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Mer Avr 19, 2006 10:12 pm
Ci joint un extrait d'article (Que choisir, octobre 2005) qui donne des pistes en matière de politique sur les déchets... Mais dont la France est loin !
Citation:
En Belgique, la région flamande s'est fixé des priorités dès les années quatre-vingt-dix: réduire les quantités de déchets, réutiliser un maximum de biens, composter et recycler, enfin, incinérer les déchets résiduels. Avec une densité de population de 434hab/km2 et de l'habitat collectif, ce n'était pas gagné d'avance. Pourtant, la région atteint aujourd'hui des taux de valorisation matière exceptionnels:70% des déchets échappent à l'incinération. Une réussite qui ne doit rien au hasard. Depuis 1991, la région taxe les villes qui en produisent beaucoup. Comme le seuil d'exonération diminue d'année en année, réduire les quantités s'impose. En échange, la région prélève des taxes sur la mise en décharge et l'incinération pour les redistribuer aux communes qui misent sur la prévention. De leur côté, les industriels financent à 100% l'élimination des appareils électriques et électroniques usagés, des piles, des médicaments, des véhicules hors d'usage, du papier, des pneus, tout comme les déchets d'emballage (contre 35% en France); et les ménages sont assujettis à une redevance variable basée sur le principe du «moins je jette, moins je paie». Résultat, le tri est très poussé et 34% des foyers font du compost, y compris en habitat collectif où des pavillons à compost sont installés. La Wallonie n'est pas en reste. À Havelange, une commune de 5000 habitants, les actions de sensibilisation, l'aide au compostage et le passage aux sacs payants ont convaincu les usagers en un temps record. Les quantités d'ordures collectées ont diminué de 53% en une année.
Donc ça passe bien AUSSI par les industriels, qui sont tenus de financer l'élimination de leurs produits...
De toutes façon, si on n'oblige pas tout le monde à s'y coller en même temps...!!!
Et un petit comparatif pour déprimer ceux qui ne sont pas Alsaciens (puisque ces derniers font ça bien) :
Citation:
Dans la communauté de communes de la Porte d'Alsace, 68% du contenu des poubelles échappent à l'incinération et à la décharge : 22% se transforment en compost, 46% en matières recyclées. Des résultats à comparer à la moyenne nationale: 6% de compostage, 12% de recyclage, 82% en incinérateur ou en centre de stockage.
Enfin, cerise sur le cadeau qui fera quand même plaisir à tous ceux qui font attention :
Citation:
cheter malin, c'est jeter moins et... dépenser moins. Dans le cadre d'un programme sur la réduction des déchets, la communauté urbaine de Lille vient d'en faire la démonstration éclatante en faisant les courses dans un hypermarché. Deux Caddie ont été remplis, l'un de produits choisis sans souci écologique, l'autre avec l'équivalent, c'est-à-dire à qualité égale au sein d'une même marque, en ayant le souci de minimiser les emballages. Résultat, le Caddie ordinaire générait 3,49kg de déchets et coûtait 87,70 euros quand le Caddie malin en faisait 1,68kg pour un prix de 54,72 euros. La différence? Le vrac, les grands conditionnements, les écorecharges, le rayon à la coupe, l'oubli du jetable, du portionnable, des suremballages.
Très intéressant en effet ...
Je me doutais bien que l'on pouvait réduire les kilos de déchets rien que par ses achats mais je ne pensais pas que l'on pouvait en plus réduire le prix de ses achats par la même occasion !!
Sur l'exemple finalement, c'est intéressant de voir que c'est la région qui taxe les communes qui ne trient et ne recyclent pas très bien leurs emballages !!
Citation:
En échange, la région prélève des taxes sur la mise en décharge et l'incinération pour les redistribuer aux communes qui misent sur la prévention.
De plus, cet argent sert pour les communes qui bossent bien ... c'est un peu Robin des Bois ...
Valoriser et mettre en avant le compostage me paraît aussi une piste très intéressante à mettre en oeuvre et à valoriser en France !!!
Affaire à suivre ... on a les idées, on a les exemples de pays où cela marche ... qu'attendons nous ??
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Mer Sep 26, 2007 1:41 pm
Pour continuer ou relancer le sujet...
Citation:
Et si on payait nos ordures ménagères au kilo?Par Rue89 14H58 24/09/2007
En France, le mode de calcul de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères ne favorise pas le civisme. La mise en place d'une redevance incitative permettrait de réduire la quantité de déchets produite par les ménages. Qui, au passage, feraient des économies.
