Pour découvrir ou partager des gestes Eco-Citoyens ou EcoGestes. Pour Débattre d'Ecologie, de respect de l'Environnement, du réchauffement climatique, de la biodiversité... Pour agir en Ecocitoyen grâce à une protection de l'environnement au quotidien
Il faut prendre d'urgence des mesures pour renverser le phénomène du changement climatique" : par cette déclaration publiée vendredi 25 novembre à Iquitos, au Pérou, les pays du traité de coopération de l'Amazonie (OTCA) n'ont pas seulement exprimé l'inquiétude que suscite la pire sécheresse qu'ait connue cette année le bassin amazonien et "le grave problème du dégel progressif des glaciers andins". Ils manifestent aussi que le souci du changement climatique n'est plus propre aux pays riches, mais concerne bien aussi les pays en développement.
Ce souci se traduira-t-il dans un engagement diplomatique solennel ? C'est tout l'enjeu de la conférence des Nations unies sur le climat, qui s'est ouverte à Montréal le 28 novembre pour deux semaines : s'engager ou pas à discuter un régime de maîtrise des émissions de gaz à effet de serre applicable en 2012. Autrement dit : prolonger le protocole de Kyoto, qui engage les pays développés, et eux seuls, à réduire leurs émissions d'ici à 2012 d'au moins 5 % par rapport au niveau de 1990.
Depuis 2001, le protocole qu'ont ratifié l'Union européenne, le Japon, le Canada et la Russie, est rejeté par les Etats-Unis. Un des principaux arguments avancés par le président Bush pour justifier son refus est que le texte ne pose pas de contrainte aux grands pays en développement, notamment la Chine et l'Inde. Or, selon les projections de l'Agence internationale de l'énergie, le développement économique rapide de ces nouveaux géants conduirait les pays en développement à émettre vers 2030 plus de CO2 que les pays de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE).
L'argument, s'il vise à justifier l'absence d'efforts des Etats-Unis, qui restent le premier pollueur de la planète avec 25 % des émissions de gaz carbonique en 2003, est cependant juste et a fini par s'imposer. Certes, l'administration américaine n'a pas réussi à empêcher la communauté internationale de maintenir le protocole de Kyoto, qui est entré en vigueur en février. Mais les grands pays sont de plus en plus entrés dans le jeu.
"NOUVEAU PARADIGME"
Durant sa présidence en 2005 du G8 (groupe des huit pays les plus riches du monde), la Grande-Bretagne de Tony Blair a placé la question du changement climatique comme l'une des deux priorités du sommet (l'autre étant l'Afrique), en organisant plusieurs réunions sur le sujet associant les grands pays du Sud. Lors du sommet de juillet, à Gleeneagles, le G8 a été rejoint par les chefs d'Etat du Brésil, de la Chine, de l'Inde, du Mexique et de l'Afrique du Sud. Ceux-ci déclaraient en commun, le 7 juillet, que "le changement climatique a et aura un impact profond sur les perspectives de développement de nos sociétés". Reconnaissant le régime "adéquat" établi par la convention sur le changement climatique de 1992 et le protocole signé en 1997, ils proposaient "un nouveau paradigme pour la coopération internationale (...) prenant pleinement en compte les perspectives et les besoins des pays en développement".
Rien cependant ne garantit qu'ils accepteront d'ouvrir la porte sur "l'après 2012", même si le protocole de Kyoto, qu'ils ont signé, stipule dans son article 3-9 que ces discussions doivent commencer en 2005. Les négociations seront "dures", avertit Stavros Dimas, commissaire européen à l'environnement. Une des principales difficultés sera de surmonter l'opposition des Etats-Unis. Ceux-ci ont tenté de créer une organisation concurrente au protocole de Kyoto, en signant pendant l'été un partenariat Asie-Pacifique sur le climat, regroupant autour d'eux l'Australie, la Corée du Sud, le Japon, la Chine et l'Inde (Le Monde du 30 juillet). Mais ce groupe a repoussé à janvier donc après Montréal la réunion qu'il devait tenir en novembre. C'est donc bien dans le cadre du protocole de Kyoto que se jouera la partie principale.
