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Je vous livre un article de Le Monde sur une interview de Bernard Vaissière, spécialiste de la pollinisation à l'INRA, c'est clairement alarmant
« Le Monde » a écrit:
Sur l'ensemble de la planète, les abeilles sont en déclin (Le Monde du 30 août). Ces pollinisatrices essentielles peuvent-elles disparaître ?
Il y a cinq ans, j'aurais considéré cette hypothèse comme totalement futuriste. Aujourd'hui, je la prends au sérieux, car le déclin se mesure désormais à l'échelle mondiale. Chez les populations sauvages comme chez l'abeille domestique.
Sur tous les continents, et de plus en plus souvent, les productrices de miel meurent dans des proportions trop importantes à la sortie de l'hiver. En Europe, nombre d'apiculteurs ont dû mettre la clé sous la porte. Aux Etats-Unis, où l'on parle d'un "syndrome d'effondrement des colonies", 25 % du cheptel aurait disparu pendant l'hiver 2006-2007. En ce qui concerne les abeilles sauvages (soit mille espèces différentes en France), le doute a subsisté plus longtemps. Mais le débat a été récemment tranché par deux publications scientifiques. La première, parue dans Science en juillet 2006, démontre que les populations en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas ont considérablement baissé depuis la fin des années 1970. La seconde, émanant de l'Académie des sciences des Etats-Unis, concluait en octobre 2006 au déclin significatif des pollinisateurs en Amérique du Nord (Canada, Etats-Unis, Mexique).
S'il n'y a plus d'abeilles dans le monde, que se passera-t-il ?
Un bouleversement sans précédent dans l'histoire de l'humanité. Actuellement, plus de 80 % des espèces de plantes à fleurs dans le monde et 80 % également des espèces cultivées en Europe dépendent directement de la pollinisation par les insectes : des abeilles, pour l'essentiel. Le plus souvent, d'autres agents, comme le vent ou l'autopollinisation passive, contribuent également à leur reproduction sexuée. Mais, sans les butineuses, la plupart des cultures n'atteignent plus une production satisfaisante. C'est le cas de nombreuses espèces sauvages (romarin, thym, lavande, moutarde), des arbres fruitiers (pommiers, poiriers, abricotiers, amandiers), des grandes cultures oléagineuses (colza, tournesol) et protéagineuses, des cultures maraîchères (cucurbitacées, tomates, fraises). Et aussi des semences de crucifères (radis, choux, navets), d'ombellifères (carottes, céleri, persil) et d'alliacées (oignons, poireaux). Difficile d'imaginer un repas auquel les abeilles ne soient pas associées de près !
Un monde sans fleurs, sans fruits ni légumes, est-ce cela qui nous menace ?
Il y a un an, une étude internationale a évalué, pour la première fois à cette échelle, la dépendance aux pollinisateurs de la production agricole mondiale. Elle s'est intéressée aux 115 cultures les plus importantes, directement utilisées pour l'alimentation humaine dans plus de 200 pays. Conclusion : rapportée au tonnage, 35 % de la production de nourriture dépend des insectes.
Concrètement, la disparition des abeilles ne signifie donc pas que l'espèce humaine mourra de faim, puisque 60 % des cultures - principalement les céréales comme le blé, le maïs et le riz - ne sont pas concernées. Mais la diversité alimentaire en serait profondément altérée.
Pourra-t-on suppléer, par la technique ou l'élevage, à l'absence des pollinisateurs naturels ?
Aucune des solutions envisagées n'est satisfaisante. Polliniser les cultures par des espèces d'élevage, comme on le fait déjà avec des bourdons pour les tomates sous serre ? Peu réaliste en plein champ. Les polliniser manuellement, à l'instar de ce qui est mis en oeuvre pour la vanille ? Non rentable à grande échelle. Augmenter techniquement la pollinisation par le vent ? Plusieurs entreprises s'y sont déjà essayées dans le monde, qui avec des hélicoptères, qui avec des machines secouant les plantes... Mais aucune méthode n'a jamais été retrouvée sur le marché.
Dans certains cas, d'autres espèces pollinisatrices - des mouches, par exemple - viendront peut-être remplacer les abeilles. Et certaines variétés végétales, moins dépendantes des insectes que celles que nous avons sélectionnées depuis des siècles, prendront peut-être leur essor. Enfin, certaines cultures peuvent produire des fruits sans fécondation, soit de façon spontanée (la banane), soit grâce à la pulvérisation d'hormones spécifiques (tomate, courgette). Mais ces techniques sont loin d'être applicables à toutes les espèces, et les conséquences sur la qualité gustative des fruits sont parfois catastrophiques.
Que faire pour tenter d'enrayer le déclin des abeilles ?
Les causes de leur régression sont connues : élimination de leurs sites de nidification, raréfaction des plantes qui leur fournissent nectar et pollen, maladies et parasites... Et, surtout, épandage de pesticides, particulièrement destructeurs pour les abeilles. Celles-ci, en effet, possèdent très peu de gènes de détoxification, comme l'a confirmé tout récemment le séquençage du génome de l'abeille domestique.
