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16/05/2006- O. FRIGOUT
AB : produire bio est "payant" !
http://www.sciencesetnature.org/article_lecture.php?clef=99&caractere=3613
Produire sans polluer coûte plus cher. Rendement plus faible des surfaces, main d'oeuvre plus importante, matériels agricoles différents et coût de certification à la charge du producteur, contribuent à augmenter le coût de production en agriculture biologique. Ce dernier point n'est pas anodin. L'usage du label bio est conditionné par une certification réalisée chaque année par des organismes indépendants dont les frais, qui peuvent atteindre 1000 euros par exploitation, sont à la charge de l'agriculteur. Produire bio est une chose, mais vendre une production bio en est une autre. Et cette différence conduit de plus en plus de producteurs à sortir du label, tout en continuant à travailler de la même façon, c'est-à-dire, en respectant leur terre.
On est en droit de s'interroger sur la façon dont cette filière est organisée. Contraindre la production bio à des contrôles est une nécessité puisqu'un cahier des charges drastiques est en vigueur, et cela, même si l'on n'estime qu'à 1% le nombre de fraudeur dans cette filière. Mais est-il acceptable, d'un point de vue « éthique », que le label « Agriculture Biologique » soit payé par ceux qui ont décidé de produire propre ? C'est la question que se posent nombre d'entre eux, et notamment tous ceux qui ont renoncé à se reconvertir ou qui ont abandonné le label.
Des producteurs qui pour autant ne polluent pas l'environnement. Nombreux sont ceux qui produisent bio mais ne vendent pas sous label AB. Ceux-ci refusent en fait de devoir payer pour prouver qu'ils préservent par leur mode d'agriculture la nature et la santé publique. Une réalité déconcertante qui montre combien l'agriculture biologique dépasse les considérations économiques, et relève aussi d'une démarche citoyenne.
Mais l'impact sur le marché du bio est négatif, car il ne peut se développer qu'à condition que l'offre augmente, permettant de réduire les coûts et de proposer à un plus large public des produits qui ne devraient pas n'être accessibles qu'à ceux qui en ont les moyens.
Alors que les aides publiques permettent à une exploitation en phase de reconversion de franchir les cinq années indispensables aux sols pour éliminer les intrants qu'ils peuvent encore contenir, aucune aide à l'agriculture bio ne vient compenser les charges inhérentes à ce mode de production. L'Etat ayant précisé qu'il ne s'engagerait pas dans cette voie avant 2007, des collectivités locales ont décidé d'engager des moyens afin de prendre en charge de 80 à 100% du coût hors taxes de la certification annuelle, de façon à encourager cette agriculture.
Mais rémunérer les organismes de certification par de l'argent public revient à faire porter le poids des contrôles par les consommateurs. Ne serait-il pas finalement judicieux de considérer que les modes de production non respectueux de l'environnement devraient s'en acquitter ? Les « pollueurs » paieraient ainsi pour la certification des non pollueurs. Une situation nouvelle qui relancerait vraisemblablement la filière bio, au profit des consommateurs.
Une option qui ne peut hélas s'inscrire dans une politique agricole héritée d'après-guerre et qui continue à favoriser un modèle intensif, quelqu'en soit le prix environnemental. Ce sont en réalité les consommateurs qui détiennent le pouvoir de faire avancer la question en modifiant leurs habitudes et en réservant une part plus conséquente de leur budget familial à une alimentation plus saine et plus en harmonie avec la nature. L'industrie agroalimentaire et les producteurs seront bien obliger de s'adapter, et les politiques avec eux.
C'est une situation complètement abbérante. Nous sommes très loin du pollueur payeur, c'est même tout le contraire, à croire que sur cette planète, plus on pollue, mieux on gagne sa vie
_________________ Il y a pire que le bruit des bottes : le silence des pantoufles !
Eeunded Modérateur
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Posté le:
Sam Mai 20, 2006 11:13 am
Oui, dans notre économie de marché, ce sont les moins pollueurs qui payent et les pollueurs qui ont le "jackpot"...
Citation:
L'usage du label bio est conditionné par une certification réalisée chaque année par des organismes indépendants dont les frais, qui peuvent atteindre 1000 euros par exploitation, sont à la charge de l'agriculteur.
Ceci est une abbération... pourquoi les agriculteurs, avec de bonnes volontés, devraient payer ce label? Justement est-ce le cas pour les autres labels ?(Label Rouge, AOC...)
Citation:
L'Etat ayant précisé qu'il ne s'engagerait pas dans cette voie avant 2007, des collectivités locales ont décidé d'engager des moyens afin de prendre en charge de 80 à 100% du coût hors taxes de la certification annuelle, de façon à encourager cette agriculture.
Dommage que l'état, si proche de notre environnement ( ) ne s'engage pas plus que cela...
Citation:
Les « pollueurs » paieraient ainsi pour la certification des non pollueurs. Une situation nouvelle qui relancerait vraisemblablement la filière bio, au profit des consommateurs.
