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Lun Fév 12, 2007 1:30 am
Puisque commence le procès de l'Erika...
Un petit papier faisant le bilan :
Citation:
RENNES, 8 fév 2007 (AFP) - Des collectivités aux professionnels du tourisme en passant par les conchyliculteurs, les victimes de la marée noire de l'Erika évaluent le préjudice économique de la catastrophe à plus d'un milliard d'euros, une somme bien plus élevée que les indemnités déjà reçues.
"Si vous ajoutez le préjudice écologique, dont plusieurs collectivités comme les régions Bretagne et Pays-de-la-Loire entendent également obtenir réparation, il faut doubler ce montant", estime Yann Hélary, président de l'Association interrégionale Ouest littoral Solidaire (AIOLS), qui regroupe d'importantes collectivités locales parties civiles.
"Mais ce n'est rien comparé aux bénéfices dégagés par Total", affréteur du pétrolier qui a déversé 19.000 tonnes de fioul en mer et souillé 400 km de côtes du Finistère sud à la Charente, ajoute le vice-président (Verts) des Pays-de-la-Loire. Total a dégagé un bénéfice record de 12 milliards d'euros en 2005.
L'AIOLS base son évaluation du préjudice écologique sur une étude de l'Institut national de recherche agronomique (Inra) dont elle ne veut pas publier les détails avant le procès de la catastrophe.
Le montant des indemnités réclamées ne sera fixé qu'à la fin de l'audience où comparaissent 15 personnes physiques ou morales, dont Total, selon les avocats.
L'enjeu pour les parties civiles est d'obtenir de meilleures indemnisations que celles accordées par le Fonds international d'indemnisation pour les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures (Fipol), qui juge "astronomiques" les sommes réclamées.
Alimenté par des taxes sur l'industrie pétrolière des Etats membres, l'agence dispose de 184 millions d'euros, dont 128 ont déjà été versés pour répondre à 5.665 demandes jugées recevables (sur 6.700 examinées environ) pour l'Erika.
Le principal dommage économique concerne le tourisme, à hauteur de plusieurs centaines de millions d'euros, selon une étude diffusée par les Pays-de-la-Loire en 2001. De son côté, l'Etat a chiffré son préjudice à 153 millions d'euros.
Les activités maritimes ont également été touchées à hauteur de plusieurs dizaines de milliers d'euros. Des paludiers des Salines de Guérande aux ostréiculteurs, plusieurs professions avaient interrompu leur production par précaution.
Le préjudice des pêcheurs à pied, qui ont perdu deux millions de journées de pêche, a été évalué à 100 millions d'euros.
Quant aux dommages sur la biodiversité, ils restent "incommensurables car on connaît peu la faune et la flore marines", indique Christian Buchet, directeur du centre d'études de la mer de l'Institut catholique de Paris.
Selon une étude des associations pour l'environnement LPO et Bretagne vivante, de 110.000 à 150.000 oiseaux ont été tués par l'Erika, contre 19.000 à 37.000 pour l'Amoco Cadiz qui avait pourtant déversé 227.000 tonnes de pétrole en mer.
"L'écosystème marin a souffert sur le coup mais, sept ans après, les conséquences sont très probablement négligeables", estime toutefois Gilles Bocquené, chercheur à l'Ifremer (Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer). "La catastrophe écologique a été évitée grâce aux bénévoles qui ont ramassé le pétrole".
"Les marées noires ne représente que 2,5% d'une pollution marine qui vient avant tout de la terre", nuance aussi Christian Buchet.
AFP 081158 FEV 07
J'y ajoute aussi celui faisant le point sur la législation européenne :
Citation:
BRUXELLES, 8 fév 2007 (AFP) - Depuis la marée noire provoquée par le naufrage de l'Erika en 1999, l'Union européenne a mis en place petit à petit des mesures pour mieux contrôler les bateaux et retirer des eaux européennes les plus dangereux.
Trois mois après la catastrophe de l'Erika le 12 décembre 1999, la
Commission européenne, pressée par l'opinion publique, avait proposé une série de réglementations pour renforcer la sécurité dans les eaux communautaires, où transite chaque année environ un milliard de tonnes de pétrole.
Renforcement du contrôle des navires dans les ports européens, bannissement des "bateaux-poubelles" les plus dangereux, contrôle plus étroit des sociétés de certification des navires, accélération du remplacement des pétroliers à simple coque par des pétroliers à double coque...
