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La lutte insecticide menée contre le vecteur du chikungunya, Aedes albopictus, est dirigée à la fois contre les larves et les moustiques adultes. Le larvicide d'abord utilisé a été le Téméphos, un organophosphoré employé de longue date contre les Aedes vecteurs de la dengue dans le monde, mais qui doit être bientôt retiré du marché européen. Il a été remplacé, début février, par un produit biologique, le BTI (Bacillus thuringiensis israelensis).
Contre les moustiques adultes, c'est le Fénitrothion, autre organophosphoré couramment utilisé contre les Aedes, qui a été choisi au départ. Mais des voix se sont élevées rapidement pour en dénoncer les dangers. A Saint-Pierre, des policiers ont été légèrement intoxiqués par le produit. Dans quelques écoles, des enfants se sont plaints d'irritations et de maux de tête. Arguant que le remède pouvait se révéler "pire que le mal", le maire de Saint-Paul, Alain Bénard, décidait, le 7 février, de suspendre la démoustication, imité par la présidente du département, Nassimah Dindar. Devant la polémique naissante et sur le conseil des experts arrivés dans l'île, le préfet Laurent Cayrel a adopté un nouveau dispositif.
Depuis le 13 février, afin d'éviter les erreurs de manipulation ou de dosage de la part d'agents formés à la va-vite, ce sont uniquement les militaires qui effectuent la lutte adulticide, au moyen d'un nouveau produit : le Deltaméthrine. Bien que chimique lui aussi - "il n'existe pas de produit biologique pour le traitement adulticide", assure un spécialiste -, ce pyréthrinoïde présente l'avantage de produire "le même effet que le Fénitrothion, avec une quantité cent fois moindre".
Le protocole de démoustication prévoit un périmètre de sécurité autour des captages, des ravines, des ruchers. L'habitat d'un gecko endémique a été protégé, mais plusieurs associations ont signalé l'impact sur la mortalité des animaux à sang froid (lézards, tortues radiata...), de certains oiseaux et des autres insectes. Un comité scientifique de suivi environnemental a été mis en place. Le ministre de l'outre-mer, François Baroin, a par ailleurs demandé de "lever le système de pénalité pour les familles qui refusent la démoustication".
Apparemment, ça a réagi assez vite lorsqu'il y a eu des abus ... et un comité scientifique a été mis en place ... en espérant qu'il soit libre de tirer la sonnette d'alarme si ça dégénère ...
mais qui doit être bientôt retiré du marché européen. Il a été remplacé, début février, par un produit biologique, le BTI (Bacillus thuringiensis israelensis).
ha chimie quand tu nous tiens
Là franchement ils ont été en dessous de tout, sur toute la ligne. Quand un produit doit être retiré du marché, c'est qu'il est dangereux, pour la santé humaine ET pour l'environnement. Parfois j'ai l'impression que nos décideurs vivent dans un monde parallèle
_________________ Il y a pire que le bruit des bottes : le silence des pantoufles !
Le téméphos devait être moins cher que le BTI ... et tant pis pour l'environnement et la santé des gens sur place ... pacont
Des infos supplémentaires :
Sur le BTI
Citation:
-Quels sont les effets sur la santé du Bti?
Le Bti est un produit qui est considéré très peu toxique. Il peut occasionner une faible irritation des yeux et de la peau chez les personnes qui manipulent directement le produit. Aucun effet n'a été noté chez les humains à la suite de l'ingestion de plantes ou d'eau contenant du Bti. D'après l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le Bti pourrait être utilisé dans l'eau de consommation sans que cela puisse représenter des risques significatifs pour la santé.
-Le Bti est-il persistant dans l'environnement?
L'effet toxique des cristaux qui tuent les larves de maringouins disparaît en quelques jours. C'est pourquoi, des traitements doivent être faits régulièrement au cours de la saison.
-Le Bti est-il dangereux pour l'environnement?
Différentes sous-espèces de Bti sont utilisées depuis de nombreuses années au Canada et aux États-Unis sans causer de problèmes significatifs. Au Québec, le Bti est déjà utilisé depuis de nombreuses années dans plus d'une vingtaine de villes pour combattre les maringouins et les mouches noires qui constituent une nuisance pour la population. L'Agence de réglementation pour la lutte antiparasitaire (ARLA) et l'Agence américaine de protection de l'environnement (US EPA) considèrent que le Bti ne présente pas de risque pour les organismes non visés. Par ailleurs, en condition de traitement, on ne rapporte aucun effet du Bti sur l'environnement et ce, tant en Amérique du Nord qu'en Europe.
On sen doute, les produits utilisés en démoustication pas la Drass nont pas que des conséquences sur lhumain. Exemple probant, le Téméphos est décrit par le ministère de lAgriculture comme dangereux pour les abeilles et autres insectes pollinisateurs. Disparition des insectes et de leurs prédateurs, déversement massif de produits toxiques dans les rivières et locéan et contamination de toute la chaîne alimentaire marine... les effets à long terme dans lécosystème réunionnais ne sont pas connus. Tous les toxiques sont dangereux pour lenvironnement, rappelle André Yebakima, entomologiste. Mais si les dosages sont respectés, il ny a pas de risque. Cest pour ça quil faut bien les connaître et les manipuler. Lennui cest que la formation suivie par les agents LAV est réalisée sur une demi-journée alors quil faut 15 jours pour obtenir un certificat dapplicateur de produits antiparasitaires. En outre, le processus de ré-homologation des substances actives, dans le cadre de la directive européenne 98/8/CE Biocides, suppose les interdictions, certaine à courte échéance, du Fénitrothion et programmée, à moyen terme, du Téméphos. Aucun industriel nayant souhaité déposer un dossier en vue de linscription du Téméphos à la liste des substances actives biocides autorisées au niveau communautaire, elle devra être théoriquement retirée du marché français au 1er septembre 2006. Disparition du Téméphos et dangerosité en question du Fénitrothion... Quels sont alors les recours possibles ? La solution se trouve peut-être en 3 lettres : BTI. La toxine de la bactérie Bacillus thuringiensis israelensis (BTI), un bio-insecticide considéré comme ayant peu dimpact sur les autres espèces de la faune aquatique et jugé comme très efficace (lire ci-dessous). La Drass vient enfin de songer à lutiliser. Des commandes viennent dêtre passées. Pourquoi na-t-on pas pensé avant à son usage ? Ça dépend du rapport coût / efficacité / résistance, rapporte André Yebakima. Il semblerait également que le moustique commence à shabituer aux molécules du Fénitrothion et Téméphos et y développe une résistance.
L'article complet ICI
Et des infos plus techniques : ICI
Malgré cette situation plutôt encourageante, le tourisme est sinistré et paie très cher les nombreuses visites ministérielles spectaculaires et la forte la couverture médiatique nationale avec des images choc.
Certes la crise a été grave, mais il faudrait maintenant diffuser l'information de la sensible très décrue du nombre de nouveaux cas.
Je discutais dimanche avec un ami qui a une pension de famille: il a dû renconvertir son activité de location touristique vers une location meublée à l'année pour la population locale. Il ne reçoit presque plus aucune demande de location touristque malgré une situation exceptionnelle en bord de mer à St Pierre.
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