Je ne pense pas que cette situation soit saine. Je pense que ceci aménerait plus de frictions entre les pro-bio et les pro-intensifs...
Plusieurs solutions sont peut-être possibles dans ce cas là:
- développer les réseaux d'agriculteurs durables, pour regroupe les compétences, les savoirs-faires, et les expériences (cf réseau des agriculteurs durables RAD)
- limitation du coût de certification, peut-être en regroupant les exploitations dans le cadre de groupements d'agriculteurs durables
- limiter de plus en plus les subventions de l'agriculture intensive, au profit des exploitations extensives (rééquilibrer les primes notemment entre les primes au mais et les primes à l'herbe)
- et surtout, sortir du système intensif de l'après-guerre, basée sur le rendement, la compétitivité (ceci est effectivement une autre affaire...)
Voilà quelques idées. Mais bon, sur le fond, le label AB serait sans doute à améliorer (notamment en terme dde respect des cycles naturels, des besoins propres des variétés etc...) mais ceci est un autre débat...
Seb en avait déjà parler dans un sujet sur le pain BIO ... la personne qu'il connaissait fabriquait et vendait du pain BIO mais n'avait pas le label AB car il fallait qu'il paie une somme énorme pour un petit boulanger afin d'avoir le label ...
Grosso modo, il fallait qu'il vende une quantité de pain BIO très importante pour "rentabiliser" le label AB !!!
Cela a de quoi vraiment décourager les "petits" qui souhaitent s'y mettre !!!
Et nature & progrès ... il est payé par qui le label ?
De plus, l'abération de ce système ... c'est que le ministère de l'agriculture récupère de l'argent avec ce label ... pour redonner des primes aux agriculteurs intensifs ... pacont
Je viens d'envoyer un mail au ministère de l'agriculture pour connaître leur point de vue sur ce sujet ... cela ne changera pas grand chose mais au moins, j'aurais fait entendre mon mécontentement !!
Pour ceux qui veulent faire de même, je vous laisse l'adresse mail que j'ai employé :
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Posté le:
Sam Mai 20, 2006 2:50 pm
Et opui : c'est un combat permanant que vivent les agriculteurs bio pour qu'enfin ils aient des aides, et un label GRATUIT... Mais la route est longue et les habitudes des consomateurs trop naze pour les aider...
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zouzou Animateur
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Posté le:
Mer Jan 31, 2007 6:50 pm
Pour compléter le sujet, une petite dépêche toute fraîche sur le fait que non seulement les produits Bio sont de plus en plus populaires... mais aussi que, sgne d'évolution, les gens en connaissent de mieux en mieux l'intérêt !!
Ceci alors que parrallèlement, l'europe songe à rendre caduque l'intérêt du bio en facilitant l'obtention du label (notamment concernant le pourcentage d'OGM... ) !!!
Pourtant c'est une bonne raison de plus à leur opposer !!!
Citation:
PARIS, 31 jan 2007 (AFP) - Les produits biologiques s'ancrent petit à petit dans les habitudes de consommation des Français, unetendance qui s'accompagne d'une progression du marché alimentaire bio de près de 10% par an depuis 1999, selon une enquête de l'Institut CSA rendue publique mercredi par l'Agence Bio.
En 2006, 43% des Français assurent avoir consommé des produits biologiques, dont 7% quotidiennement. Alors qu'ils étaient 51% à ne jamais acheter de produits bio en 2003, ce pourcentage est descendu à 44% l'an dernier.
Et pour les six prochains mois, un quart des acheteurs affirment avoir
l'intention d'augmenter leur consommation, tandis que 71% vont la maintenir, relève dans sa 4e édition le baromètre de l'Agence Bio, groupement d'intérêt public (GIP) chargé du développement de l'agriculture biologique en France.
Les produits bio suscitent des commentaires positifs chez 81% des personnes interrogées, une grande majorité y voyant des produits "plus naturels, car cultivés sans produits chimiques". Il sont 84% à estimer que ces produits
"contribuent à préserver l'environnement" et 82% à penser qu'ils sont "meilleurs pour la santé".
Les consommateurs sont attachés à leur provenance, avec 80% privilégiant la production locale.
Côté prix, ils sont 43% à juger "normal" de payer plus cher qu'un produit non bio et se déclarent en moyenne prêts à débourser "13% de plus". Les consommateurs mettent ainsi l'accent sur les fruits et légumes, pour lesquels 64% affirment être disposés à débourser plus, sur la volaille (62%), le boeuf (60%), le porc, la charcuterie, l'agneau (54%) et les fromages (49%).
Pourtant, le prix demeure un facteur important : 92% estiment que "des prix moins élevés" pourraient accroître les achats de ces produits.
Les achats sont essentiellement effectués en grandes et moyennes surfaces (75%), sur les marchés (37%), en magasins spécialisés (30%), à la ferme (23%) et auprès d'artisans-commerçants (22%).