"Réduisons vite nos déchets, ça déborde!" La campagne nationale de sensibilisation à la réduction des déchets, lancée par la ministre de l'Ecologie Nelly Olin en 2005, lui a survécu. Elle revient aujourd'hui comme une rengaine d'un gouvernement qui veut montrer patte verte.
Chaque Français produit en moyenne 350 kg de déchets par an: 20% seulement sont recyclés et 80%, soit 290 kg par personne, sont enfouis ou incinérés. Une "production" qui continue d'augmenter de 1 à 2% par an selon l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe)
L’objectif fixé en 2005 par Nelly Ollin était d'arriver à 200 kg par habitant et par an d'ici 2015.
Les collectivités françaises peuvent certes se contenter de cette évolution. Mais elles pourraient aussi changer de logique et opter pour la redevance incitative. Une question que soulève l'agence d'informations Reporters d'espoir.
En Belgique, le poids des déchets a été divisé par trois
En matière de réduction des déchets ménagers, la France est à la traîne de nombreux pays de l'OCDE (Belgique, Suisse, Allemagne, Autriche, Suède...) qui ont, depuis les années 90, développé le système du "Pay as you throw" ("Payez ce que vous jetez") ou "PAYT". En France, cela s'appelle la Redevance d'enlèvement des ordures ménagères (Réom) "incitative". Le système est simple: les ménages payent une redevance fixe assez faible, puis ils payent en fonction de ce qu'ils produisent comme déchets non recyclés.
Cela peut prendre trois formes: par la pesée des sacs (avec puce intégrée et fichiers personnalisés), par leur volume ou par leur fréquence d'enlèvement.
L'expérience belge a fait passer la production d'ordures de 369 kg par habitant à 115 kg en un an. De nombreux ménages, qui ont joué le jeu du tri sélectif, ont alors vu baisser leur budget "ordures ménagères".
Ce système personnalisé et "responsabilisant" entre en concurrence avec un autre mode de financement de gestion des déchets: la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (Teom), intégrée aux charges locatives ou autres impôts collectifs incluant le ramassage, le recyclage et l'incinération des déchets résiduels.
La taxe a ceci de pratique: les usagers n'ont pas l'impression de payer pour leurs ordures et se partagent les frais, indifféremment du comportement de chacun. Ce qui ne responsabilise personne. Elle est pourtant utilisée par plus de 80% des collectivités, qui ont choisissent elles-mêmes leur mode de calcul.
Du coup, on compte moins de vingt collectivités françaises ayant mis en place la "Réom incitative". Une grande partie d'entre elles se trouve à l'Est, au contact des pays qui ont fait l'expérience...
A Besançon, les habitants paient en fonction du volume d'ordures
C'est le cas de Besançon, qui, malgré les complications logistiques, a eu l'audace de se jeter dans ce projet fastidieux en 1999, soit peu de temps avant les municipales. Après une campagne de sensibilisation de grande envergure, les foyers se sont vu confier deux bacs. Un jaune, pour les déchets recyclables, dont le coût de gestion est mutualisé, et un gris, pour le reste, dont le coût est à la charge du foyer. Le montant de la redevance est calculé sur le volume du bac: plus les familles réduisent leur production de déchets, plus leur facture baisse.
En pratique, chaque foyer se voit attribuer un bac standard, qui peut être remplacé par un autre, plus petit, à leur demande. Et si le bac déposé dans la rue déborde, il est échangé contre un modèle plus grand.
Si cette méthode est moins précise que celle basée sur le poids, elle à l'avantage d'éviter les tricheries (par exemple, le dépôt sournois de ses déchets dans la poubelle des voisins). Pour ceux qui refusent de jouer le jeu, la ville a tout prévu: les petits malins qui ne font pas le tri dans les poubelles jaunes ne se verront attribuer que des poubelles grises, à leur charge. Face aux notes salées, les "mauvais élèves" auront tôt fait de reprendre le droit chemin.
