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Mar Déc 18, 2007 1:36 pm
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Non-assistance à humanité en danger
lundi 17 décembre 2007, 15:20:36 | jferre@noos.fr (José Ferré)
Je reproduis ici une tribune (ce matin, sur France Culture) de Corinne Lepage, sur la réunion du GIEC à Bali. Elle y dit exactement, mieux que je ne l'aurais fait, ce que je pense du résultat décevant de cette rencontre.
Les peuples de la Terre peuvent aujourd'hui accuser les gouvernants participants à la conférence de Bali , en fait, plus précisément ceux qui ont délibérément torpillé tout accord permettant de prendre date, sur des bases chiffrées, en vue d'un accord à Copenhague en 2009 prenant la suite de l'accord de Kyoto.
Ce qui vient de se passer apparaîtra très certainement, dans les années qui viennent, comme une preuve supplémentaire de l'égoïsme et de la cécité de ceux qui ont décidé de l'avenir du monde en fonction de leurs intérêts propres et immédiats.
En effet, les dernières conclusions du GIEC, qui, pour la première fois, parlent d'irréversibilité, les constatations d'ordre scientifique sur l'évolution du Groenland ou de l'Arctique, l'accumulation des preuves du changement climatique et du risque qu'il fait courir à l'humanité, permettant aujourd'hui de parler, en ce qui concerne cette question d'application du principe de prévention et même plus, du principe de précaution, les messages de détresse lancés par les populations de Papouasie et d'autres iles qui constituent les premiers réfugiés climatiques et qui ne peuvent déjà plus se nourrir normalement, n'auraient pas dû laisser le moindre choix aux responsables réunis à Bali.
Or, malgré les efforts du secrétaire général de l'ONU, malgré la position unitaire et ferme de l'Europe, cette réunion a accouché d'une demie souris.
La seule avancée réelle concerne l'avancée du projet Reed, dont l'objectif est de financer les pays du Sud pour qu'ils conservent leurs forêts ou reboisent. Il faut rappeler que la déforestation représente 27 % du total des émissions de CO2, soit plus que le transport et que la valeur de la forêt n'est pas seulement d'ordre écologique, entame de séquestration de carbone mais également le lieu majeur de la biodiversité est un lieu de vie essentielle. La banque mondiale a consacré 208 millions d'euros à des projets pilote de surveillance, ce qui est loin des 5 milliards de dollars auquel Nicolas Stern évaluait les moyens nécessaires à mettre en place.
Une seconde avancée , plus modeste, consiste en la mise en place d'un fonds d'adaptation, sous la tutelle du fonds mondial pour l'environnement, destiné à financer des transferts de technologie. Pour le reste, l'obstruction américaine a plombé tout accord ce qui conduit à s'interroger sur le point de savoir qui gouverne vraiment le monde et quelles solutions on pourrait proposer pour mettre un terme au crime de non-assistance à humanité en danger.
Le blocage de George Bush sur le sujet du climat, contraire à la position de la Cour Suprême, mais qui trouve bien évidemment sa source dans la volonté de certaines sociétés pétrolières, est un point central. Rappelons qu'Exxon a financé depuis des années le lobby de “la machine à nier ", instrumentalisant des centaines de centres de recherche et d'association plus ou moins bidons, dont l'objectif était identique : faire du changement climatique une hypothèse et non un fait.
La proposition d'Al Gore de conclure un accord en laissant de côté les États-Unis avec comme objectif probable de stigmatiser cette attitude inadmissible mais ne permettait pas de faire réellement avancer la position internationale. En effet, les États-Unis ne sont pas seuls, malheureusement. Le Canada et l'Australie soutiennent une position très proche, pour des raisons d'intérêt économique immédiat cependant que les pays pétroliers et leurs alliés traditionnels ont toujours pris la position la plus favorable à l'or noir.
Or, si l'on se place au niveau des résultats concrets, un accord a certes été trouvé, mais sur la base de la position la plus faible c'est-à-dire celle qui ne contient aucun engagement précis. Lorsqu'on en est en effet à refuser de faire figurer les conclusions du GIEC autrement qu'en note de bas de page, pour être certain qu'aucun engagement concernant une réduction de 30 % des émissions de gaz à effet de serre en 2020 pour les pays industrialisés et de 50 % pour le monde entier en 2050 ne soient pris, il est clair que l'on est en présence d'un déni de réalité, voire d'un cynisme poussé à l'extrême, qui conduit à accepter de mettre en péril ses propres enfants pour être certain de pouvoir soi-même accroître encore son propre confort.
Ce comportement est la négation même du politique dont la fonction, si elle existe, consiste précisément à organiser la vie de la cité pour lui permettre la pérennité. Cela signifie que la politique, au niveau international n'a strictement plus aucun sens, en ce qui concerne au moins un des périls majeurs qui menacent l'humanité. Cela signifie que les représentants des terriens, élus ou autoproclamés pour certains, font des choix qui s'inscrivent délibérément à l'encontre des intérêts premiers des populations qu'ils sont censés représenter.
