissance et respect de l'environnement.
En bref :la décroissance on ne sait pas toujours ce que c'est, et quand on le sait, on n'est pas sûr que c'est nécessaire. De plus, ce n'est pas sans contre-indication, puisque dans notre système économique c'est néfaste, et qu'on n'en a pas d'autre sous la main testé et approuvé pour la mettre en oeuvre, ce qui exige une prise de risque. (cependant, c'est comme pour le principe de précaution, là le risque est plus grand de s'en passer que de la tenter, donc ça ne doit pas être bloquant).
1) L'idée de Décroissance est antérieure à celle du DD.
http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9cro ... conomie%29Le concept de décroissance trouve son fondement théorique chez différents écrits et penseurs du XXe siècle. Parmi les pères de la décroissance, on peut trouver le Club de Rome et
Nicholas_Georgescu-Roegen sur des aspects théoriques et techniques, mais aussi Jean Baudrillard, André Gorz et Ivan Illich qui avancent des idées assez proches de celles proposées par des économistes contemporains comme Serge Latouche.
L'intérêt porté par les mouvements décroissants à l'articulation de l'individuel et du collectif, via la démarche de simplicité volontaire notamment, les amènent à trouver dans
les écrits de Gandhi une base théorique à leur réflexion sur la place de chacun dans la société.Origine des mouvements décroissants
Les mouvements en faveur de la décroissance peuvent trouver comme précurseurs le vieux courant de pensée anti-industriel du XIXe siècle, situé à la lisière du christianisme et de certaines tendances du socialisme, qui s'est notamment exprimé en Grande-Bretagne à travers John Ruskin et le mouvement Arts & Crafts (1819-1900), aux États-Unis à travers Henry David Thoreau (1817-1862) et en Russie à travers Léon Tolstoï (1828-1911). On pourrait aussi citer comme autres précurseurs possibles, le luddisme, mouvement de sabotage sélectif de certaines machines,
et aussi les premières formes du syndicalisme ouvrier.La critique de la société de consommation véhiculée par ces mouvements, et l'esprit du mouvement antipub souvent proches de la décroissance, peuvent trouver des similitudes sur certains points avec les courants de pensée soixante-huitards, ainsi que certaines thèses de l'Internationale situationniste. Cette influence n'est cependant pas totale, car les décroissants adoptent généralement une vision plus réformiste que révolutionnaire.
2) LE DD on sait ce que c'est. JUSTEMENT.
3) Je ne vois pas où j'ai démontré que les décroissants étaient des "racistes s'opposant au développement des pays pauvres".
J'ai cité une définition de la Décroissance
ici à laquelle tu t'es bien gardée de répondre:
http://fr.ekopedia.org/D%C3%A9croissanceExtrait:
De manière générale, la décroissance se définit comme l'état de ce qui décroît : une diminution. On doit ce concept de décroissance en économie aux travaux révolutionnaires de l'économiste roumain émigré aux États-Unis, Nicholas Georgescu-Roegen (1906-1994).
La décroissance est un concept politique qui affirme que la croissance économique généralisée n'est pas acceptable pour l'environnement. Bien souvent, on rajoute le qualificatif soutenable (ou aussi celui de viable) au concept de décroissance pour spécifier que la la diminution de production de biens ne doit pas être incontrolée et mener à la "barbarie".
Autre extrait:
Principes
Cette décroissance doit être:
soutenable (supportable). La croissance dans un monde fini nous amène à une décroissance subie composée de crises, voire d'effondrements. L'idée de la décroissance soutenable est de nous épargner cette décroissance « insoutenable », cette « croissance ratée ».
