RENNES, 4 juin 2006 (AFP) - "Covoiturez!": en Bretagne, ce mot d'ordre a le vent en poupe, porté par une association très active et des élus qui démarchent les entreprises et ouvrent des aires de stationnement réservées pour faciliter le partage des automobiles.
Dans un contexte de flambée des prix du pétrole, l'association Covoiturage+ s'appuie sur un argument fort: un "covoitureur" qui habite à 15 km de son
entreprise et qui transporte deux passagers réalise une économie de plus de 1.600 euros sur un an.
Basés à Rennes, les trois salariés de Covoiturage+ ont déjà convaincu de nombreuses entreprises, d'EDF à PSA, de favoriser ce mode de transport et de leur permettre de rencontrer leur salariés sur le temps de travail. Le message passe puisque l'association affiche près de 600 "covoitureurs" contre 300 il y a un an.
"Nous sommes les seuls en France à démarcher les entreprises et les
salariés. Des villes comme Aix-en-Provence ou Strasbourg nous ont contacté et envisagent d'importer cette méthode", explique Jacky Meunier, le président de l'association qui travaille avec l'Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie (ADEME).
"Nous définissons des zones d'actions. Sur chaque zone, on rencontre les directions d'entreprises, leurs salariés. Cela permet de développer des synergies entre elles", explique le président de Covoiturage+ dont le principal financeur est Rennes Métropole.
Pour avoir un impact important sur l'environnement, le covoiturage doit
inclure les trajets domicile/travail, alors qu'il est pour l'instant plutôt
développé sur des trajets longs et irréguliers, souligne l'association.
"Avant qu'on leur en parle, les gens trouvent que le covoiturage est une
bonne idée, mais pas pour eux", explique M. Meunier, "Ils disent: +je ne peux pas, il faut que j'aille chercher mon fils à l'école+ ou +il faut que je fasse mes courses le mardi+. Nous leur disons: +covoiturez donc à partir de l'école+ ou +faites vos courses le mardi, covoiturez les autres jours+".
Au total, une demande de covoiturage sur cinq enregistrées par l'association aboutit, ce qui "est énorme", souligne Gilles Petitjean délégué de l'ADEME en Bretagne.
Les offres de "Covoiturage +" sont aussi disponibles sur internet. Les
coordonnées des covoitureurs sont communiquées après une adhésion de 20 euros.
L'association s'engage à trouver une solution en cas de problème, comme un retard important sur le lieu de travail.
Le covoiturage est également encouragé par des collectivités locales, comme les conseils généraux du Finistère et du Morbihan qui ont ouvert des aires où chacun peut en toute sécurité laisser sa voiture avant de monter dans celle du voisin.
Le Finistère a en outre été le premier département français à lancer un site internet, gratuit, pour mutualiser les demandes. "C'est un grand succès", assure son président Pierre Maille (PS). Le Morbihan s'apprête à ouvrir le sien dans les prochains mois.
Les départements misent en particulier sur le rôle social du covoiturage, notamment pour les chômeurs qui n'ont pas de voiture ou les personnes âgées isolées. "Pour un intérimaire, aller au travail avec deux titulaires, ça peut être très important psychologiquement", souligne ainsi Joseph Kergueris, le président UDF du conseil général du Morbihan.
clc/jri/ds
J'aime bien le passage sur l'économie réalisée... De quoi montrer que, même si on pense que "c'est pour les autres".... on peut vite trouver des arguments motivants !!!









