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Deux yeux dans la nuit

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Yves
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MessagePosté le: Jeu Juil 05, 2007 2:28 am Répondre en citantRevenir en hautAller en bas de page

Je comprends que je ne pouvais pas comprendre content
En parlant de chouette chevêche, quand j'ai pris possession de ma maison et de mon jardin il y a 16 ans, j'ai trouvé 2 oeufs placés dans des endroits curieux : le premier dans un conduit d'aération (diamètre environ 10 cm) et le deuxième dans le moteur de ma Simca 1100 !
A l'époque j'avais cherché dans des bouquins pour savoir de quel oiseau il pouvait s'agir. J'en avais conclu que c'était peut-être une chouette chevêche et, du coup, j'avais construit un abri selon les plans trouvé sur un des ouvrages (un truc assez imposant, d'environ 1 m de long). En fait aucune chouette n'est venu s'installer... Sad

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Ugatza
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MessagePosté le: Jeu Juil 05, 2007 2:25 pm Répondre en citantRevenir en hautAller en bas de page

Le moteur, c'est étonnant.
Les chouettes recherchent des endroits très "à l'abri", hors d'atteinte pour des prédateurs et tout le temps accessibles par elles.

Ils étaient comment ces oeufs?

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Yves
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MessagePosté le: Jeu Juil 05, 2007 4:37 pm Répondre en citantRevenir en hautAller en bas de page

« Ugatza » a écrit:
Ils étaient comment ces oeufs?


Arff, la question qui tue... Mr. Green
Sous toute réserve (cela fait plus de 15 ans), je crois me souvenir d'oeufs blancs, légèrement plus petits que ceux des poules (grand axe entre 45 et 50 mm ?), plus ronds.

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Ugatza
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MessagePosté le: Jeu Juil 05, 2007 5:51 pm Répondre en citantRevenir en hautAller en bas de page

Alors, il ne s'agissait pas d'oeufs de chevêche qui sont plus petits (32 mm de long environ).
Je pense plutôt que ces oeufs ont été transportés là par une fouine.

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Yves
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MessagePosté le: Jeu Juil 05, 2007 8:30 pm Répondre en citantRevenir en hautAller en bas de page

« Ugatza » a écrit:
Je pense plutôt que ces oeufs ont été transportés là par une fouine.

Ciel, on a osé fouiner dans ma Simca ?! je sors
Plus sérieusement, merci pour ton hypothèse Ugatza

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Ugatza
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MessagePosté le: Jeu Juil 05, 2007 8:49 pm Répondre en citantRevenir en hautAller en bas de page

Et tu as du bol qu'elle ne se soit pas "fait les dents" sur une durite! Smile

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grenouille
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MessagePosté le: Sam Juil 21, 2007 10:33 pm Répondre en citantRevenir en hautAller en bas de page

Je confirme l'hypothèse de la fouine dans le moteur, c'est assez fréquent en zone de petite et moyenne montagne où les ruraux prennent des dispositions contre cela.

Explications : chaleur dégagée par le moteur ? Ce qui est curieux c'est son appetit pour les gainages électriques que j'ai du mal à expliquer.
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Yves
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MessagePosté le: Lun Juil 23, 2007 12:17 am Répondre en citantRevenir en hautAller en bas de page

« grenouille » a écrit:
Je confirme l'hypothèse de la fouine dans le moteur, c'est assez fréquent en zone de petite et moyenne montagne où les ruraux prennent des dispositions contre cela.

Oui, mais j'habite en banlieue parisienne à 25 km de Paris et à 70 m d'altitude... Rolling Eyes

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Ugatza
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MessagePosté le: Mer Aoû 08, 2007 12:33 am Répondre en citantRevenir en hautAller en bas de page

Le Hibou des marais ou Hibou brachyote (à "oreilles courtes").

Comme ces "oreilles" n'en sont pas (mais de simples aigrettes de plumes situées sur le haut de son crâne) il entend aussi bien que les autres hiboux.
C'est (Asio flammeus) un oiseau du même genre (Asio) que le Hibou Moyen Duc (Asio otus littéralement hibou à oreilles).
Il lui ressemble beaucoup, en plus pâle, mis à part son comportement plus terre à terre et diurne et ses fameuses oreilles courtes, qui le font le plus souvent ressembler à une chouette.
Beaucoup moins commun que lui, il est encore plus erratique, recherchant les pullulations locales et cycliques de campagnols.
Il niche au sol dans les milieux ouverts à végétation basse (mais pas rase) landes, marais (d'où son nom) contrairement au Moyen Duc qui lui, niche exclusivement (enfin presque) en hauteur dans les nids de corneille.
Il partage avec le HMD son comportement à la fois erratique et grégaire l'hiver où il se rassemble en dortoirs, mais là encore, au sol, (dans un fossé ou au pied d'une digue dans les polders) alors que le HMD dort...en hauteur.
On ne ne le rencontre pas nécessairement au même endroit comme nicheur d'une année à l'autre. Le nombre de nicheurs varie entre 50 et 250 couples en France, c'est vraiment pas beaucoup et globalement l'espèce est en fort déclin en Europe.
Devinez pourquoi!
Parce que les milieux naturels dont il a besoin disparaissent. Comme d'habitude.
Encore un qui supporte mal la croissance.
Pour l'observer il faut se rendre dans les marais côtiers l'hiver où là, il est très régulier.
Il n'est pas rare de l'observer en plein jour, au repos ou en vol, à condition, bien sûr d'ouvrir l'oeil.
Le plumage ressemble énormément à celui du HMD en plus jaune, plus clair. Même l'iris est jaune vif au lieu d'orange chez le HMD.
Son cri (jamais entendu en hiver pour ce qui me concerne) l'en distingue aussi, plus proche d'un éternuement aigre que d'un hululement.
Un beau méconnu.
fiche oiseaux point net
photos superbes