équilibrée (en proportions harmonieuses). Pour éviter les crises et pour que personne ne soit exclu, trois processus doivent se combiner simultanément : réduction de la consommation (du « vouloir d'achat »), réduction de la production et partage (du travail notamment).
démocratique (pouvoir à tous les humains). La réorganisation à différents niveaux de la société et le partage requièrent davantage de « démocratie » : plus participative et directe.
conviviale (prenant en compte l'intérêt d'autrui autant que le sien), écologique (respect des écosystèmes), sociale (respect entre humains), positive, culturelle (…) La décroissance matérielle (physique) et économique doit laisser la place à de nombreuses autres croissances (qualitatives en grande partie) : des relations désintéressées, du temps pour soi et pour les autres, de l'équité, de la santé, de la chaleur humaine, de la nature, de la sécurité, de l'art, de la perception de ce qui nous environne, de la poésie, de l'empathie et ceci dans une grande variété...
équitable (du latin oequitas, égalité). Elle s'applique en premier lieu aux 20% favorisés de ce monde vivant principalement dans les pays industrialisés, mais concerne tout le monde lorsqu'il s'agit de « décoloniser l'imaginaire » lié aux modèles consuméristes et productivistes. Il s'agit d'une décroissance différenciée de façon à tendre vers une société plus juste dans les pays industrialisés et mondialement.
innovante (introduisant des nouveautés). Il s'agit d'une remise en cause de la situation actuelle (faite notamment d'autoroutes et des centrales nucléaires...), afin de créer un futur fondé sur une moindre consommation de ressources, dans lequel l'innovation a intégré la notion de limite, plutôt que de tenter de s'en soustraire. Certaines innovations feront l'objet de débats démocratiques et seront refusées si elles font fi de limites éthiques ou écologiques (OGM, Nucléaire, Nanotechnologies, etc.).
diversifiée. Le but de la décroissance est d'atteindre une société soutenable où chaque mode de vie est unique tout en étant potentiellement généralisable et partageable. L'urgence et la gravité des problèmes éco-sociaux impliquent des démarches à portée et échéance diverses. La diversité se comprend aussi en terme de croyance ou non-croyance idéologique ou spirituelle sans qu'aucune ne soit mise en avant.
ciblée et globale. Elle n'implique pas une décroissance à tous les niveaux pris séparément: les alternatives agricoles, énergétiques ou de transport soutenables (etc.) doivent croître, mais en créant une réduction plus importante des portions agricoles, énergétiques ou de transport non-soutenables de l'économie.
locale. Elle est fondée sur des économies de proximité ouvertes, mais se mesure à un niveau global. À ce titre une décroissance locale qui entraîne une croissance ailleurs ou dans le futur n'est pas une décroissance.
transitoire. Elle doit constituer une étape jusqu'à une société soutenable, juste, durable écologiquement, démocratique, participative, répondant aux besoins humains, localisée, d'une grande diversité culturelle, écologique et ethnique en chaque lieu, globale, ouverte, et dont l'économie est stationnaire. Cette société soutenable constitue une « utopie réalisable sans cesse renouvelée » dont les caractéristiques précises se réajustent au fur et à mesure.
Je n'ai jamais prétendu m'opposer à la satisfaction des besoins humains dans les pays du Sud: AU CONTRAIRE et je te défie de me citer et de trouver la moindre ambiguïté dans un seul de mes messages.
Mon engagement politique n'oppose pas (contrairement à toi) les pauvres des pays riches à ceux des pays pauvres.
4) Je ne fais que dénoncer "l'entourloupe" que constitue le DD en voulant sauver politiquement la croissance aux côté des idéologues et conservateurs du capitalisme. Dire que Décroissance et DD ne sont pas "incompatibles" c'est vouloir aggraver la confusion en voulant noyer la Décroissance dans la soupe du Green washing -DD.
Ce sont deux tendances opposées, je ne suis pas le seul à le penser et c'est mon seul propos.
Les faits me donnent, il me semble, raison:
-Du DD, on en voit partout. La notion n'est pas "coûteuse"...
-Je n'ai pas beaucoup vu de tenants du DD soutenir activement les renversements de dictature dans les pays arabes.
