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Consultation du MEDD sur les tirs de loups

Nous aborderons ici les thèmes liés à la Biodiversité. Nous essaierons d'appréhender ces débats et connaissances dans leur ensemble.

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Consultation du MEDD sur les tirs de loups

Messagede Ugatza » Mer Mar 30, 2011 11:31 am

Reçu cette information de l'ASPAS, Association pour la protection des animaux sauvages, dont je fais partie.
URGENT : destruction de loups, exprimez-vous !

Bonjour à toutes et tous,

Dans le cadre d’un projet d’arrêté fixant les conditions et limites dans lesquelles des dérogations aux interdictions de destruction peuvent être accordées par les préfets concernant le loup, une consultation publique est organisée jusqu’au 11 avril 2011. http://www.developpement-durable.gouv.f ... icle=21980

Il y a donc urgence à réagir !

En effet, l’ASPAS dénonce le principe même de réponse par le tir qui ne résoudra aucun problème car :
• ces mesures visent à limiter l'expansion du loup et non à réduire les dommages ;
• la notion de dommage "important" est contestable : 1 attaque dans l'année ou 2 attaques au cours des deux dernières années ;
• la notion de "troupeau protégé" n'est pas précisément définie ;
• le tir de prélèvement éliminera 1 loup au hasard, au risque de déstabiliser l’organisation de la meute et de finalement augmenter les “dommages” ;
• il serait désormais possible de recourir au tir autour de troupeaux même s’ils ne sont pas protégés ou ne subissent aucun dommage, mais uniquement parce qu’ils sont situés à proximité d'un troupeau qui en subit ;
• le tir de prélèvement peut avoir lieu en dehors de la présence de troupeaux, il n’est donc pas conçu pour en prévenir des dommages ;
• le loup restant une espèce protégée, les opérations de tirs ne devraient en aucun cas être confiées aux chasseurs, mais rester de la compétence de l'Etat et de ses services. Or, les chasseurs participent aux opérations de tir.

Il est bon de rappeler également :
• que le loup joue (avec les autres grands prédateurs) un rôle de dispersion sur les ongulés sauvages (cerfs, chevreuils, chamois...) et par conséquent sur la réduction des dégâts forestiers (abroutissement, écorçage) ainsi que sur la régénération forestière ;
• qu’il s'autorégule ;
• que sa présence a fait disparaître les attaques de chiens divagants ;
• qu’il a une valeur indéniable sur le développement éco-touristique des régions de moyenne montagne ;
• et qu’il est sans le savoir un allié du chasseur, puisqu'il garantit l'état sanitaire des populations d’ongulés et autres espèces dites “gibiers”.

Alors pour aider le loup, envoyez un mail dans lequel vous exprimez vos remarques, à l’adresse que communique le ministère :
protocole.loup@developpement-durable.gouv.fr

Par avance merci à tous

L’équipe de l’ASPAS et Mille traces
***************************
http://www.aspas-nature.org/
http://www.mille-traces.org/



Voilà le message que j'ai envoyé.
S'il peut servir de modèle, ne vous privez pas de vous en servir.

Madame la Ministre,

Je suis totalement opposé à toute mesure de tirs et de « régulation » de loups sous quelque prétexte que ce soit, pour les raisons suivantes.

Toute attaque certaine de loup (et dans 80 % des cas, de « non loups ») est indemnisée par le contribuable et j’en suis un.

Les conditions dans lesquelles s’exerce l’élevage sont extrêmement peu transparentes : les troupeaux ne sont toujours pas gardés en permanence et les attaques en ZPP ne sont pas toutes imputables aux loups, loin de là.

Aucune estimation sérieuse de la pression du braconnage n’est disponible : dans ces conditions, ajouter à celui-ci des tirs dérogatoires à la Loi relève de la mise en danger de l’espèce.

Augmenter le nombre de porteurs de fusil en ZPP rend tout contrôle et toute répression difficile, surtout dans un contexte où votre gouvernement réduit le nombre d’agents sur le terrain.

Je vous prie d’agréer, Madame la Ministre, l’expression de mes sentiments distingués.

Et voici le message qu'un autre militant de l'ASPAS, Michel, du forum Nature et Biodiversité a écrit.
Je trouve que c'est encore mieux.
Messieurs,

Les incohérences relevées dans votre "arrêté" :

Article 2 : Le nombre maximum de spécimens de loups (mâles ou femelles, jeunes ou adultes) dont la destruction est autorisée, en application de l’ensemble des dérogations qui pourront être accordées par les préfets, est fixé chaque année par arrêté ministériel

