Si je puis me permettre une intervention au sujet du commerce équitable... il me semble qu'il y avait un autre post mais c'est important d'informer les gens susceptible d'aller à la célébration de MH....
Commerce équitable
mardi 14 novembre 2006, par marie hp
Bien qu’elles puissent être présentées comme polémiques, les différentes approches d’un commerce équitable soulèvent en réalité des questions de fond que d’aucuns refusent d’aborder en tentant de faire croire qu’il ne s’agit là que de querelles de clochers ou d’acteurs
Ces différentes approches, quelles sont elles ?
La première, dominante, consiste à définir le commerce équitable comme un secteur d’activité rassemblant des acteurs vertueux désireux de prendre en charge la défense des intérêts des « petits producteurs défavorisés » de l’hémisphère sud en assurant la distribution de leur production, produits alimentaires et artisanaux notamment. Ils prônent une distribution de masse, la fin justifiant les moyens, tous les moyens y compris les plus discutables. On peut citer pour illustrer, des campagnes de communication qui culpabilisent le consommateur, la négation de toute approche différente de la leur pour mieux préserver leurs intérêts ou encore, des alliances commerciales pas très « catholiques ».
Les principaux acteurs qui défendent cette approche ont défini, en leur sein et arbitrairement, un certain nombre de règles qu’ils imposent ou tentent d’imposer à toute personne souhaitant se réclamer d’un commerce équitable en France. C’est ainsi que l’on peut lire ici ou là « selon les règles internationales du Commerce Equitable », comme si ces règles avaient été définies sur la base d’actions de concertations des acteurs. En réalité, il s’agit là d’une tromperie destinée à déclencher l’acte d’achat chez un consommateur qui a bien du mal à y voir clair. Notez au passage le « du Commerce Equitable » qui ne laisse aucune ambiguïté sur le caractère sectaire de la démarche.
Mais revenons quelques instants sur les actions de communication en partant de l’une de celles, particulièrement éclairantes sur la façon dont le consommateur est instrumentalisé. Il y a peu, Max Havelaar France lançait une campagne de communication dont le slogan était « Achetez un café qui vous permette de dormir tranquille ». Que devons nous comprendre ? Serions nous coupable de quelque chose qui crée chez nous des insomnies ? Serions nous des nantis, responsables de la misère du monde ? Aurions nous commis des fautes que seul l’acte d’achat d’un paquet de café estampillé MHF puisse racheter ? Autant dire « Acheter comme on va a confesses ». Par ailleurs, ne serions nous que des consommateurs ? Notre bulletin de vote aurait il moins d’impact que l’achat d’un paquet de café ? Bizarrement, ce slogan est repris dans la communication du groupe Leclerc à l’occasion de la Quinzaine du Commerce Equitable. Décidément, qu’est ce qu’on nous veut comme bien ! ! Entre prendre soin de notre sommeil et protéger notre pouvoir d’achat M.E. Leclerc est véritablement un homme bon. Du moins, c’est ce qu’on voudrait nous faire croire. Que de mépris ! Ce manège pourrait tourner des lustres sans qu’on s’en inquiète s’il n’occultait pas une réalité douloureuse face à laquelle toute forme d’impuissance, d’irresponsabilité ou d’exploitation trouvent en ces pratiques une exonération à bon compte.
Et il est une autre catégorie d’acteurs et une autre approche d’un commerce équitable. Une qui n’a rien à se faire pardonner mais qui entend bien défendre ses convictions. Pour cela elle travaille plus qu’elle ne communique, elle débat plus qu’elle n’affirme, elle fait appel à l’intelligence plus qu’à la morale.
Cette autre approche appréhende la question de l’équité commerciale tout au long d’une filière économique et intègre à sa réflexion l’ensemble des acteurs de ladite filière, y compris et sans condition, les intermédiaires - transformateurs, transporteurs, importateurs,...- et bien entendu le commerçant. Elle réfute la conception « secteur d’activité » pour étendre la question à l’ensemble des acteurs économiques quels qu’ils soient, c’est une approche intégrative. Elle ne définit pas le commerce équitable, elle tente à partir de ses pratiques d’élaborer un modèle économique inscrit dans une démarche de développement durable. Elle ne défend pas un modèle de consommation de masse et privilégie la qualité des échanges à la quantité, dimension qui revêt un caractère particulièrement important dans une époque où la nature des enjeux environnementaux et sociaux ne nous invitent plus seulement à consommer autrement, mais à consommer moins. Aussi, l’idée qui consiste à utiliser l’intensification des échanges et la consommation comme seul levier de la croissance et du développement est elle aujourd’hui en complète contradiction avec les enjeux auxquels notre planète a à faire face. Citons pour mémoire, le discours de J. Chirac à l’ouverture du sommet de Johannesburg : « Si l’humanité entière se comportait comme les pays du Nord, il faudrait deux planètes supplémentaires pour faire face à nos besoins ».
Alors, querelles de clochers ou d’acteurs, sûrement pas ! ! Pourvoyeurs de chimères, tenants d’une idéologie civilisatrice compatissante, irrespectueuse et irresponsable, complices désargentés consciemment instrumentalisés, ce sont vos idées et vos pratiques manipulatrices que nous contestons et auxquelles nous continuerons de nous opposer. Parce qu’elles menacent notre avenir à tous.
Pour en savoir plus
http://minga.net/