Mais les Etats membres ont mis du temps à adopter ce premier paquet
législatif dit "Erika I", provoquant la colère de la Commission lors du naufrage du Prestige en 2002.
L'UE "aurait pu et aurait dû éviter" cette nouvelle marée noire, avait alors dénoncé la commissaire aux Transports Loyola de Palacio, estimant que la catastrophe n'aurait pas eu lieu si les Etats membres avaient suivi son calendrier pour le retrait des pétroliers à simple coque.
C'est finalement depuis 2003 qu'aucun pétrolier à simple coque transportant des pétroles lourds ne peut plus entrer ou sortir des ports de l'UE. En 2005 s'est ajoutée l'interdiction du transit de ces pétroliers à proximité des côtes européennes.
Les 27 sont également obligés d'inspecter au moins 25% des navires faisant escale dans leurs ports.
L'UE a d'autre part mis en place un système de sanctions minimales contre les auteurs de pollutions maritimes. En cas de marée noire ou de rejets polluants provoqués "de manière intentionnelle, par imprudence ou par négligence grave", tous les acteurs de la chaîne sont punissables, de l'armateur à l'équipage en passant par la société de classification chargée de vérifier l'état des navires.
Le paquet législatif "Erika II" a également créé l'Agence européenne de la sécurité maritime chargée de la lutte contre la pollution en mer et du contrôle de la construction et de la maintenance des navires.
La Commission a enfin présenté à l'automne 2005 le paquet "Erika III", qui veut renforcer encore les contrôles des navires à risque et établir une liste de refuges où les bateaux en difficulté pourraient être remorqués pour empêcher un pollution majeure touchant plusieurs Etats membres.
Mais ces mesures sont encore en discussion. "Il est urgent de compléter et de renforcer encore le dispositif européen en matière de sécurité maritime", a déclaré fin janvier le commissaire européen aux Transports JacquesBarrot.
AFP 081013 FEV 07
Idzia Koala
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Posté le:
Mar Fév 13, 2007 4:10 pm
J'espère vraiment que les responsables de pareils désastres seront jugés comme il faut...
D'ailleurs :
"En nommant ce mardi, sauf changement de dernière minute, Christophe de Margerie au poste de directeur général de Total, le conseil d'administration du groupe pétrolier sait qu'il laisse les rênes à un homme qui incarne à la fois la continuité et une forme d'originalité.
Comme son prédécesseur, Thierry Desmarest, qui conservera les fonctions de président, Christophe de Margerie a gravi un à un les échelons de la sixième "major" mondiale en termes de capitalisation boursière (la quatrième par le chiffre d'affaires), ce qui confirme que Total privilégie la promotion interne plutôt que l'appel à des personnalités extérieures au groupe.
Mais contrairement à Thierry Desmarest et à la quasi-totalité des grands patrons français, celui qui présidait jusqu'à présent aux destinées du joyau du groupe, le pôle amont (exploration & production) qui représente l'essentiel des bénéfices de Total, n'est pas sorti d'une grande école.
Christophe de Margerie, né le 6 août 1951, marié et père de trois enfants, n'est en effet "que" diplômé de l'Institut universitaire de technologie et de l'Ecole supérieure de commerce de Paris ("Sup de co"). Entré chez Total à 22 ans, en 1974, il n'en est pas sorti depuis.
"Il n'est pas dans les réseaux traditionnels dans la mesure où il n'est pas diplômé d'une grande école, pas l'Ena, pas l'X,, c'est à dire les parcours qui sont dans les centres d'influence français, donc c'est peut-être plus là où il doit faire ses preuves et où il est attendu", a commenté un analyste sous réserve d'anonymat.
Mais, en dehors de la supposée insuffisance de son carnet d'adresses, Christophe de Margerie, immédiatement reconnaissable à sa moustache comparée par certains à celle d'un morse, à celles arborées par les Prussiens de 14-18 par d'autres, est unanimement reconnu par sa compétence et sa connaissance des métiers du pétrole.
UN ENVIRONNEMENT DIFFICILE, UN DEFI STRATEGIQUE
Bon vivant, apprécié pour son humour par ses collaborateurs, Christophe de Margerie a par exemple souvent été présenté comme "M. Moyen-Orient" par Thierry Desmarest, une région dont il a eu la charge dans les années 1990.
C'est d'ailleurs à ce titre qu'il a passé, en décembre dernier, soixante-quatre heures en garde de vue dans le cadre de l'enquête menée par le juge Philippe Courroye sur des commissions occultes versées lors du programme "Pétrole contre nourriture" mis en place par l'Onu en Irak à la suite de la première guerre du Golfe.
