grenouille a écrit:Il y a deux mois, j'ai discuté avec deux maires de communes forestières au Gabon. Les concessions payées par les exploitants de bois vont à 50% à l'Etat et à 50% à la communauté villageoise.
Ils me disaient que sans ces revenus, ils seraient totalement démunis car ils doivent se substituer à l'Etat pour toutes les dépenses de sa compétence : école, santé...
Au Gabon, les communes sont très étendues, elles regroupent plusieurs centaines de hameaux. Ainsi, sur une commune (30000habitants), les revenus du bois permettent :
- la scolarisation de tous les enfants (écoles + instituteurs)
- le financement d'un hôpital de brousse
- l'embauche de 20 agents communaux pour les différents services (voirie, eau...)
Sachant que chaque emploi salarié fait vivre une dizaine de personnes, on comprend vite que le bois y est une ressource fondamentale
La commune d'à côté, elle "bénéficie" d'un parc national donc pas de concession forestière donc aucun revenu ou du moins pas légalement. En effet, évidemment, des coupes illégales sont pratiquées et les produits vont dans la poche des exploitants et de quelques autorités corrompues.
Donc
1) arrêtons de donner des leçons et d'imposer notre point de vue à des populations qui se débrouillent comme elles peuvent dans des conditions difficiles
2) Aidons les à sortir un maximum de valeur ajoutée de leurs produits
3) Luttons pour que la corruption et la gabegie dans ces pays régressent car c'est le principal facteur de misère dans les quelques pays africains riches de ressources forestières ou minières
Heu... juste un point : 10 % du bois est utiliser en local, le reste est de l'export.
Le bois n'est pas payé le prix réel, et donc "notre point de vue" est important...
Greenpeace est proche d'une association locale pour changer le social dans le pays...
Enfin, le laisser faire, laisser dire, ce n'est pas la solution dans tous les cas...