Matin d'hiver dans la baie

Fin décembre.
Il est temps d'aller voir qui passe l'hiver dans la baie. J'ai laissé ma voiture en ville et je longe, sur une petite route, la rivière canalisée qui relie le port à la mer, encore loin.
Le jour se lève à peine et un petit vent acéré me tire définitivement du confort automobile.
Odeurs de poisson, de filets humides et de gaz-oil mêlées. Sifflements et miaulements du vent dans la forêt de mâts et de haubans.
Quelques goélands argentés passent au-dessus de moi en criant faiblement...Les maisons se font plus rares et restent derrière, alors que d'autres lumières révèlent les villages de l’Ouest de la baie, à l'horizon.
La route surmonte une digue. En dessous d'elle, à droite, à l’Est, s'étendent les polders...
De l'autre côté de la rivière, une "pointe" s'avance dans le fond de la baie, cachant un autre petit estuaire.
Côté polder, quelques petits étangs sont aménagés pour la « pêche à la truite ». J'installe ma longue vue et patiemment, doucement, je balaie leurs bords.
Il est là, fidèle au rendez vous, perché sur une pierre, à quelques dizaines de centimètres de la surface. Petite boule de plumes métalliques rousses et bleues prolongée d'un bec en poignard. Déjà à l’affût, sans doute affamé. Plus loin, d'autres boules de plumes duveteuses beiges et brunes dansent sur l'eau et le vent. De temps en temps, les oiseaux plongent brusquement et disparaissent.
De grands voiliers de vanneaux s'élèvent dans le ciel jaune et gris...
D’autres oiseaux au dos plat et au long cou blanc se laissent porter par le courant. Bec rose, mince, droit et acéré : des grèbes huppés. De temps à autres, ils plongent pendant quelques secondes et reparaissent plus loin.
Un oiseau à peine moins svelte, au cou plus épais et à la tête ronde, apparaît au milieu d’eux. Son bec pointu est un peu retroussé et son dos moucheté de tâches claires parait comme écailleux : un plongeon catmarin, rare mais régulier à cet endroit, venu du Grand Nord européen.
Verrai-je aujourd’hui les phoques veau-marin qui habitent la baie? Il m’est arrivé quelques fois, en faisant cette balade d’être surpris par l’apparition de l’un deux, tête ronde et luisante, museau court et moustaches raides, gros yeux noirs apparus soudain au milieu du canal.