Cela signifie, par conséquent, que la représentation actuelle de la société internationale ne peut plus prétendre représenter les intérêts des femmes et des hommes présents et à venir, mais s'est soumise à d'autres maîtres du monde dont on se pose parfois la question de savoir s'ils ont encore conscience d'être des humains.
Dès lors, c'est bien la question de la gouvernance mondiale, lorsqu'il s'agit de questions planétaires qui intéressent tous les humains comme la question climatique, qui est en cause.
La faiblesse du conseil de sécurité de l'ONU est difficilement supportable lorsqu'il s'agit de guerre et de massacres impliquant des milliers, voire des centaines de milliers de personnes. Mais, elle ne l'est plus du tout lorsqu'il s'agit de la survie de l'humanité dans son ensemble.
Cela signifie donc que c'est à la société civile de prendre son destin en main puisque ses responsables politiques ne sont pas capables de le faire pour elle... Ce sont aux milliers d'associations de défense de l'environnement, de développement, de consommateurs, voire aux syndicats professionnels et au monde économique et financier dans la partie qui est demanderesse à une véritable révolution pour permettre la réorientation de l'économie, de s'organiser pour imposer le changement qui nous est refusé. Nous avons l'ardente obligation de refuser l'attitude suicidaire que quelques dirigeants ont décidé d'adopter.
A la non-assistance à humanité en danger, nous devons répondre par la mobilisation de toutes les consciences et les volontés humaines
Bin wé rien ne sert de brailler, c'est à nous d'agir !
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Mar Déc 18, 2007 1:38 pm
Mais bon quant au privé.. faire mieux.. un exemple d'un bloggeur !!!
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Le temps de la politique
lundi 17 décembre 2007, 10:00:22 | jferre@noos.fr (José Ferré)
Si je suis un peu absent de ce blog ces derniers temps, c'est que le discours ou la critique déconnectés de l'action ne me suffisent pas et que j'essaie de “faire passer dans le réel“ une partie des idées développées ici depuis plus de deux ans, sans d'ailleurs -il n'est pas inutile de le préciser- chercher ni poste, ni fonction, ni rémunération, ni avantage.
J'ai ainsi consacré une bonne partie de ces derniers jours à m'informer, ramer dans une mer d'acronymes (HQE, THPE, BBC...), réfléchir, échanger, discuter, écrire, récrire, évaluer, compter, budgéter : il s'agissait d'élaborer et de mettre en forme un projet ambitieux, cohérent, structurant, de développement durable pour le territoire où je vis.
Objectif : créer plusieurs centaines d'emplois, d'habitations, des structures de formation, d'information, etc, en intégrant des logiques environnementale, démographique, économique, sociale, pédagogique et culturelle.
Ce projet, qu'il est trop tôt pour détailler ici, se veut expérimental, exemplaire, pilote, relativement simple de conception, etc, etc, et je crois sincèrement qu'au total, il l'est.
Les élus locaux auxquels je l'ai présenté ces derniers jours l'ont “acheté“ sans hésiter, l'ont déjà amendé et sont volontaires pour le porter. Tout va donc pour le mieux.
C'est maintenant que les emmerdes commencent.
Il s'agit de faire adhérer et de vendre le projet à l'Europe, à l'Etat, à la Région, au Département, aux communautés de commune, aux structures de Pays, au Parc Naturel Régional, à l'ADEME, à la Maison de l'Emploi, aux entreprises susceptibles d'y participer et, bien sûr, last but not least, à la population locale, afin que chacun apporte ses remarques, son aval ou son concours en ingéniérie, en industrie ou en financement.
Il faudra pour cela préalablement constituer un dossier technique de plusieurs centaines de pages, qui nécessitera l'intervention d'un ou plusieurs cabinets d'études, spécialisés en techniques de l'environnement, en économies d'énergie, en techniques du bâtiment, en urbanisme, en architecture, etc.
Après cela, il faudra prendre son bâton de pèlerin, séduire, faire adhérer la population, convaincre les responsables politiques de tous niveaux, les administratifs, les entrepreneurs, déjouer l'indifférence, la passivité, l'opposition franche ou les chausse-trappes des uns ou des autres, faire du lobbying, attendre un rendez-vous pendant deux mois, en revenir déçu, remotiver les uns, calmer les autres, repartir au combat. Encore et encore. Il faudra nécessairement faire évoluer le projet, l'enrichir, l'amender sans cesse, en restant ferme sur ses principes et souple dans ses modalités. Batailler, batailler encore...
Concevoir le projet a nécessité au total deux ou trois jours de travail. Réunir les volontés et les concours nécessaires au commencement de sa mise en œuvre devrait prendre la bagatelle de trois ans. Sa réalisation concrète, une à deux années de plus.
Venant du privé, le rythme, le temps du politique et de l'administration m'affolent. Mais c'est comme ça. Le réchauffement climatique a de belles heures devant lui :)
C'est de quoi ne plus savoir par ou commencer non ???
Et dans le Bâtiment, on a ce sentiment...
Giroutette, alouette, je te plumerai !
Cacahuète !
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