Voilà un extrait de "nourrir la vie" Lylian Le Goff, que je trouve bien intéressant, même s'il date de 1997 :
Le développement de l'agriculture intensive a été planifié à la fin des années 50 (rapport Rueff-Armand), le secteur agricole devait perdre sa spécificité pour servir les intérêts du secteur industriel: en constituant un réservoir de main d'oeuvre eten devenant un client obligé des trusts pétrochimiques.
En 1958, il était prévu qu'un million cinq cent mille paysans se mettraient au service de l'expansion industrielle. 30 ans plus tard c'est plus de 3 millions d'entre eux qui ont quitté la terre.
En 1991, pour mieux maîtriser la production de céréales et protéagineux, , la mise en jachère est encouragée par une prime de 1500F/Ha versée par la CEE, et de 800F par l'état français.
En cinquante ans, le pourcentage de la population rurale est passé de 40 à 7%.
Pour répondre aux exigences de produire toujours plus, il faut investir : matériels mécanisés, infrastructures "clés en main" qui impliquent une dépendance totale depuis la fourniture de la semence-ou de l'animal à engraisser-jusqu'au circuit de distribution) et supporter des dépenses en produits intermédiaires (carburants, électricité, irrigation, engrais chimiques, pesticides, produits vétérinaires, etc...)
Alors qu'une agriculture respectueuse des équilibres biologiques est + autonome et obtient des espèces + robustes faisant l'économie e la majorité de ces dépenses.
Résultat : depuis 1960, l'endettement global des agriculteurs à doublé tous les 5 ans.
Depuis 1973 et sur une dizaine d'années, le revenu brut agricole baisse régulièrement alors que les productions sont stables (encadrement de la PAC) et que les charges d'exploitation ne cessent d'augmenter.
L'agriculture intensive est devenue un secteur avide d'énergie; elle en consomme bien plus qu'elle n'en produit en équivalents-pétrole.
Extrait de "nourrir la vie" docteur Lylian Le Goff 1997
autre extrait :
l'exemple de la Bretagne
Première productrice agricole des 22 régions françaises, la Bretagne assure 13% des recettes de la "ferme-france" avec 1 860 000 Ha de SAU, soit seulement 6% de la SAU française.
-60% de la production nationale pour les volailles, 53% pour le porc, 25% pour les bovins, 20% pour le lait.
-1/4 de la SAU est destinée au maïs (exigeant en eau et produits de traitements). Au total, l'agro)alimentaire participe pour 50% au CA régional.
La Bretagne paye un lourd tribut à la productivité :
-perte considérable de main-d'oeuvre : sur une trentaine d'années (de 1955 à 1988), tout en quadruplant sa production, l'agriculture bretonne a perdu les deux tiers de ses effectifs : 543 000 actifs en 1955 contre 171 000 en 1988
-concentration des exploitations agricoles : 85% de la production porcine est assurée par 5000 éleveurs et 90% de la production avicole par 1000 éleveurs
-faible revenu des agriculteurs (en constante régression): en 1983 il était de 12% inférieur au revenu agricole moyen national, et de 17% en 1987 (13° rang sur 22)
coûts d'exploitation importants en raison des consommations intermédiaires : celles-ci grevaient les productions de 25,8% en 1950, 40 ans plus tard, cette véritable taxe sur l'intensif s'élève jusqu'à 70%
-valeur ajoutée très faible : conséquence logique de ce qui précède, la Bretagne n'est que la 17° région de France sur 22, pour la valeur ajoutée relative par actif agricole... et classée 2° pour la valeur ajoutée rapportée à l'ensemble des industries agro-alimentaires ( source insee 1996). A l'évidence, rendement n'est pas synonyme de bénéfice pour ceux qui ont charge de produire à la ferme
-en prime, atteintes portées à l'environnement difficilement chiffrables, voire inestimables; bocage saccagé par le remembrement, paysages enlaidis par la prolifération des hangars d'élevage hors-sol, pollution de l'eau par épandages de lisier (*), les excès d'engrais et de pesticides.
Le taus moyen de nitrates des nappes phréatiques a été multiplié par 5 en 15 ans; les alertes rouges sont déclenchées périodiquement par voie de presse lorsque le taux de 50mg/L est largement dépassé.
Cependant, les pratiques intensives progressent toujours plus, avec notamment l'autorisation d'étendre des élevages hors-sol éxixtants ou de créer de nouvelles exploitations.
Ainsi, dans les Côtes d'Armor, pour une quarantaine de communes entourant Lamballe, l'excédent de lisier, évalué à 200 000m cubes en 1984, est passé à 700 000 m cubes en 1989.
Le taux de nitrates dans les cours d'eau de ce département a augmenté exactement dans les mêmes proportions : il a plus que triplé (pour atteindre jusqu'à 175mg/l dans le cours d'eau la Flora).
(*)Selon le comité d'orientation pour la réduction des pollutions des eaux par les nitrates, 10m3 de lisier de porcs équivalent à 3 sacs d'ammonitrates de 50kg+2 sacs d'engrais phosphatés+un sac d'engrais potassique (s'ajoutant aux 500 000 tonnes d'engrais chimiques utilisés chaque année en Bretagne), l'ensemble des élevages bretons produit 200 000 tonnes de déjections animales par jour (12,5 kg par porc et 0,20kg par volaille) soit l'équivalent d'un super pétrolier par jour et, sur l'année, d'un train de wagons-citernes de 15 000km de long.
Demain, je vous mets le modèle "agriculture biologique"!
Bonne soirée






qui parle me semble t'il de la nécessité de manger moins de viande !!





