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Le centre se trouve aujourd'hui au coeur d'une intrigue qui met en jeu une crainte bien actuelle : celle d'une dissémination incontrôlée de combustible nucléaire dans un pays miné par la corruption - la République démocratique du Congo (RDC, ex-Zaïre) - où, après dix années de guerre civile, tout est à reconstruire, à commencer par un Etat.
A entendre les responsables du CREN-K, le centre serait parfaitement sûr. Des policiers - invisibles le jour de notre visite - patrouilleraient vingt-quatre heures sur vingt-quatre et le système d'éclairage nocturne, hors d'usage, serait sur le point d'être rénové. Quant à l'érosion - un cratère de 15 m de profondeur et de 10 m de large s'est creusé en 2000 à proximité -, elle serait "maîtrisée".
Alors que le Congo-Kinshasa se débat dans ses difficultés, le Centre d'études nucléaires est, aux yeux de ses 200 chercheurs et employés, un des rares objets de fierté et un symbole de souveraineté. Ils finissent pourtant par admettre une réalité qui leur fend le coeur : le réacteur est à l'arrêt depuis 2004. Antique, le pupitre de commande électrique "n'était plus très fiable", et aucun budget n'a permis de le remplacer.
Un physicien, pilier du centre, s'insurge contre les pressions américaines en faveur de la fermeture du CREN-K : "Pourquoi cette suspicion ? Laissez-nous exercer nos responsabilités !", peste-t-il.
Pourtant, le vol de deux barres d'uranium, dans les années 1970, dont l'une aurait été retrouvée, des années plus tard, entre les mains de la mafia sicilienne, reste dans les mémoires. Et l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), qui vient d'inspecter le site, préfère manier la litote, déclarant ne pas être "terriblement satisfaite par la sécurité" au CREN-K.
Dans un rapport qui cite un document de l'AIEA datant de 2004, le sénateur belge Alain Destexhe a estimé que "10 % des mesures de protection et des normes internationalement reconnues étaient en place". Il en a conclu la nécessité de "démanteler le réacteur" de Kinshasa.
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