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En février, Lille Métropole a adopté un plan environnemental de 90 actions, fruit de quatre ans de travail avec les 87 communes de l'agglomération. Concrètement, six chantiers vont démarrer à partir de cette année. Afin de s'engager dans la lutte contre le réchauffement climatique, Lille Métropole va mettre en place un "plan climat" d'économie d'énergie pour les bâtiments et les transports publics. Dès 2007, les bus urbains rouleront grâce à l'utilisation de déchets valorisés.
Les autres chantiers portent sur la sensibilisation du public au développement durable. "Pour faire comprendre pourquoi il est urgent de changer les comportements, explique Simone-Astrid Scharly, présidente de la commission développement durable de Lille Métropole, nous allons montrer les réalisations de notre collectivité. Tout le monde est convaincu qu'il faut changer nos habitudes. Mais, à titre individuel, très peu sont convaincus de l'urgence."
En ville, les techniques d'aménagement durable vont être généralisées à travers un assainissement pluvial alternatif, la récupération des eaux de pluie et l'utilisation de matériaux recyclés. La place du vélo sera renforcée, et des actions ciblées vont porter sur la qualité environnementale et l'habitat, le tri, le réemploi des déchets et l'agriculture biologique.
Mais le projet le plus spectaculaire porte sur la réalisation d'un quartier de haute qualité environnementale. Des expérimentations existent déjà à l'échelle de bâtiments dispersés dans la métropole et dans la région. Mais Lille Métropole veut aller plus loin et cherche un site - pour 10 000 habitants - où seraient maîtrisés les besoins en énergie, en espaces, en déplacements, le tri sélectif, etc.
L'objectif est "d'expérimenter l'application du développement durable à l'échelle d'un quartier (...) en concertation avec les habitants", explique-t-on à la Communauté urbaine de Lille. Mais, prévient Mme Scharly, il n'est pas question de "faire de ce quartier témoin un truc pour bobos, mais au contraire d'y intégrer la mixité sociale". Restent les questions du lieu et du coût, encore difficilement estimable. "L'urgence écologique, insiste Mme Scharly, va de pair avec l'urgence sociale. Les personnes les plus défavorisées sont en effet les plus éloignées des préoccupations environnementales."
Aucun "écoquartier" de cette taille n'existe aujourd'hui en France, alors qu'on en trouve des exemples dans de grandes métropoles européennes comme Stockholm, Hanovre, Fribourg ou Malmö.
Philippe Allienne
Article paru dans l'édition du 11.03.06
Bravo Mme AUBRY et Mme SCHARLY
Enfin un projet environnemental de grande envergure ... pourvu que cela donne des idées aux autres villes ...
Après Chalon sur Saône, on a Lille ... à qui le tour :?: :?:
Dernière édition par Admin le Dim Fév 11, 2007 12:49 am; édité 1 fois
Nimzegin Eléphant
Inscrit le: 03 Déc 2005
Messages: 1362
Posté le:
Ven Mar 10, 2006 8:08 pm
Je crois qu'il n'y a que les grandes villes qui peuvent se le permettre, car ils ont des élus aux bras longs, mais surtout beaucoup de moyens
_________________ Il y a pire que le bruit des bottes : le silence des pantoufles !
Lord69 Modérateur
Inscrit le: 12 Oct 2005
Messages: 3975
Localisation: Villeurbanne (pas loin de Lyon)
Posté le:
Sam Mar 11, 2006 10:23 pm
Non je ne crois pas que ce soit réservé au grande villes : mais le problème c'est que dans les petites villes, o na peur de ne pas être réélu car l'écologie y passe encore parfois mal....
Votre poubelle vaut de l'or... La communauté urbaine de Lille (LMCU) veut récupérer le méthane dégagé par la décomposition des ordures ménagères pour faire rouler ses bus. Les 85 communes (1,1 million d'habitants) laissent chaque année un tas de déchets équivalant à une pelouse de football de la hauteur de la tour Eiffel. La Commission européenne a justement lancé un partenariat des villes aux biocarburants et LMCU a été chargée du management complet du projet Biogasmax regroupant 28 partenaires européens. Pierre Mauroy, président (PS) de LMCU, a présenté le dossier vendredi 24 mars à Lille, en présence des quatre collectivités les plus engagées, la région de Göteborg (Suède), les villes de Stockholm (Suède), Haarlem (Pays-Bas) et Rome (Italie).
"En France, le biocarburant liquide est focalisé sur l'éthanol, regrette Paul Deffontaine, vice-président (PS) de LMCU chargé des déchets urbains. On pense toujours au gaz issu des productions agricoles, mais rarement à celui émanant des ordures. Ce qu'on veut faire de manière industrielle se produit naturellement !"
L'idée est d'éviter la dissipation du méthane issu des résidus urbains, qui induit le réchauffement de l'atmosphère, mais aussi de produire un carburant à source renouvelable. L'originalité lilloise est de réaliser cela à grande échelle.
UNE FLOTTE DE 150 BUS
Le Centre de valorisation organique (CVO) en construction à Sequedin sera unique en Europe. D'abord par sa taille. A partir de 2007, il traitera 108 000 tonnes de déchets par an. Le plus gros centre, actuellement en Allemagne, recueille 50 000 tonnes. "Ensuite, explique Paul Deffontaine, nous aurons un garage de 150 bus directement branchés sur le biogaz. Cela n'existe pas ailleurs, excepté en Suède, mais en plus petites unités. En Allemagne, ils transforment en électricité l'énergie produite par la méthanisation."
La rivalité avec les Scandinaves a poussé LMCU à prendre le management complet du projet européen et à édifier le CVO sur l'ancien site industriel de la Pierrette. "Nous voulions être aussi novateurs que les Suédois", ajoute Paul Deffontaine : Stockholm et Göteborg ont prévu d'équiper de sept stations-service au biogaz l'autoroute E20 (500 km) qui les relie.
Le combat contre les lobbies énergétiques n'est pas gagné. "GDF a tendance à nous ignorer, explique Pierre Hirtzberger, un technicien de LMCU. Le gazier réfléchit à un compresseur à domicile qui permettrait de recharger en gaz sa voiture durant la nuit." LMCU ne cherche qu'à alimenter 150 bus et, éventuellement plus tard, les flottes automobiles des collectivités, entreprises ou sociétés de taxis. Une autarcie verte à une échelle modeste.
Actuellement, 100 bus roulent au gaz naturel, dont quatre déjà au biogaz grâce à la "digestion" de boues d'épuration à la station de Marquette-lez-Lille. Paul Deffontaine voit néanmoins deux nuages s'accumuler devant lui : "Il existe, d'une part, une méfiance devant un gaz provenant d'ordures, alors qu'on ne fait qu'accélérer le processus de fossilisation, qui dure des siècles : le biogaz n'a pas plus de germes que le gaz de ville ! D'autre part, il ne faudrait pas être taxé, ce qui rendrait le procédé trop coûteux..."
Geoffroy Deffrennes
Article paru dans l'édition du 28.03.06
S'il commence à naître une émulation sur ce type d'actions entre la France et les pays nordiques, c'est total bénéfiques pour nous tous ...
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