Des cormorans sont perchés sur le mât des bouées qui balisent le chenal, entre les haut-fonds des vasières.
Celles-ci commencent à se découvrir, déjà occupées par des centaines d'oiseaux de toutes tailles : des grandes bernaches cravants aux minuscules bécasseaux variables...
Je remarque tout de suite les aigrettes garzettes, blanches, qui arpentent le bord, puis les tadornes de Belon, dont les couleurs vives tranchent aussi sur le gris de la vase. D'autres espèces se révèlent par leurs mouvements :
Les courlis cendrés au bec arqué et au plumage très mimétique.
Quelques pluviers argentés, plus petits et tout en rondeurs, dévoilant parfois leurs aisselles noires lors de brefs envols.
Les bécasseaux variables, petits oiseaux gris brunâtre presque toujours en train de courir et s'envolant avec un ensemble remarquable: leur groupe se comporte alors comme une seule entité vivante...
Ca et là, des goélands marins, grands oiseaux blancs aux ailes noires, à la grosse tête ronde et au bec jaune, aux pieds roses et palmés veillent immobiles avec leurs plus petits cousins gris argenté.
La mer se retire vite et où que le regard se porte sur l'immensité grise, il y a des oiseaux. Il "tombe" parfois sur quelques espèces peu nombreuses et discrètes: chevaliers gambettes, grands gravelots...
Tous s'affairent à la recherche de leurs proies, guettent ou se reposent...
Des avocettes élégantes dorment, la tête sur le dos et le bec invisible sous l'aile repliée, mais la silhouette fine et svelte, les longues pattes bleues et le plumage noir et blanc, ne laissent aucun doute sur leur identité.
Je continue de balayer le paysage, à la recherche d'autres espèces. Une petite centaine de bernaches cravants est là au bord de l'eau, noires blanches et grises. Certaines s'occupent à la toilette...tandis que d'autres dorment.
Presque au bord couvert d'obione du haut de la vasière, sur ce qui parait être une souche échouée, à demi enfouie, apparaît soudain une silhouette presque verticale et claire, tranchant sur le fond de rivage. Mon cœur fait un bond. Un faucon pèlerin. Une grande femelle, plumage légèrement ébouriffé par le vent, une patte repliée et cachée dedans, attend je ne sais quoi : la faim et le besoin de chasser ou l’opportunité d’une capture facile.
Après avoir fini de compter et de noter, je reprends la marche vers la mer.
Le paysage s'ouvre sur la baie et la mer au Nord.
Je quitte la route et prends un sentier qui s’approche des dunes puis de la grève. Je plante encore une fois ma longue-vue et balaie la surface de la baie. Il y a là quelques grèbes huppés et esclavons, des harles huppés et peut être encore un plongeon catmarin.
Quelques goélands s’agitent au-dessus des bancs de rochers que la marée découvre : ils lâchent de haut des proies à coquille ou carapace. Comme elles ne se cassent et ne s’ouvrent pas du premier coup, ils recommencent inlassablement.
Je reprends le sentier dans les dunes qui longe tout le bord oriental de la baie, pour traverser le territoire d’hivernage du bruant des neiges. Il parait absent aujourd’hui. Il ne se montre pas, malgré un examen minutieux du moindre pied d’oyat…
Puis je redescends sur le sable et le gravier de la grève
Le soleil passe parfois à travers une trouée dans les nuages et quelques alouettes chantent à perdre haleine : je les cherche perchées haut dans le ciel malgré ce vent froid qui est loin d’annoncer le printemps…
La mer se retire très vite maintenant et s’enfuit vers le nord à l’horizon.
J’ai du mal à reconnaître les petits groupes de limicoles de plus en plus éloignés qui s’envolent parfois au bord de l’eau.
Les parcs à huîtres se découvrent, aussitôt envahis par les goélands, les huîtriers pie (qui ne mangent pas les huîtres) et quelques aigrettes. Le paysage est immense. Le soleil fait parfois verdir la mer au loin contre le gris du ciel.
De petits points blancs brillent alors d’un éclat surprenant sur le fond des nuages : des fous de Bassan patrouillent au large.
Je les suis un moment et je les devine plus que je ne les vois vraiment piquer soudain les uns après les autres comme des flèches…
Je remonte pour passer derrière les dunes en direction de quelques bassins d’affinage. Je m’approche lentement, sans gestes brusques pour explorer méthodiquement les bords sous la végétation au ras de l’eau…
Ils sont là. Pâles comme le sable, marqués de brun, seuls leurs yeux jaunes mi-clos trahissent leur présence.Trois, quatre, cinq hiboux des marais (ou brachyotes) digèrent leur chasse de la nuit, parfaitement immobiles. Au moment où je me retire furtivement, un sixème hibou s’envole brusquement d’un endroit où je ne l’avais pas remarqué. En quelques coups d’ailes raides et légers, il part au dessus des dunes en direction de la mer.Il glisse d’une aile sur l’autre et disparaît.

Je m’arrête pour casser une petite croûte réparatrice (la marche dans le sable, ça creuse) arrosée d’un café bien chaud. Un petit groupe de bernaches traverse le ciel de la baie. Les phoques très loin sont couchés sur les bancs de sable de l’autre côté de la baie, à l’Ouest.
A ma grande surprise, je retrouve le hibou perché sur le mât d’une bouée au bord du chenal qui reste en eau.
Je savoure l’ambiance « de vagues de dunes pour arrêter les vagues et de vagues rochers que les marées dépassent » sous ce vague soleil d’hiver. Le ciel, le sable, la mer au loin et le vent. Les hommes sont au loin, dans leurs voitures ou leurs maisons. Seuls quelques tracteurs, au milieu des parcs ou des pêcheurs venus « faire » des vers…
Peu à peu les dunes s’élèvent derrière quelques gros blocs de béton ou de rochers, fixées par une végètation plus dense.
Du côté de l’eau, on ne voit plus guère que des goélands, mais autour de moi les passereaux sont plus nombreux : pipits maritimes, bergeronnettes grises, verdiers, linottes, bruants jaunes, pinsons et même, côté polders, quelques tariers pâtres…
Il est temps de rentrer en revenant sur mes pas.
Je crois que je m’offrirai ce soir un bon «moules frites» dans un bistrot du port…

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yoda
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MessagePosté le: Mer Aoû 08, 2007 11:34 am Répondre en citantRevenir en hautAller en bas de page

« pipoune » a écrit:
il faut dire qu'à moins d'habiter à la campagne c'est un peu difficile de rencontrer des chouettes...

Là tu fais erreur, il y a au moins une chouette hulotte en centre-ville de Tours et au père Lachaise à Paris. Donc même les citadins sont pas à l'abri Mr. Green

Pour les Parigots et Franciliens qui veulent voir des z'hiboux, une quinzaine d'entre eux passent l'hiver dans le parc de la Courneuve. Le CORIF (Centre Ornithologique Ile-de-France) organise des sorties après-midi et soirée sur ce parc pour les voir sortir...

Merci Ugatza pour ces récits. Smile

Et pouir terminer, un peu d'humour...
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Yoda

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