-Par contre, ils soutiennent les institutions de l'UE et se sont tus pendant des décennies sur la Françafrique. Les Verts, par exemple, ont participé sans la moindre gêne à des gouvernements
contre lesquels Eva Joly a elle-même enquêté. Ils se sont toujours montrés très discrets sur la politique étrangère de la France et il a fallu le soulèvement en Tunisie pour entendre Cécile Duflot parler de Ben Ali. Les zécologistes "politiques" semblent découvrir le problème aujourd'hui.
Alors que:
http://www.les-renseignements-genereux. ... web-a5.pdfOn peut lire en page 15 et suivantes:
Quarante ans de Françafrique, ce sont des millions de morts, des centaines de milliards de francs détournés, des peuples méprisés, des milliers d’assassinats :
-Génocides, massacres, tortures : massacre des Bamilékés au Cameroun de 1957 à 1970 (des centaines de milliers de victimes), complicité de génocide au Rwanda en 1994* (un million de morts), litanie de massacres au Tchad (au moins 100 000 morts depuis 1980, des dizaines de milliers de personnes violées et torturées), installation, formation, équipement et absolution de polices tortionnaires, etc.
-Des assassinats de personnalités symbolisant l‘émancipation de l’Afrique : les présidents togolais et burkinabè Sylvanus Olympio (1963) et Thomas Sankara (1987), l’assassinat en plein centre
de Paris de l’opposant tchadien Outel Bono (1973) ou de Dulcie September, représentante du parti antiapartheid de Nelson Mandela
(1988), etc. Sans compter les innombrables assassinats ou morts sous
la torture de “gêneurs” ordinaires, tel le journaliste burkinabè Norbert Zongo
(1998).
-Des assassinats de ressortissants français : notamment au Cameroun (plusieurs prêtres et religieux), en Guinée équatoriale, à Djibouti (assassinat du juge Borrel en 1995).
* cf. brochure Rwanda 1994 (brochure Survie) et les travaux de la Commission d'Enquête Citoyenne
(
http://cec.rwanda.free.fr) présentés dans L'horreur qui nous prend au visage, ouvrage collectif, Karthala, 2005.
-Des guerres : guerre du Biafra en 1967, guerre civile en Angola de 1975 à
2001, au Liberia entre
1989 et 2003, en Sierra Leone depuis 1991, au Congo-Brazzaville
(1997-2003). Quelque trois millions et demi de morts au total.
-L’investiture “démocratique” des dictateurs par un truquage systématique des élections (au Cameroun, au Togo, au Tchad, au Gabon, à Djibouti, en Mauritanie, au Congo-Brazzaville, etc.).
-Une incroyable prédation des richesses pétrolières, minières et agricoles,
remplacées par une dette abyssale et inique.**
Cette liste peut paraître caricaturale. Elle n’est pourtant pas exhaustive. Vous trouverez des exemples précis dans les ouvrages présentés en bibliographie.
Attention, nous n’affirmons pas que seuls les réseaux français cités précédemment sont la cause de ces atrocités. Nous affirmons néanmoins que toutes ces opérations ont, au minimum, reçu des soutiens logistiques, militaires ou financiers français.
La responsabilité de nombre de nos représentants politiques est en jeu.
Tous les Présidents de la République et leurs Premiers ministres depuis 1958 cultivent ou tolèrent ce système devenu chaotique, incontrôlable et criminel, aux caisses noires gigantesques. L’opposition gauche/droite est largement dépassée. Presque toutes les personnalités de ces partis « de gouvernement » – c’est-à-dire les partis de droite et le PS – sont pris dans l’engrenage françafricain.
"Un ministre, ça ferme sa gu... ou ça démissionne".
Entre faire quelques petites choses pour l'écologie et la liberté des peuples, la vie des opposants , les tenants du DD ont choisi.
Je n'ai donc pas de leçon à recevoir concernant la misère et les souffrance entretenus par TOUS les gouvernements (dont TOUS les ministres font partie) au nom du développement et du sous développement depuis...très longtemps.