Il ne s'agit pas là du seul dossier délicat que devra gérer Christophe de Margerie puisque s'est ouvert lundi le procès de l'Erika, le pétrolier affrété par Total dont le naufrage, en décembre 1999, a provoqué une gigantesque marée noire sur les côtes de l'Atlantique.
Le groupe Total, jugé avec 12 autres personnes physiques et morales du tribunal correctionnel de Paris, a plaidé non coupable lors du premier jour d'audience.
On peut encore citer l'explosion de l'usine AZF dans la région de Toulouse et les accusations répétées portées par des organisations humanitaires contre Total en Birmanie, où, selon elles, par sa présence, le groupe soutient la junte militaire en place.
Mais Christophe de Margerie qui, en tant que membre de la famille Taittinger, n'aurait pas eu besoin de travailler, ne semble pas craindre les défis.
Dans une interview accordée récemment au Financial Times, il a au contraire abordé le sujet de préoccupation numéro un des compagnies pétrolières - à savoir l'après pétrole - en affirmant que Total devrait un jour ou l'autre s'intéresser au nucléaire.
"Il aurait pu être le roi du brut (champagne) il a choisi à la place d'être le roi du brut (pétrole)", a dit Pierre-Emmanuel Taittinger au sujet de son cousin de Margerie."
On n'est pas du même monde...
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Lord69 Modérateur
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Posté le:
Mar Fév 13, 2007 7:53 pm
C'est un procès décisif : si rien n'en sort, nous verrons augmenter les catastrophes.
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Mr.ecologie Animateur
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Posté le:
Mer Avr 04, 2007 12:46 am
Affaire de l'Erika Total assure n'avoir rien su d'un risque de pollution la veille du naufrage.
Voici un article de l'A.F.P en date du 03/04/07:
Citation:
Erika: Total assure n'avoir rien su d'un risque de pollution la veille du naufrage
Total a assuré mardi n'avoir eu aucune connaissance d'un risque de pollution la veille du naufrage de l'Erika, au procès de cette catastrophe qui avait provoqué une gigantesque marée noire sur 400 km de côtes françaises.
Depuis l'ouverture du procès il y a près de huit semaines, Total dit n'avoir connu les difficultés de l'Erika que le 11 décembre 1999, veille du naufrage, vers 20H00.
Encore le groupe est-il alerté presque par hasard. Le correspondant français de l'armateur, Eric Gergaud, de l'agence maritime Pommé, vient d'être mis au courant des problèmes du bateau, qui gîte sous une grosse tempête.
"Comme Total est un gros client de l'agence", explique-t-il à la barre, il passe par dessus son obligation de confidentialité envers l'armateur et prévient par téléphone Dirk Martens, directeur des opérations de Total-Londres, en vacances dans sa Belgique natale.
"Je lui ai dit ce que je savais: que le bateau était en difficulté au large de la Bretagne, avec une forte gîte, qu'il avait des fissures sur le pont, se dirigeait vers le port de refuge de Donges et avait perdu un peu de cargaison en mer", raconte-t-il, ayant parlé de "quelques m3".
"C'est faux, il n'a pas parlé de pollution. Il n'a pas stipulé les raisons de l'escale à Donges", sur l'estuaire de la Loire, rétorque M. Martens.
Une fois alerté, il prend contact avec l'équipe de Total dont le permanent découvre sur son téléphone portable un message du capitaine Karun Mathur, "plutôt rassurant", parlant de "situation redressée et sous contrôle", dit M. Martens.
Devant le décalage entre ce message mesuré et l'alerte d'Eric Gergaud, cet ancien capitaine de pétrolier décide d'en avoir le coeur net en entrant en contact téléphonique direct avec le commandant.
Celui-ci lui parle de gîte redressée après la rupture de paroi entre une citerne de cargaison et une de ballast, d'une fissure d'un mètre sur deux centimètres sur le pont et dit qu'il va vers Donges, tout cela d'un ton laissant "une impression sereine, reposée, de maturité", assure M. Martens.
Entre-temps, le courtier de l'Erika est entré en liaison avec l'armateur qui lui a affirmé que "tout était sous contrôle".
"En fin de soirée, on était dans une situation plutôt rassurante", résume M. Martens.
Le lendemain, vers 08H10, le bateau se brisait en deux.
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