"CRÉDITS DE CARBONE"
Un flottement est cependant récemment apparu avec les déclarations de Tony Blair, premier ministre britannique. Dans The Observer du 30 octobre, il montrait son scepticisme à l'égard du protocole : s'il nous "emmène dans la bonne direction", disait-il, "il n'est pas suffisant ; (...) Kyoto ne stabilisera même pas les émissions de gaz à effet de serre". Ses déclarations ont suscité de vives réactions chez plusieurs de ses partenaires européens, puisque l'application du protocole est la pierre d'angle de la diplomatie européenne en la matière. L'Union européenne arrivera finalement à Montréal en répétant qu'elle respectera pleinement ses engagements de Kyoto, gage de sa bonne foi pour convaincre ses partenaires de discuter de l'après-2012. Le Japon affiche la même attitude.
Un régime post-2012 ne prendrait sans doute pas la forme d'objectifs chiffrés de réduction des émissions. Un dispositif mis en place dans le protocole devrait se révéler utile pour la suite : le "mécanisme de développement propre", qui permet de transférer des technologies réduisant les émissions vers les pays du Sud, en échange de "crédits de carbone". Attractif pour les pays du Sud, ce mécanisme tiendra une grande place à Montréal.
Hervé Kempf
Article paru dans l'édition du 29.11.05
De toute façon ce qui m'inquiétzit avec ce protocole c'était surtout ça :
Citation:
Tony Blair, premier ministre britannique. Dans The Observer du 30 octobre, il montrait son scepticisme à l'égard du protocole : s'il nous "emmène dans la bonne direction", disait-il, "il n'est pas suffisant ; (...) Kyoto ne stabilisera même pas les émissions de gaz à effet de serre".
Ce protocole, c'est un peu de la poudre aux yeux mais c'est sûr que c'était le point de départ d'une démarche qui allait dans le bon sens ... le remettre en question, c'ets repartir 10 ans en arrière minimum ... on est alors très mal barré ...
s'il nous "emmène dans la bonne direction", disait-il, "il n'est pas suffisant ; (...) Kyoto ne stabilisera même pas les émissions de gaz à effet de serre".
S'il était logique, il réduirait donc encore davantage son CO2 que ce à quoi il s'était engagé dans le cadre de Kyoto
Cassandre Eléphant
Inscrit le: 07 Oct 2005
Messages: 1009
Localisation: Toulouse
Posté le:
Mer Nov 30, 2005 3:38 am
« cilou » a écrit:
« Blair » a écrit:
s'il nous "emmène dans la bonne direction", disait-il, "il n'est pas suffisant ; (...) Kyoto ne stabilisera même pas les émissions de gaz à effet de serre".
S'il était logique, il réduirait donc encore davantage son CO2 que ce à quoi il s'était engagé dans le cadre de Kyoto
C'est ce qu'il faut comprendre logiquement de cette phrase en effet, pour autant qu'on aie le cerveau qui tourne à l'endroit !
Inscrit le: 02 Oct 2005
Messages: 258
Localisation: problématiques souterraines
Posté le:
Mer Nov 30, 2005 9:10 am
« Le monde » a écrit:
Les Etats-Unis ont rejeté, mardi à Montréal, les initiatives de la communauté internationale visant à donner une suite au protocole de Kyoto sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
...
Je vous invite à lire la suite de l'article ici...
Dernière édition par Zéas le Mer Nov 30, 2005 5:06 pm; édité 3 fois
Je crois que ça ne marche pas en cliquant sur la citation ...
Donc je mets l'info complète
« Le Monde » a écrit:
Suscitant la colère des écologistes, les Etats-Unis ont rejeté, mardi 28 novembre à Montréal, les initiatives de la communauté internationale visant à donner une suite au protocole de Kyoto sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Réunis dans la métropole québécoise jusqu'au 9 décembre dans le cadre de la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques, quelque 10 000 délégués et membres d'ONG environnementales discutent des suites à donner au protocole de Kyoto, qui arrivera à échéance en 2012.