Le marché des produits alimentaires bio était évalué à 1,6 milliard d'euros en 2005, en croissance moyenne annuelle de 10% (contre 3,6% pour l'ensemble du marché alimentaire), selon l'Agence Bio.
Les produits frais demeurent en tête des ventes du bio (oeufs, produits
laitiers, fruits et légumes) suivis des pains et farines, des vins, des viandes et volailles et de l'épicerie.
mml/bow/bma
AFP 311609 JAN 07
Lutin très Malin Koala
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Posté le:
Mer Jan 31, 2007 10:19 pm
Salut les amis, je n'étais pas encore venu sur ce topic heureusement qu'il a été remonté
Quelques réflexions : c'est vrai que c'est un prix important la certification. Pour notre exploitation ça représente 750 euros par an. Un certain nombre de paysans ne sont donc pas certifié tout en pratiquant, surtout s'ils n'ont pas de plus-value financière qui leur permet d'au moins rembourser la certification.
Pour le réseau agriculture durable : ce n'est pas un label, c'est une démarche, à laquelle d'ailleurs participe l'agriculture bio. Ca peut vous paraitre abérrant mais une ferme peut être bio sans pour autant être durable. Et oui, le critère environnemental n'est pas le seul ! Il faut que ça suive financièrement, que les sols aient la capacité de production...
D'un autre côté comme le dit l'article la consommation augmente, et certains se tournent plus vers la vente directe, ce qui est très bien pour les paysans.
Dans l'Ain pas mal de marchés bio se sont développés, et les AMAP également. Il faut voir ce qui va bien
_________________ "Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait !"
zouzou Animateur
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Messages: 784
Localisation: iDf
Posté le:
Dim Fév 04, 2007 10:39 pm
Citation:
Pour notre exploitation ça représente 750 euros par an
J'ai toujours entendu dire que le label AB était relativement cher, mais je n'avais aucune idée de la fourchette.
Ce prix est valable "par produit" (genre si tu fais des patates et des courgettes, c'est 750X2) ou c'est une certification qui vaut pour toute l'exploitation ? Et si c'est pour 1 exploitation, j'imagine que le prix de certification varie en fonction du nombre d'hectares ?
Sur le fait que les très petites exploitations travaillent sans label malgré leur travail "propre", c'est vrai...
Mais en tant que citadine, faut avouer que c'est difficile de s'en passer : les commerçants où l'on n'est pas client régulier sont souvent prompts à assurer n'importe quoi, je me suis déjà fait "avoir" par du non-bio affirmé comme tel une fois ou deux, ça m'a rendue méfiante....
Et même quand on connaît un peu l'agriculteur ou l'exploitation, , c'est quand même difficile de lui demander toutes les assurances possibles (est-ce que VRAIMENT il n'a pas utilisé un peu de pesticides par-ci par-là, etc...).
Globalement le label AB est une garantie de sérieux.
Citation:
Ca peut vous paraitre abérrant mais une ferme peut être bio sans pour autant être durable.
Ta remarque est très juste : tu as des choses en tête ?
Spontanément, je pense aux légumes cultivés en serres chauffées (au poële à mazout!) : ça doit pouvoir être bio, mais c'est clair que ça ne peut pas être durable....
Tout à fait, c'est là toute la limite du label à mon avis et c'est dommage de voir qu'ils ont l'intention de vouloir le fragiliser davantage
Je crois que le label "Nature et Progrès" est plus pointilleux en terme de durable ...
Pour vous donner une idée, aux USA, il y a trois façons "d'étiquetter" les produits bio :
- Le produits où il n'y a que quelques éléments Bio, on le retrouve donc noté seulement dans la liste des ingrédients ...
- Le produit BIO à plus de 75% où l'on a le droit d'appeler le produit "Organic" ( équivalent Bio ici ). En dessous de ces 75%, on a pas le droit !
- Le produit certifié "USDA Organic", c'est à dire certifié par le ministère de l'agriculture américain qui lui contient au moins 95% de produits Bio.
Mais là non plus, pas d'exigences globales en terme d'environnement.
Je lisais donc l'autre jour sur un magazine que des marques achetaient des matières "Organic" venant d'Angleterre pour fabriquer leurs produits finis "Organic" et les vendre aux USA ...
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Messages: 167
Localisation: Pays Bressan dans l'Ain
Posté le:
Lun Fév 05, 2007 10:13 pm
Sur le coût de la certification : ça dépend du nombre de produits que tu certifies, donc du travail qe tu demandes au controleur
Pour les 750 euros, ça couvre les surfaces (90ha), les cultures (céréales, maïs), les animaux (vaches, porcs, volailles), les produits transformés (viandes, charcuteries).
Du bio pas durable, il n'y a pas que le côté environnement et dépendance énergétique, tu peux aussi avoir des fermes qui ne sont pas durables économiquement... par exemple...
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