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Jeu Juin 07, 2007 8:17 pm
Le 9 mai, à St Michel-sur-Orge, j'ai assisté à une conférence sur le thème « Croissance et développement durable » donnée par Gilles Rotillon, professeur à Paris X, auteur de Qui veut vraiment du développement durable ? (à paraître prochainement).
Voici les notes que j'ai prises au cours de cet exposé.
Le développement durable (DD), on en parle beaucoup et...on ne fait pas grand chose. G. ROTILLON en a eu confirmation lors d'une rencontre avec des fonctionnaires de l'INSEE qui avaient deux discours : celui de l'exposé officiel et celui tenu pendant le déjeuner.
Il y a une sorte de schizophrénie structurelle. A partir d'une définition « canonique » du DD (1987), une multitude d'interprétations (70 environ). Quelques exemples :
* les 3 piliers : l'économie, l'environnement et le social
* articulation (des mêmes domaines)
* approche transversale, systémique
* harmonisation entre court et long terme
* penser globalement, agir localement
* solidarité entre pays riches et pays pauvres ...
En fait, si l'on examine quelques graphiques, on constate que :
* l'aide au développement représente 0,4 % du PIB au lieu des 0,7 % demandés par l'ONU
* les USA sont les derniers ou avant-derniers (selon l'année) pour la lutte contre la concentration en CO2
* les aires forestières primaires (celles où se trouve la bio-diversité) sont en diminution
* les découvertes de gisements de pétrole décroissent, alors que la demande augmente
Pourquoi une telle différence entre l'affichage et la réalité ?
Une quadruple opposition :
* opposition citoyen/consommateur : 50 % connaissent le commerce équitable ; le commerce équitable représente 0,5 % du marché
* opposition citoyen/politique (pour ne pas dire politicien)
* opposition consommateur/entreprises, ces dernières entretenant de faux besoins
* opposition État/entreprises dans le partage entre bien public et bien privé.
Des contraintes existent. La réaction est « c'est la faute de l'autre ». La conséquence est : pas de changement.
La phrase de George Bush père "le mode de vie des Américains n'est pas négociable" est révélatrice d'un certain état d'esprit.
Où sont les blocages ? qui va payer et combien ?
Spirale infernale : les entreprises raisonnent à court terme, elles s'adaptent, elles n'anticipent pas. Les politiciens ont peur des réactions des électeurs à des mesures impopulaires. Les pays en voie de développement ne veulent pas perdre leur croissance. Les pays développés s'impliquent peu car ils doutent de l'efficacité d'une action isolée et attendent que les autres bougent.
Qui doit prendre l'initiative d'engager le processus ? pas le public, les politiques.
G. Rotillon propose 4 mesures pour la France :
* changer les règles du jeu politique : pas de mandat renouvelable
* réduire les inégalités. Quand on est dans la pénurie, on ne peut pas faire d'effort
* supprimer la publicité sur France Télévision et taxer la publicité sur TF1 !
Il cite l'ouvrage de Jared DIAMOND Effondrement qui pose la question « pourquoi des sociétés ont disparues ? ». Pour l'auteur, quatre facteurs peuvent concourir à l’effondrement d’une société : le changement climatique, la dégradation de l’environnement, des rapports de dépendance avec des partenaires commerciaux, l’hostilité des voisins. Le livre traite aussi les cas de survie à long terme de sociétés, comme l'île de Tikopia, qui a pris, vers 1600, la décision politique d'éliminer totalement l'élevage du porc sur l'île, car il consommait trop de légumes farineux. Pour notre société les trois premières conditions de disparition sont réalisées. Et la 4ème ?
G. ROTILLON répond par l'affirmative. La Chine et l'Inde s'adaptent mieux à la mondialisation que les pays occidentaux. On peut trouver une explication dans l'existence d'un système de hiérarchie (castes) dans ces pays.
Au cours du débat qui suit l'exposé G. ROTILLON ajoute ou confirme, en réponse à des questions :
* il faut savoir se passer du pétrole (carburant, engrais, plastiques...), et ce dans les 10 ans à venir ;
* il faut changer nos modes de transport, y compris des marchandises ;
* il faut revoir le contenu de la croissance ;
* faut s'engager personnellement, en évitant la schizophrénie. Il évoque les vélos fabriqués en Chine et vendus dans la grande distribution française ;
* il faut une éducation à la taxe. La taxe est un bon outil pour guider le comportement, à condition toutefois que son montant soit adapté.
Que pensez vous de cet exposé et en particulier des propositions de G. Rotillon ?
Je suis en partie d'accord...
D'accord entièrement sur le constat (mais il y a beaucoup plus à constater)...
Sur les propositions:
Pas de mandat renouvelable: non.
Pourquoi décider de ça a priori alors qu'on peut ne pas renouveler un mandat par un vote pour un autre candidat?
Ce sont les institutions (scrutin majoritaire à deux tours et élection du Président au suffrage universel direct, pour des pouvoirs quasi monarchiques) qu'il faut changer pour les remplacer par les élections proportionnelles intégrales.
Le Président doit avoir moins de pouvoir et être élu par le Parlement qui devient ainsi souverain, comme dans une vraie république.
Revoir le contenu de la croissance? Non.
Revoir le contenu de la consommation, de la production pour les réduire.
Mieux répartir (par la rupture avec les lois du marché), y compris internationalement.
Les autres propositions sont très peu développées, mais a priori, je suis d'accord.
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Yves Animateur
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Posté le:
Jeu Juin 07, 2007 10:52 pm
Merci pour ton opinion.
Pour le mandat non renouvelable, je ne me souviens pas que G.R. ait développé. C'est vrai que ça paraît incongru.
Pour la croissance, je suis assez d'accord. Il voulait dire que, nous les "nantis" pouvons revoir qualitativement notre croissance (une croissance qui ne serait pas destructrice) et que les peuples défavorisés ont besoin de développement pour accéder à un minimum de "confort" (nourriture, éducation, eau potable...)
Ah ben, là aussi, je suis d'accord.
Pour qu'il y ait une décroissance globale, ce sont les riches de tous les pays (il y en a aussi dans les pays pauvres) qu'il faut "dégraisser"...
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Yves Animateur
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Posté le:
Ven Juin 08, 2007 8:47 am
les dégraisser ou bien les convaincre de se dégraisser eux mêmes ?
Ou ... qu'ils comprennent leur intérêt à "dégraisser", car qu'ils le fassent juste par bonté de coeur me paraît peu probable !
J'ai regardé l'émission "Complément d'Enquête" hier et un intervenant expliquait que les patrons bossaient maintenant sur la valeur ajoutée sociale et environnementale de leurs entreprises car c'était important notamment pour garder leurs cadres ...
Car les cadres souhaitent maintenant travailler avec une entreprise qui dégage une image respectueuse de l'environnement et du social ! C'est ce qu'ils appellent je crois, la "valeur sociétale" ...
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Posté le:
Ven Juin 08, 2007 8:11 pm
non non, mais c'est pas c.. du tout !
Quand j'étais en activité (c'est comme ça qu'on dit) j'en étais arrivé effectivement à cette conclusion : pour convaincre les décideurs (notamment dans la prise en compte des facteurs humains dans les projets...démarche sociotechnique, etc) il faut arriver à valoriser (en €) les gains ou pertes selon les solutions adoptées.
Alors pour cela, évidemment, il faut déjà faire un recensement le plus exhaustif possible des différents impacts plus ou moins cachés...et puis après, ce qui n'est pas le plus facile, traduire ça en chiffres !
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