"Les Etats-Unis sont opposés à toutes ces discussions", a déclaré, lors d'un point de presse, Harlan Watson, le chef de la délégation américaine, réaffirmant la position de son pays. Il a précisé que les Américains ne voulaient pas d'une approche incluant des "objectifs" et un "calendrier" pour réduire les émissions des gaz à effet de serre.
"POSITION IRRESPONSABLE"
Les Etats-Unis ont refusé de ratifier le protocole de Kyoto, invoquant notamment que cet accord prévoyant la réduction de 6 % des émissions de gaz à effet de serre par rapport à leur niveau en 1990, comprenait des mesures restrictives pour les pays industrialisés, sans contrepartie de la part des pays en développement. Washington s'est doté, en 2002, d'une politique pour réduire de 18 % ses émissions, "sans avoir d'impact dévastateur sur l'économie américaine", a remarqué M. Watson qui a salué le succès des mesures mises en place par l'administration Bush.
Responsables de 25 % des émissions à effets de serre avec moins de 5 % de la population mondiale, les Etats-Unis misent sur des accords plus ciblés et bilatéraux, plutôt que sur un cadre international pour régler l'épineuse question du changement climatique.
"Il s'agit d'une position irresponsable qui est erronée d'un point de vue scientifique. Les preuves d'un changement climatique s'accumulent littéralement chaque semaine", a sermonné Bill Hare, directeur des politiques sur les changements climatiques chez Greenpeace. "Lors des discussions à la conférence, les délégués (des différents pays) disent qu'il y a plusieurs enjeux majeurs au programme, mais soulignent qu'il y a un réel problème : les Etats-Unis", a-t-il ajouté en qualifiant l'attitude de Washington de "politiquement irresponsable".
Lors de son discours d'ouverture, le ministre de l'environnement canadien, Stéphane Dion, président de la conférence, avait déclaré : "Fixons-nous pour objectif une approche du changement climatique, internationale, efficace, à long terme et plus large." Il faisait ainsi allusion à la nécessité d'associer les Etats-Unis et les pays émergents à un nouvel accord. Le représentant de Greenpeace au Canada, Steven Guilbeault, a invité, mardi, le président de la conférence à "laisser les Américains de côté" pour assurer le "succès de la rencontre de Montréal".
Avec AFP
Je trouve cela scandaleux que le pays qui produit 25% de GES ne veuille pas participer à de tels engagements quand à l'avenir de notre planète ...
En contre partie, je pense aussi qu'il faut différencire deux choses :
- l'état fédéral opposé à de tels propositions dirigé par M. BUSH, lui même financé par de grandes multinationales du pétrole (et qui ne restera pas ad vitam eternam au pouvoir)
- et les différents états qui peuvent avoir leurs propres politiques environnementales, à leur niveau, pour réduire leur GES. Il y a des états où les mentalités sont en train de changer et le problème du réchauffement climatique commence à vraiment être pris au sérieux.
J'essaie de me renseigner sur les différentes actions probantes menées ... et je vous tiens au courant ... pour ceux qui vivent là-bas, merki de m'aider ...
Inscrit le: 02 Oct 2005
Messages: 258
Localisation: problématiques souterraines
Posté le:
Mer Nov 30, 2005 5:23 pm
« Admin » a écrit:
Je crois que ça ne marche pas en cliquant sur la citation ...
Ah! Un moment d'égarement et j'avais oublié que Internet explorer ne respectait pas les normes de programmation du web (et ne supportait pas notamment les liens sur les blocs... )
Evidemment, si tu utilises un navigateur web préhistorique...
--> J'ai modifié mon message.
Et je vous tiens au courant si j'ai d'autres infos de part ici, message bien reçu.
Voici déjà un dossier de presse qui présente très bien la conférence de Montréal, ses enjeux, l'historique des négociations internationales sur le sujet... et qui se termine par un point sur le cas des USA.
NEW YORK - Nine northeastern US states are working on a plan to cap and then reduce the level of greenhouse gas emissions from power plants, the first US deal of its kind and one which would see the region breaking with President George W. Bush who refused to sign the Kyoto Protocol.
Eco-citoyen.org regroupe plusieurs sites, forum, album photo, annuaire dont le but est de débattre de l'Ecocitoyenneté et du Respect de l'environnement.