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Manso a écrit:Si nous étions dans le domaine de la finance, l’attitude consistant à compter sur un surcroît de naissance pour le paiement de retraites s’appellerait de la cavalerie: rembourser un emprunt en en souscrivant un autre plus lourd encore... On sait bien que cela se finit toujours douloureusement.
Manso a écrit:Que dirions-nous s’il s’agissait d’une autre espèce?

"Il y a 2 choses qui sont infinies, l'univers et la bêtise humaine. Quoique pour l'univers je n'en suis pas sûr" Albert Einstein 



Réponse très simple : tirs de régulation siffle

Manso a écrit:On sait que la pérennité du financement des retraites constitue un des arguments favoris des tenants d’une forte natalité. L’erreur fondamentale de cette position est de mettre le doigt dans un engrenage infernal: s’il faut plus d’enfants que précédemment pour assurer les retraites cela ne finira jamais. S’appuyer ainsi sur une croissance continue relève d’un calcul à courte vue car si les jeunes sont bien les cotisants de demain, il ne faut pas oublier que ce sont aussi les retraités d’après demain. Nous allons d’ailleurs bientôt avoir l’occasion d’observer les conséquences de ce mécanisme ainsi que le montrent deux exemples à plus ou moins long terme:
- En France, si les régimes de retraites sont particulièrement menacés dans les deux ou trois décennies à venir c’est bien parce que vont devenir retraités les très (trop ?) nombreuses générations issues du baby boom qui a eu lieu juste après la seconde guerre mondiale.
- Personne ne semble imaginer ce que donnera l'Inde dans 60 ans quand les très nombreuses personnes nées ces 20 ou 30 dernières années seront âgées ou très âgées. Faudra-t-il que les indiens fassent des milliards de bébés pour régler le problème ? On voit bien qu'on entre dans le domaine de la folie et de l'irréalisme.



jujug a écrit:Cela dit, sauf erreur, si la population augmente au point de vue mondial, l'Europe et même la France ne voient leurs populations augmenter que grâce à l'apport d'immigrants car leurs fécondités sont sous le seuil de renouvellement.
Il faut donc faire très attention avec ce type d'analyse et surtout à l'interprétation du message qu'elle véhicule.
Au niveau mondial elle est sans doute vrai, mais le monde entier n'a pas de système de retraite donc l'analyse n'a pas lieu d'être sauf du point de vue de l'environnement (ce qui est déjà pas mal).
Au niveau français ou européen, par contre, la natalité étant déjà faible, la volonté de réduire la population des générations suivantes peut simplement se traduire par un très fort contrôle de l'immigration ce qui n'est pas le propre des systèmes politiques les plus libéraux qui soient en général.

Manso a écrit:Si on considère qu’il y a donc bien aussi un problème au sud, comment faire accepter des politiques consensuelles d’autolimitation de la procréation si dans le même temps un pays comme le nôtre continue à subventionner la natalité? Lire à ce sujet le commentaire #59 d’un "africain de base" sur http://www.seneweb.com/news/article/25509.php
Au final il semble bien que si une politique doit être mise en œuvre, pour être acceptée, il faut qu'elle soit la même pour tous:
favoriser la natalité jusqu’à 2 (pour des raisons de justice sociale) et supprimer (de façon non rétroactive) toute aide au-delà.



jujug a écrit:Certes. Mais cela revient à nier la géopolitique. Depuis un siècle l'Europe ne cesse de voir son importance dans la population mondiale diminuer. Elle est aujourd'hui le continent le moins peuplé devant l'Océanie. Adopter en ce moment une politique de limitation des naissances paraît un choix diplomatique des plus risqués.
Cela dit, sur un plan mondial, l'analyse est sans doute juste. Mais le village mondial ou la démocratie mondiale telle que vous les décrivez n'ont pas aboli les frontières et les rivalités diplomatiques qui pèsent lourdement sur le choix des politiques démographiques à mon sens.

Manso a écrit:Soit on pense que les problèmes actuels ne sont somme toutes pas plus important que ceux auxquels a dû faire face l'humanité depuis toujours et dans ce cas, une approche classique peut suffire.
Par contre, si on est convaincu que nous avons changé d'échelle et que l'espèce humaine en est à se poser la question de sa survie, alors les problèmes de "compétition numérique" inter-étatiques doivent être relégués au second plan.


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