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Les nombreux effets dus au réchauffement climatiques vont commencer à se faire sentir pour les agriculteurs peut être plus vite que prévu ... plus de précipitations, augmentation des températures, sécheresse, manque d'eau ...
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Alors que la recherche agronomique sur le réchauffement de la planète était auparavant axée sur la fin du XXIe siècle, les récents épisodes climatiques (canicules et sécheresses, automne et hiver doux) imposent une adaptation de l'agriculture dans les plus brefs délais. Tel est l'avis de l'Institut national pour la recherche agronomique (INRA), qui a organisé, mardi 6 mars, au Salon international de l'agriculture, un colloque intitulé "Changements climatiques et agriculture, questions à la recherche". L'occasion de faire connaître les travaux de ses chercheurs sur l'impact, pour les cultures, de l'élévation des températures, de l'augmentation de leur variabilité et du doublement des concentrations de CO2 dans l'atmosphère.
Pour l'INRA, il faut dès à présent déterminer quelles cultures seront commercialisées à l'avenir et, pour les végétaux à durée de vie longue, comme la vigne ou les arbres, lesquelles seront toujours pérennes dans quarante ans.
Des impacts négatifs mais aussi positifs sur les cultures sont déjà constatés ou envisagés. La forêt, par exemple, verrait sa "production" croître dans les prochaines décennies en raison de la plus grande quantité de CO2 disponible, avant de régresser à cause des sécheresses.
Le changement climatique aura des effets sur la valeur alimentaire de l'herbe - la teneur en protéines sera réduite -, ainsi que sur la production fourragère et sa répartition saisonnière.
Le décalage des cycles biologiques (de dix à quinze jours sur vingt ans) est déjà visible. Il se traduit par des semis de cultures et des floraisons d'arbres fruitiers plus précoces, ainsi que des moissons ou des vendanges avancées. Sur le vin, on constate une augmentation de la teneur en sucre, et donc du degré d'alcool.
Les adaptations à prévoir seront, selon l'INRA, de deux ordres. Certaines viendront de la nature. Des cultures voient déjà leur aire géographique s'élever en altitude, comme les légumineuses fourragères, ou s'étendre vers le nord, comme la vigne ou le maïs, grain qu'on cultive désormais en Lorraine.
Les autres adaptations viendront de l'homme. Selon l'INRA, les agriculteurs reverront leur calendrier de culture, et, grand changement, l'adapteront chaque année aux besoins des plantes. IIs pourront, par exemple, favoriser les prairies à biodiversité plus élevée, ce qui constituera une assurance contre la variabilité du climat. Ils pourront aussi utiliser des cultures résistant à la sécheresse et économes en eau, en substituant par exemple au ray-grass anglais des graminées comme la fétuque élevée ou le dactyle, et au maïs fourrager le sorgho.
"L'adaptation au manque d'eau sera difficile. Il faudra se résoudre à l'abandon de certaines cultures", prévoit Nadine Bresson, de l'INRA Avignon, pour laquelle il faut aussi s'intéresser au développement des organismes pathogènes et aux modifications sur le goût qu'engendrera le réchauffement.
L'élévation des températures induit un temps plus court entre semis et récoltes, ainsi que des rendements réduits. L'un des défis majeurs pour la recherche agronomique est de proposer des génotypes qui s'adapteront à ces nouvelles données, en allant par exemple chercher du côté des plantes anciennes ou tropicales. Dans la plupart des espèces, explique François Tardieu, de l'INRA Montpellier, il existe des ressources génétiques permettant de rallonger le cycle cultural. Pour le chercheur, le travail sur la résistance à la sécheresse est plus complexe. "On n'obtiendra jamais de plantes capables de produire des rendements élevés en conditions semi-désertiques", prévient-il. Même avec des OGM.
Pour la présidente de l'INRA, Marion Guillou, le défi pour la recherche publique est de taille : "Nous devons proposer de nouveaux modèles de production, pour une agriculture écologique et intensive", conclut-elle, rappelant que les besoins alimentaires et énergétiques sont tous deux croissants.
Laetitia Clavreul
IL y ade gros budgets derrière alors ils se mobilisent vite pour ne pas perdre leurs marchandises ... mais que font-ils pour lutter contre au fait ?
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