Comment agir ? En ce qui concerne la réduction et la fragmentation de leurs habitats, on peut tout à fait renverser la tendance. Si on se contente de faucher les talus une fois par an, si on préserve un peu mieux les prairies naturelles, si on optimise l'utilisation des jachères fleuries, les abeilles se porteront déjà mieux. De même si l'on prend des mesures plus efficaces d'un continent à un autre contre les espèces invasives, tel le frelon asiatique. Mais, avant tout, il faut réduire l'usage des pesticides. Les agriculteurs comme les jardiniers doivent prendre conscience que les abeilles sont totalement démunies vis-à-vis de ces produits toxiques. Et qu'elles sont de précieuses auxiliaires de leurs cultures, à protéger en priorité.
Dans le cadre du programme de recherche européen Alarm sur la biodiversité, votre équipe est chargée d'évaluer l'impact agronomique et économique des pollinisateurs sur l'agriculture européenne. Quelles sont les premières conclusions de cette étude ?
Il apparaît que l'impact des pollinisateurs est considérable : au niveau mondial, il représente environ 10 % du chiffre d'affaires de l'ensemble de l'agriculture. Et les pays qui en sont les plus dépendants sont les pays développés.
Propos recueillis par Catherine Vincent
Article paru dans l'édition du 14.10.07.
On sait ce qu'il faut faire !! qu'attendons-nous pour protéger ces abeilles qui nous sont indispensables ?
Inscrit le: 12 Oct 2005
Messages: 4620
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Posté le:
Dim Oct 14, 2007 12:29 pm
Alarmant oui, mais on aurait du l'écouter y'a 10 ans. Seulement, fallait pas réduire les capacités à faire de la croissance en France que diable !
_________________ L'exemple n'est pas le meilleur moyen de convaincre, c'est le seul (Gandhi)
Emeline Microbe !!
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Posté le:
Jeu Nov 15, 2007 7:18 pm
Franchement je suis maman d'un petit garçon est enceinte d'un deuxième et cela me fait vraiment flipper de savoir qu'à cause de tout cela je vais même pas pouvoir leur donner en héritage une planéte avec une qualité de vie au moins aussi bonne que pour moi.
ça me désole !!!
On a déjà du mal à protéger des animaux qui nous sont chére et qu'on aime bien comme, les ours, les tigres, les singes, alors des abeilles que tout le monde ou presque diabolise pour leur piqures c'est même pas la peine d'espérer un sursaut.
Pauvre de nous
DELAIR Quoi? J'ai dis une connerie?
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Localisation: ICI
Posté le:
Ven Nov 16, 2007 3:13 pm
Euh ouais..
Et ca ne donne vraiment pas envie de se fatiguer à se contraindre pour l'environnement non ?
Inscrit le: 15 Nov 2007
Messages: 7
Localisation: Anglet
Posté le:
Ven Nov 16, 2007 10:27 pm
J'ai surement était maladroite dans mon explication car je ne voulais pas dire que par conséquent il était insutile de se mobiliser pour l'environement.
Je vous livre un article de Le Monde sur une interview de Bernard Vaissière, spécialiste de la pollinisation à l'INRA, c'est clairement alarmant
« Le Monde » a écrit:
(...)
Les causes de leur régression sont connues : élimination de leurs sites de nidification, raréfaction des plantes qui leur fournissent nectar et pollen, maladies et parasites... Et, surtout, épandage de pesticides, particulièrement destructeurs pour les abeilles. Celles-ci, en effet, possèdent très peu de gènes de détoxification, comme l'a confirmé tout récemment le séquençage du génome de l'abeille domestique.[/b]
Comment agir ? En ce qui concerne la réduction et la fragmentation de leurs habitats, on peut tout à fait renverser la tendance. Si on se contente de faucher les talus une fois par an, si on préserve un peu mieux les prairies naturelles, si on optimise l'utilisation des jachères fleuries, les abeilles se porteront déjà mieux. De même si l'on prend des mesures plus efficaces d'un continent à un autre contre les espèces invasives, tel le frelon asiatique. Mais, avant tout, il faut réduire l'usage des pesticides. Les agriculteurs comme les jardiniers doivent prendre conscience que les abeilles sont totalement démunies vis-à-vis de ces produits toxiques. Et qu'elles sont de précieuses auxiliaires de leurs cultures, à protéger en priorité.
Dans le cadre du programme de recherche européen Alarm sur la biodiversité, votre équipe est chargée d'évaluer l'impact agronomique et économique des pollinisateurs sur l'agriculture européenne. Quelles sont les premières conclusions de cette étude ?
Il apparaît que l'impact des pollinisateurs est considérable : au niveau mondial, il représente environ 10 % du chiffre d'affaires de l'ensemble de l'agriculture. Et les pays qui en sont les plus dépendants sont les pays développés.
Propos recueillis par Catherine Vincent
Article paru dans l'édition du 14.10.07.
?
Mais les pesticides sont (parait-il) indispensables...
On "va" réduire leur utilisation SI c'est possible....alors que c'est nécessaire.
A la vitesse où "l'on" réagit...
IFO-de-la-croissance....Même que 2 % c'est pas assez, vu que la Chine fait 10 %.
Et les Shadoks pompaient, pompaient, pompaient.
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zorrolelapin
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