Il n'est pas précisé de quelle façon ce nombre maximum est déterminé, donc on peut normalement penser que cet arrêté ministériel en a fixé le nombre, non pas pour protéger les troupeaux des attaques mais pour limiter par des tirs « non sélectifs » l'expansion du loup, dans un premier temps, dans l'arc alpin. En effet, en Suisse il a été démontré par les analyses ADN, que le loup tué n'était en général pas celui qui avait attaqué le troupeau.
D'autant plus que le tir du mâle alpha peut entrainer la déstabilisation de la meute et entrainer des dommages plus importants aux troupeaux :

« Au cours du stage (réseau loup) ma conviction d’une régulation possible de la population de loups a été remise en question par une meilleure perception du fonctionnement biologique de l’espèce, qui adapte sa démographie au potentiel du site.
Ainsi, un loup tué pourrait entraîner la déstructuration de la meute avec pour conséquence un accroissement du nombre d’attaque sur le cheptel domestique. »

Eve Palaccios—Eleveur dans le nord Vercors (38) - cf : Quoi de neuf N° 21 page 5

Article 8 - On entend par « troupeau protégé » tout élevage bénéficiant de l’installation effective de mesure(s) de protection au titre de l’opération de protection de l’environnement dans les espaces ruraux portant sur la protection des troupeaux contre la prédation, en application de l’arrêté du 19 juin 2009 susvisé, ou de mesure (s) de protection jugée (s) équivalente (s) par les directions départementales des territoires (DDT) et des territoires et de la mer (DDTM).

Sachant que d'après l'arrêté du 19 juin 2009 cinq options peuvent être choisies :

― option 1 : gardiennage renforcé ;
― option 2 : parc de regroupement mobile électrifié ;
― option 3 : chiens de protection ;
― option 4 : parc de pâturage de protection renforcée électrifié ;
― option 5 : analyse de vulnérabilité.

Les options souscrites dans les CPEDER grands prédateurs sont définies en fonction des caractéristiques de la présence des prédateurs, de l'élevage et des pratiques de l'éleveur afin d'obtenir une meilleure protection possible des troupeaux contre la prédation.
Cet article n'indique en aucun cas le nombre de mesures qui doivent être présentes pour pouvoir en bénéficier. Il ne précise pas en outre si un quelconque rapport doit être établi sur les mesures de protection jugées équivalentes, et l'endroit ou on pourrait éventuellement consulter le dit rapport.

Article 10 – II - La présence permanente d’un ou de plusieurs chiens de protection auprès du troupeau, qui représentent un élément de dissuasion actif vis-à-vis du prédateur peut, après appréciation de la DDT ou DDTM, équivaloir à la mise en œuvre d’un effarouchement.

Cet article permet du fait de la présence de chiens de protection de sauter allègrement, la phase « effarouchement » et de passer directement aux tirs létaux.

Article 13 -
― ou le troupeau présente au regard de la récurrence des dommages une situation particulière caractérisée par un avis des services concernés
― ou le troupeau se situe à proximité d’un troupeau faisant l’objet d’une autorisation de tir de défense octroyée sur la base des conditions mentionnées aux alinéas précédents du présent article

Les alinéas de cet article permettent de faire des tirs de défenses ou de prélèvements même si le troupeau n'a subi aucune attaque, il suffit que le troupeau « voisin », la notion de voisinage, n'étant pas précisée, ait subi une attaque a la limite même sans victime !! (premier alinéa)

Article 24
I – Le préfet peut autoriser la poursuite des opérations de prélèvement au-delà de la période où les troupeaux demeurent dans les conditions où ils sont exposés à la prédation du loup.
II – Les dérogations correspondantes peuvent intervenir, à l’issue de la saison de pâturage, aux fins de prévenir la survenue probable de nouveaux dommages l’année suivante :
― En l’absence de destruction d’un loup au terme de la mise en œuvre d’une autorisation de tir de prélèvement dans les conditions définies à l’article 22 ;

Cet article indique clairement qu'un loup peut être abattu hors de la présence de troupeaux, ce qui confirme ce que j 'écrivais au début, cette directive veut encadrer des tirs faits seulement pour une « régulation » de l'espèce et en empêcher l'expansion.

Article 28
I – Les opérations de tirs de prélèvement sont réalisées sous le contrôle technique de l’ONCFS par toute personne compétente sous réserve de la possession d’un permis de chasser valide pour l’année en cours (du 1er juillet de l’année n au 30 juin de l’année n+1), et notamment des lieutenants de louveterie ou des gardes particuliers assermentés. Des chasseurs proposés par les fédérations de chasseurs peuvent également participer à ces tirs sous réserve qu’ils suivent une formation auprès de l’ONCFS. La liste des personnes habilitées à participer aux tirs de prélèvement autres que les agents de l’ONCFS est fixée par le préfet après avis de l’ONCFS.

A quand les « bracelets loups », comme ils existent déjà pour les chamois, les mouflons, les chevreuils ? Quel est l'intérêt de faire participer les chasseurs à ces tueries ?

Salutations
Ugatza
 

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