Eric Allauzet, vice-président délégué à la gestion des déchet pour l'agglomération du Grand Besançon, témoigne des effets positifs en terme d'écologie comme d'économie, de cette initiative:
Près de 20% des Français refusent tout tri des déchets
La redevance devient visible pour les citoyens, quand, auparavant, elle passait inaperçue, explique Guy Poquet, sociologue au Credoc, spécialiste du comportement des Français en matière de déchets. "Et comme certains Français sont un peu râleurs, ils disent 'je vais payer, alors que d'autre communes ne payent pas'" En réalité, tout le monde paye. Et il s'agit même de payer moins! En huit ans, la taxe payée par les Bisontins a baissé de 8% en moyenne.
Certains Français restent bien sûr totalement hermétiques à l'idée de trier leurs déchets, affirme Guy Poquet. En 1995, ils représentaient environ 20% des personnes interrogées, estimant qu'ils paient pour un service et qu'ils n'ont donc pas à le faire. De leur côté, "les purs et durs, les militants écolo, représentent un pourcentage très faible".
Cependant, le profil majoritaire est celui du trieur irrégulier, de plus ou moins bonne volonté mais très réceptif à l'incitation, surtout dans les logements collectifs. Parce que très exposé au "contrôle social" exercé par ses voisins.
Un système auquel devraient également se convertir les entreprises, qui produisent trois fois plus de déchets que les particuliers et sont soumises, à l'heure actuelle, à très peu de contraintes.
Devant tous les avantages de la Redevance d'enlèvement des ordures ménagères, la question vient naturellement: qu'est-ce qu'on attend pour passer à l'acte?
Caroline Desvaux et Alice Milot
Que faire pour réduire sa production de déchets?
Par Laure Martinez (Journaliste) 16H48 24/09/2007
Payer l'enlèvement des déchets en fonction du poids des ordures qu'on laisse sur la chaussée, c'est une bonne idée. Mais si ce système est adopté, comment faire pour réduire la taille de nos sacs poubelle au quotidien? Les réponses de Caroline Forgues, ingénieure consultante.
Que faire pour diminuer la quantité de déchets que nous produisons?
Il y a quelques gestes simples qui doivent devenir des réflexes:
Eviter les publicités gratuites dans nos boites aux lettres grâce aux autocollants "stop pub".
Eliminer le jetable: sacs de caisse, vaisselle jetable et lingettes pré-imprégnées.
Eviter les sur-emballages, les portions, acheter en vrac dans la limite du possible, préférer les recharges.
Ça permet en plus de faire des économies: une étude a comparé deux caddies contenant les mêmes produits, les uns vendus dans de multiples emballages, les autres en vrac. Résultat: 3,5 kg de déchets et 88 euros pour le caddie ordinaire contre 1,7 kg de déchets et 55 euros pour le caddie écolo.
* Boire l'eau du robinet, disponible 24h/24h, préparée à grands frais et pourtant moins chère que l'eau en bouteille, dont la consommation a doublé en 20 ans et généré en 2000, 380 000 tonnes de bouteilles plastiques, soit 6 kg par an et par habitant (1,5% de notre poubelle).
Acheter des produits qui intègrent des matières recyclées : label NF environnement et Ecolabel européen.
Choisir des produits à longue durée de vie: lampes fluorescentes, accumulateurs rechargeables, matériels électroménagers résistants.
Prolonger la durée d'utilisation des équipements, réparer, rénover -ce qui a presque complètement disparu des comportements.
La réparation, surtout en informatique, entraîne pratiquement toujours un bénéfice écologique: la fabrication d'un écran d'ordinateur consomme tellement d'énergie que son remplacement pour un écran plus économe n'est pas intéressant écologiquement.
Le secteur de la réparation et de la rénovation permettrait en outre de créer un tissu économique de services au niveau local.
Bon signe: on assiste à une certaine réhabilitation de la "seconde vie": frippe, chine, trocs, "récup" sur les trottoirs, vide-greniers...
Les entreprises ont-elles aussi un rôle à jouer?
Les industriels peuvent agir sur la conception des produits et des emballages pour éviter la production de déchets après consommation. Ils peuvent également allonger la durée de vie des produits et les rendre réparables.
Pour certains d'entre eux (piles, pneus, véhicules, bientôt produits électroménagers et informatiques), ils doivent organiser et financer la collecte et le traitement des produits en fin de vie. L’intégration des coûts correspondants dans le prix du neuf fait basculer le financement du contribuable au consommateur.
Y'a de quoi relever ses manches.. si ce n'est déja fait pour certains...
Qui vas oser, quel politique vas prendre de telles décisions ?
faut y croire..
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